Boo et Isabelle Magnan pratiquent la détection d’odeur.

Un duo qui s’épanouit

CHRONIQUE / Il y a cinq ans, Isabelle Magnan et son chien Boo se lançaient dans une réelle quête, dont la mission première était de renforcer leur lien.

« Je venais de perdre mon petit scottish-terrier et Boo était le premier chiot à qui je souhaitais apprendre des choses. Sauf que j’avais de la misère à connecter avec lui », se remémore Isabelle.

Comme pour bien des chiens, la femme de Jonquière remarque que son chiot airedale-terrier a besoin de beaucoup plus qu’une promenade de 30 minutes par jour pour se dépenser. « Il fallait que je trouve une façon de le faire dépenser physiquement, mais aussi mentalement », poursuit-elle.

Pour découvrir ce que Boo préfère, le duo pratique d’abord l’obéissance, l’agilité et le rallye-obéissance auprès d’éducateurs canins du Saguenay.

Celle qui s’était longtemps considérée comme étant une femme sans passion s’accomplit enfin en plongeant dans les compétitions canines. Travailleuse sociale de métier, environ une fois par mois, Isabelle quitte sa famille et ses collègues pour s’évader avec son complice poilu vers des compétitions sanctionnées par différents clubs et associations du Canada et même des États-Unis.

Même si leur travail acharné leur vaut bien des titres prestigieux, Isabelle trouve que son chien manque de motivation.

C’est en 2016 que le coloré airedale et sa complice humaine découvrent enfin la détection d’odeurs et les sports ratiers qui collent parfaitement aux aptitudes et intérêts de Boo. En plus de suivre des formations dans sa région, la passionnée entraîneuse de Boo dévore des livres et consulte de nombreux blogues pour peaufiner sa propre technique d’entraînement.

Sans son chien, Isabelle ne serait pas rendue là.

Boo et Isabelle Magnan.

C’est grâce à Boo si elle cumule les victoires et relève tant de défis. Non pas que Boo est un chien facile. Bien au contraire ! L’airedale, dans toute sa personnalité, est devenu un prof hors pair. « Il ne collabore pas et s’intéresse à tout sauf aux humains. Têtu et indépendant, il n’aime pas la répétition. Il est une vraie boite à surprises. Il peut se montrer tout aussi coopérant que têtu », raconte Isabelle en riant.

Avec Boo, elle doit toujours user d’imagination et constamment s’ajuster pour obtenir ce qu’elle veut.

Cours

Inspirée par son chien, Isabelle souhaite maintenant recruter des adeptes de compétitions canines dans la région. C’est pourquoi elle offre des cours de détection d’odeurs et de sports ratiers. Jusqu’à maintenant, une quinzaine de personnes ont répondu à son invitation qui s’étale sur cinq rencontres d’une heure. « Les cours que j’offre permettent aux gens d’éviter les erreurs. Je peux aussi intervenir rapidement s’ils rencontrent une difficulté lors de l’entraînement », mentionne Isabelle. Sensible envers la personnalité de chaque chien, elle apprend d’abord aux propriétaires à observer et bien cerner les intérêts de leur animal. « Il faut trouver ce qui allume le chien et ce qui le motive, ajoute-t-elle. Pratiquer un sport avec son chien, c’est renforcer un lien avec lui. C’est aussi prendre confiance en soi, développer ses compétences et désensibiliser le chien aux situations qu’il aime moins. »

Pour qui ?

« Les sports de détections d’odeurs et de rats sont idéaux pour les chiens plus réactifs ou qui n’aiment pas le contact avec les autres chiens », explique Isabelle qui remarque, lors de ses formations ou de ses participations aux compétitions, que les chiens réactifs se désensibilisent tranquillement aux autres. Cette discipline peut être pratiquée dans l’environnement du chien, plus stressé face aux nouveautés. En compétition de détection d’odeur, c’est l’huile essentielle qui est utilisée. Dans la recherche de rats, Isabelle utilise ses propres rats domestiques pour entraîner Boo. « Aucun animal n’est mis en danger. Ils sont dans des cages et les chiens n’ont pas de contact avec eux », rassure-t-elle. Le rat est dans un tube, caché dans des balles de foin, et le chien doit détecter où il se trouve. La détection d’odeur est la seule discipline où on peut récompenser avec de la nourriture lors de compétition. « Par contre, si on échappe notre nourriture, on est disqualifié, car l’odeur peut devenir une distraction pour les autres compétiteurs. », conclut la Jonquièroise.

Boo est entouré d’une partie de ses rubans gagnés en compétitions.

Pour en savoir plus sur Isabelle Magnan, visitez sa page Facebook « Sacrés terriers » (https ://www.facebook.com/sacresterriers/).