Hélène Girard est convaincue que Winnie lui a sauvé la vie.

Winnie lui sauve la vie

CHRONIQUE / Le 13 janvier 2017, rien ne va plus dans la vie d’Hélène Girard. Elle vient de prendre la douloureuse décision de faire euthanasier Gus, son compagnon canin des quatre dernières années.

En arrêt de travail depuis deux mois, dû à un épuisement, ce soir-là, en revenant chez elle, personne, ni même son petit chien, n’est là pour l’accueillir.

Étendue dans son lit, la femme, qui habite dans un charmant condo situé à Chicoutimi Nord, aligne tous ses pots de pilules sur sa table de chevet et tente de chasser les idées noires qui hantent son esprit. Elle a mal.

Prise de remords, elle repense à cette pénible scène, chez le vétérinaire, qu’elle a heureusement vécue accompagnée de son amie des trente dernières années, Manon Belzile.

« Ce n’est pas drôle de devoir faire euthanasier un petit chien en pleine santé », se souvient d’avoir dit Hélène à la vétérinaire qui s’apprêtait à soulager définitivement l’animal. « Votre chien n’est pas en santé. Il souffre », lui avait répondu la professionnelle de la santé animale.

En effet, le chihuahua de moins de trois livres souffrait mentalement. Plus d’une fois, Hélène s’était fait percer la peau par Gus qui avait des problèmes d’agressivité incontrôlables.

Winnie préfère de loin se réfugier dans ce petit sac de transport, plutôt que de marcher.

« Il avait déjà mordu si fort, qu’il en avait perdu une dent », se remémore la femme qui a fait preuve d’une grande patience pendant ces quatre années, investissant temps et argent à tenter de soulager son animal. Une journée avant sa décision, elle s’était réveillée en pleine nuit alors que son chien grognait au-dessus de son visage, prêt à l’attaquer. « Je ne peux pas attendre qu’il me blesse sérieusement », se dit-elle.

Visite déterminante

Après avoir lu son message, publié sur Facebook, annonçant le départ définitif de son chien, une amie d’Hélène lui répond via Messenger. « Nancy Marcotte m’invitait à aller faire un tour chez elle pour prendre un café et jaser », se remémore Hélène. La fille d’Hélène, Sarah-Lyne, lui propose donc d’aller la chercher pour aller visiter Nancy à Lac-Kénogami. La dame voulait entre autres lui présenter ses chiots de quelques semaines, croisés yorkshire et bichon maltais.

« Il me reste un chiot de disponible. Il sera prêt à la mi-février. Si tu le veux, il est à toi », annonce Nancy en lui présentant le mignon bébé. « Maman ! C’est moi qui te l’offre », renchérit Sarah-Lyne.

C’est ainsi que, depuis février 2017, Hélène et Winnie dorment tous les soirs, bien collés ensemble dans leur lit. Le condo a été aménagé pour le petit chien de trois livres qui a notamment besoin de coussins au sol pour monter sur les divans. « J’ai toujours hâte de revenir chez moi pour le coller », conclut affectueusement Hélène.

Chien exceptionnel

Aux yeux d’Hélène, Winnie est un petit chien parfait. Tout le contraire de son ancien chien qui souffrait d’un trouble mental, causant de graves problèmes d’agressivité. Après des rencontres avec des spécialistes en comportement canin, des visites chez le vétérinaire, de la médication, l’application de méthodes positives, bien de l’amour et de la patience, rien n’était venu à bout des comportements de Gus. À un tel point que la vie d’Hélène était brimée par une petite bête de quelques livres qui mordait quiconque entrait dans sa maison. Un stress qu’elle ne pouvait plus supporter et une souffrance qu’elle ne pouvait plus voir dans les yeux de son animal, d’où sa décision du 13 janvier 2017.

Vie sociale

Tous les mois, Winnie et Hélène se rendent au salon de toilettage, Beauté Canine et Féline, situé à Chicoutimi. Annie Perron les accueille avec son équipe, dont ses « câlineurs » qui sont toujours joyeux de voir leur petit client. Winnie est reçu comme une vedette que les toiletteuses dorlotent pendant plus de deux heures, depuis qu’il a l’âge deux mois et demi.

Winnie, qui est un croisement de yorkshire et bichon maltais, vient tout juste de fêter ses trois ans.

D’ailleurs, il prend souvent la pose pour la page Facebook du salon. Pour Hélène, c’est le moment d’échanger avec des personnes devenues des amies.