Depuis le mois de février 2017, Simon Guérard est devenu maître-chien de soutien à la SQ. Il ne verrait plus son travail sans Kevlar.

Un enquêteur vit avec son chien de soutien 24 heures sur 24

Simon Guérard n’avait jamais eu de chien dans sa vie avant février 2017, alors qu’il se rendait chez Mira pour recevoir un compagnon qui allait lui permettre de relever de nouveaux défis dans sa carrière d’enquêteur à la Sûreté du Québec (SQ).

M. Guérard venait de passer au travers un processus d’embauche afin de devenir maître-chien de soutien à la SQ. Ils étaient près de 80 personnes à rêver de décrocher cet emploi. Pour être admissibles, les candidats ne devaient pas avoir d’autres chiens sous leur toit afin de ne pas nuire aux comportements du chien MIRA. Il s’est donc rendu chez MIRA pour qu’on lui attribue cet animal exceptionnel qui allait apaiser les victimes d’agressions de toutes sortes. « J’ai vécu un séjour d’une semaine chez MIRA, logé et nourri. J’étais là en même temps qu’un groupe de parents qui avaient des enfants autistes. Je n’oublierai jamais cette expérience », se remémore-t-il. 

À ce moment-là, l’enquêteur était reparti avec Woody, mais le chien ne s’avérait pas assez patient pour le travail qu’on lui demandait. « Nous avons des critères très serrés pour les chiens de soutien. Ils doivent être obéissants, mais aussi très patients et passifs. Quand j’interroge la victime, le chien doit se concentrer sur elle et ne pas avoir d’interaction avec moi pour ne pas nuire à l’entrevue », explique l’enquêteur. 

Woody étant un peu trop actif, c’est en mai 2017 qu’on lui attribuait Kevlar, un St-Pierre (labernois) qui ne se lasse pas des caresses. Il venait de terminer une formation pour devenir chien-guide, mais il avait trop peu d’énergie pour accomplir la tâche. Étant surqualifié pour devenir chien d’assistance pour une personne ayant un trouble du spectre de l’autisme, il était donc le candidat parfait pour devenir chien de soutien à la SQ. 

Il y a deux chiens de soutien qui travaillent pour la Sûreté du Québec, soit Kevlar, à droite, qui couvre l’ouest de la province, et Sundae, qui s’occupe de l’est du Québec.

Climat

Depuis qu’il a son compagnon canin, le climat est beaucoup plus agréable lorsque l’enquêteur doit intervenir auprès des victimes, plus souvent des enfants, ayant vécu une agression. « Moi aussi, je remarque que mon attitude a énormément changé. Mon chien est apaisant et ça permet de diriger mes entrevues différemment », remarque l’homme qui a passé les neuf dernières années comme enquêteur au crime majeur dans le secteur de Montréal et les environs. Comme il rencontre les mêmes personnes plusieurs fois entre l’interrogatoire, la préparation au procès et le procès, le lien de confiance est solide. Il est rapidement considéré comme un membre de la famille par les proches des victimes. « Je vois moins de peine qu’avant. Lorsqu’elle doit me raconter un passage plus difficile, Kevlar va se lever pour se rapprocher de la victime et la situation, difficile à raconter, se termine avec un sourire au lieu des larmes. Le chien devient une distraction positive qui chasse les images noires. L’explosion émotive arrête sur une larme dans le coin de l’œil », poursuit M. Simon, qui dit encore porter des lunettes roses tellement tout lui semble merveilleux. 

24 heures

Dans ses nouvelles fonctions, le maître-chien de soutien est responsable de son chien 24 heures sur 24. « Je vais faire l’épicerie avec Kevlar, il nous suit au restaurant, bref, je fais tout avec lui », précise le fier propriétaire ayant 18 ans d’expérience comme policier. À la maison, Kevlar peut rester seul quelques heures. Par contre, il n’a pas le droit de jouer, pour ne pas reproduire des comportements de jeu lors des interventions. « Les premières fois que je suis allé à l’épicerie avec mon chien, les gens me questionnaient et cherchaient le bénéficiaire. Reconnaissant son foulard bleu, tout le monde respecte le chien MIRA et disons que ça me permet d’avoir beaucoup d’interactions et de discussions », conclut le résidant de Mascouche.