Nathalie Tremblay et Dany Lalancette, accompagnés d’Aiden

Les Lalancette-Tremblay, une famille d'exception

Entrer dans la résidence des Lalancette-Tremblay, c’est avoir la chance de rencontrer une famille unique à bien des égards. Même si le quotidien n’a rien de reposant pour le clan familial de quatre enfants, dont trois qui ont été adoptés, c’est l’amour inconditionnel qui y règne.

En couple depuis presque 20 ans, Nathalie Tremblay et Dany Lalancette sont les fiers parents de quatre enfants vivant tous avec leurs propres limites.

Atteint de la fibrose kystique, Dany Lalancette ne pouvait avoir d’enfant. C’est avec sa conjointe qu’il a bâti le projet d’adopter des jeunes vivant avec un handicap. Au fil des années, Jonathan, Sylvain, Aiden et Michael ont fait leur entrée dans la chaleureuse résidence almatoise.

L’aîné de la fratrie, Jonathan, est âgé de 28 ans. Il est né d’une union précédente de Nathalie. L’homme, qui compose avec un trouble du spectre de l’autisme, travaille chez Nutrinor, grâce à CTA (Chaîne de travail adapté) d’Alma. « C’est extraordinaire l’intégration de mon jeune homme. C’est extraordinaire tout ce que Nutrinor et CTA peuvent faire pour Jonathan, qui rayonne. En plus de travailler, il s’implique bénévolement. Cela le pousse à aller plus loin », raconte sa mère, avec fierté.

Le grand voyageur économise en vue de réaliser un autre périple qui le conduira en France et en Belgique. Absent lors de la visite du Progrès, celui qui est reconnu pour ses nombreuses implications bénévoles tenait à raconter de quelle façon il occupe ses journées. Sans avertir, il a téléphoné à ses parents dans le but d’ajouter sa vision des choses.

Tous les enfants Lalancette vivent encore à la maison sauf Sylvain. Également autiste, le jeune de 25 ans habite à la Résidence intermédiaire de Roberval. Même s’il réside dans une autre ville, la famille reste unie et le visite fréquemment. Sa mère explique que la présence parentale permet, entre autres, de l’accompagner dans la gestion de ses finances, en plus de l’aider avec tous les pépins de la vie.

Au quotidien, Nathalie et Dany prennent également soin d’Aiden, qui célébrera son 18e anniversaire en juin. Souffrant du syndrome d’alcoolisme foetal, le jeune garçon a été adopté à l’âge de trois ans. À son arrivée, il ne parlait pas, ne marchait pas et se nourrissait seulement de purée. Il en a fait du chemin depuis.

Toutefois, les derniers mois ont été difficiles pour le jeune homme alors que sa condition s’est grandement dégradée. Sa mère confie qu’à ce stade, ce sont des soins de confort qui lui sont prodigués. Ainsi, la famille savoure les moments privilégiés en sa compagnie. « Présentement, il va bien. On profite du beau temps avec lui. C’est un enfant qui est gentil et affectueux. C’est notre petit clown », confie, avec émotion, Nathalie Tremblay.

« Ils ont une grande force intérieure », affirme leur père, Dany Lalancette.

« Ils nous donnent des leçons de vie. Bien des gens auraient intérêt à les côtoyer davantage », ajoute Mme Tremblay.

Le couple prend également soin de Michael. Maintenant âgé de 16 ans, il a été le premier des trois enfants à être accueilli par la famille. Adopté alors qu’il avait moins de deux mois, le jeune homme présentait quelques particularités, notamment au visage et aux pieds. Il aura fallu patienter quelques mois avant que les parents apprennent que le poupon souffrait de gigantisme cérébral.

Le père de famille, Dany, se consacre entièrement à la vie familiale. Sa conjointe, qui est célébrante pour les derniers adieux, navigue entre les rendez-vous médicaux et son emploi à temps partiel.

Opération

La petite famille se prépare à vivre une grande aventure, alors que Michael sera opéré à Québec afin de corriger une vilaine scoliose. L’adolescent, qui ne peut s’exprimer par la parole, sera, à tout moment, accompagné par un de ses parents. Une première opération visant le retrait de vertèbres et l’installation d’un halo crânien, une période de trois semaines passées sous traction et une deuxième opération visant l’installation de tiges de métal au dos attendent l’adolescent.

Le grand départ pour Québec est prévu le 19 janvier. La famille s’attend à un retour, dans le meilleur des scénarios, à la fin du mois de février.

Pendant ce temps, des amis de la famille leur prêteront main-forte en veillant sur les jeunes qui doivent rester à Alma.

Au final, Michael, qui a subi plus de huit fractures en l’espace de deux ans, devrait être en mesure de marcher de nouveau.

Même si les mois à venir s’annoncent chargés, le couple regarde vers l’avenir et caresse un autre rêve, celui d’adopter une fille porteuse de trisomie 21.

Pour Nathalie, 50 ans, et Dany, 56 ans, le fait d’adopter un bébé naissant ne les obligerait pas à recommencer à zéro. Il s’agit plutôt de la cerise sur le sundae de leur famille.

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UN AMOUR INCONDITIONNEL

Force est d’admettre que la différence est rarement légion dans notre société. Pourtant, c’est tout le contraire qui se produit chez les Lalancette-Tremblay. Dans cette accueillante maison d’Alma, la différence est la normalité. 

Dany Lalancette et Nathalie Tremblay ont fait le choix d’adopter des enfants vivant avec des handicaps. Les troubles du spectre de l’autisme côtoient le syndrome de l’alcoolisme foetal et le gigantisme cérébral. 

Questionnée quant à la réaction des gens quant à leur choix de vie, Nathalie Tremblay assure que, de manière générale, c’est l’incompréhension qui règne. 

« Les gens ne comprennent pas. Et pourtant, s’il y a bien des enfants faciles sur la planète, c’est eux », fait valoir Mme Tremblay. 

Les parents assurent avoir traversé la période la plus intense, soit en bas âge, alors que les rendez-vous médicaux se succédaient davantage.

« Ils ne demandent pas les dernières consoles de jeux ou les vêtements avec des marques à la mode. Ce qu’ils veulent, c’est que l’on soit avec eux, qu’on leur donne des moments de bonheur », explique-t-elle. Son conjoint, Dany Lalancette, résume cela à un besoin d’amour inconditionnel. 

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LA MUSIQUE COMME REMÈDE

Au quotidien, Nathalie Tremblay et Dany Lalancette consacrent tout leur temps et leurs énergies au bien-être de leurs quatre enfants. Heureusement, la musique leur permet de refaire le plein et d’atteindre une certaine forme d’équilibre. La musique est partout chez les Lalancette-Tremblay. Les instruments et les oeuvres d’art trônent fièrement dans le salon, alors qu’un mur de la cuisine est dédié à cette grande passion.

Dès qu’il en est possible, le couple trouve le temps de se ressourcer dans la musique. Duo dans la vie familiale, ils sont également un duo musical. « La musique, c’est une passion commune », laisse tomber Dany Lalancette. 

« Cela apporte beaucoup de bonheur dans nos vies. Les jeunes sont réceptifs, et Aiden a même sa propre chanson », ajoute celle qui s’est laissée tenter par la guitare au courant de la dernière année.

L’effet de la musique est si fort que lors d’examens médicaux, des doses réduites de médicaments suffisent à l’un des jeunes, qui est accompagné, en chansons, par ses parents. 

Mme Tremblay, qui a participé dernièrement à un album vendu à plus de 7000 copies, assure que d’autres projets musicaux sont dans les cartons. De belles rencontres devraient avoir lieu en février. 

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DONNER AU SUIVANT

Il y a quelques années, la famille de Michael s’est retrouvée dans l’obligation de faire l’acquisition d’un appareil à oxygène pour le jeune homme. Grâce à la généreuse contribution d’Ambulance Médilac, la famille a été en mesure d’obtenir ledit équipement, qui vaut près de 5000 $. 

« Michael avait l’air d’un chien au bout de sa laisse. Le concentrateur était branché dans la prise de courant, et il ne pouvait aller plus loin que le bout du fil. Michael marchait, à l’époque. C’était difficile pour lui. C’était un défi de garder un enfant de cet âge au bout du fil », explique sa mère, Nathalie Tremblay. 

Une fois l’acquisition faite, un excédent monétaire persistait. Puisque le besoin médical de son fils était comblé, Nathalie Tremblay a retourné tous les chèques aux généreux donateurs. C’est à ce moment qu’on lui a fait la suggestion de lancer une fondation avec les sommes excédentaires. 

Depuis sa création, la fondation Michael Lalancette a aidé plus de 70 familles, en offrant notamment des ordinateurs et un lit électrique, ainsi qu’en prêtant du matériel pour les soins à faible coût. 

Mme Tremblay se fait un grand plaisir de souligner le peu de frais d’administration reliés à la fondation, ainsi que le grand coeur des membres du conseil d’administration. 

La Fondation Michael Lalancette réalise plusieurs activités. Les bénévoles peuvent, entre autres, être rencontrés pendant le temps des Fêtes, aux Galeries Lac-Saint-Jean, alors qu’ils emballent des cadeaux en échange de dons. 

Depuis deux ans, la fondation est également associée au panier bonheur, une initiative qui permet de venir en aide à des gens dans le besoin pendant les Fêtes.