Oeuvrant dans les milieux communautaires, institutionnels et syndicaux, Monique Perron, Marie-Michelle Dorval, Marie-Noël Lévesque, Germaine Gauthier, Marie-Claude Côté, Mario Ouellet, Marie-Lyse Landry et Nathalie Lapointe forment le Colllectif du 8 mars.

Les luttes féministes, toujours d’actualité

CHRONIQUE / Depuis 1990, le Collectif du 8 mars de la MRC Lac-Saint-Jean Est revendique de meilleures conditions pour les femmes. Trente ans plus tard, plusieurs avancées se sont réalisées, dont l’instauration des pensions alimentaires, la loi sur l’équité salariale, le droit à l’avortement, le congé de maternité et la mise en place de garderies à 5 $. Mais la guerre est loin d’être gagnée, plaident les membres de ce collectif.

« La lutte n’est pas terminée. Les choses ont heureusement évolué. Mais il y a des injustices qui persistent à avoir la couenne dure », commente d’emblée Nathalie Lapointe, membre du collectif et directrice générale du Centre Femmes Au Quatre-Temps.

Cette dernière fait notamment référence à l’écart salarial entre les hommes et les femmes. Les travailleurs gagnent en moyenne plus que les travailleuses. Les métiers typiquement masculins sont généralement mieux rémunérés que les métiers féminins.

« On pensait que les jeunes filles allaient changer de carrière et se diriger vers des métiers qui vont leur garantir une plus grande autonomie. Mais on remarque qu’elles vont encore en masse dans le secteur des services, par exemple, qui est moins bien rémunéré que des secteurs typiquement masculins. Pour faire changer ça, ça prend des modèles. »

Le centre permet aux femmes de développer de nouvelles aptitudes créatives.

« On entend aussi un retour au mariage, aux femmes qui veulent rester à la maison s’occuper des enfants. Parfois, on a l’impression qu’on recule », ajoute Mme Lapointe, militant ainsi pour l’autonomie des femmes.

Les recherches ont aussi prouvé que la charge mentale des femmes est souvent plus lourde que celle des hommes. Elles travaillent autant d’heures que les hommes, mais prennent en charge plus de tâches à la maison et auprès des enfants. Et ce n’est pas nécessairement l’homme qui le demande.

« Cette fameuse double tâche. C’est ancré. On le voit d’ailleurs avec les proches aidantes qui sont souvent des femmes. Le côté maternel est fort et il faut travailler le lâcher-prise. Il faut aussi laisser la place à l’autre pour que les choses changent vraiment », constate Marie-Michelle Dorval, membre du collectif et intervenante sociale au Centre de Femmes Au Quatre-Temps.

Le Collectif estime toutefois que la table est bien mise pour continuer d’améliorer la situation des femmes.

« Il faut continuer le travail, mais en rassemblant encore plus de monde autour de la table. C’est une des raisons pour laquelle le Collectif a ouvert la porte aux hommes, car certains ont aussi rallié la cause en étant proféministes. Ils ont quand même été conçus par une femme et eux aussi ont réalisé les manques de considération faits à l’égard des femmes au fil des ans », pointe Mme Lapointe.

Pas besoin de vivre une problématique pour utiliser les services du centre Au Quatre Temps. Les femmes peuvent venir simplement socialiser et suivre différents cours et ateliers.

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UN LIEU POUR FAVORISER LA SOLIDARITÉ

Dans la petite cuisine du Centre de femmes Au Quatre-Temps d’Alma, les éclats de rire se font entendre. Une dizaine de dames bricolent et s’amusent ensemble.

Depuis 37 ans, le centre, qui est également membre du Collectif du 8 mars, accueille des milliers de femmes vivant des périodes difficiles. Mais l’endroit sert également de lieux de socialisation et fait la promotion de la solidarité féminine.

«J’ai utilisé les services du centre il y a 30 ans, quand j’élevais ma famille. Je participais à des ateliers de croissance personnelle. Trente ans plus tard, j’ai redécouvert le centre. C’est un endroit où on peut s’épanouir, c’est coloré et créatif. Ce n’est pas que de la souffrance», image Lucille Marois, entre deux coups de pinceau sur son oeuvre d’art.

Monique s’amuse aussi au centre avec ses amies. Mais ce qui l’a amenée à cette maison, c’est le décès de son conjoint.

«Quand j’ai perdu mon mari, j’ai eu besoin d’accompagnement pour le deuil. Il y a beaucoup d’ateliers ici qui nous aident vraiment. Maintenant, c’est devenu ma deuxième maison. On s’amuse ensemble et on rencontre de nouvelles personnes», témoigne la dame.

En effet, pas besoin de vivre une problématique pour venir au Centre, ouvert aux femmes de 14 ans et plus. Le centre, qui n’est pas un lieu d’hébergement, affiche près de 4500 visites par années. En plus des ateliers, des déjeuners-causeries et des sorties de groupe, le centre propose un service d’accompagnement pour les femmes aux prises avec certains problèmes. Les intervenantes, disponibles en tout temps, rencontrent les gens sans rendez-vous.

Pour bien accueillir ces femmes, la direction du centre prévoit agrandir le bâtiment de la rue Collard.

«On rencontre parfois des hommes qui disent à quel point ils aimeraient avoir un tel lieu. Je suis d’accord avec eux, c’est un lieu qui permet d’aborder plusieurs sujets. Notamment l’estime de soi, la santé, les droits. Mais il ne faudrait pas qu’ils attendent après nous pour leur construire un tel centre», lance, non sans humour, Nathalie Lapointe, directrice du centre.

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DEBBY LYNCH WHITE EN VEDETTE

Debby Lynch White sera la vedette du souper-conférence-spectacle, organisé par le Collectif du 8 mars d’Alma, qui se tiendra le 6 mars prochain à l’Hôtel Universel d’Alma. La comédienne, qui a joué notamment dans le film La Bolduc, abordera plusieurs thèmes, dont la différence identitaire, l’acceptation de soi ainsi que l’évolution de son parcours professionnel dans un univers artistique. Elle proposera également aux convives un spectacle musical dédié aux chansons écrites par des femmes.

Le Collectif convie toute la population, masculine et féminine, à l’événement qui soulignera la Journée des droits des femmes. Les billets sont au coût de 30 $ et un prix spécial de 15 $ est prévu pour les femmes à faibles revenus et les étudiantes. Les gens peuvent se procurer des billets au Centre de Femmes Au Quatre-Temps d’Alma.