Lors d’un séjour de deux ans en Égypte, Laïla et Cynthia Desbiens ont développé un lien inexplicable.

Un chien d'Égypte adopté par des Québécois

Cynthia Desbiens a vécu deux ans en Égypte, comme enseignante en français. En juillet 2016, après plusieurs démarches, elle a réussi à faire entrer un chien égyptien au Québec.

Tout a commencé au début de 2016, alors que Cynthia se rend compte qu’un petit chien d’une trentaine de livres la suit partout. « En Égypte, on n’approche pas les chiens de la rue. Ils sont parfois très agressifs, sales, et ils ont des parasites. Personne ne leur porte attention », raconte Cynthia. Elle réalise rapidement que le chien qui la suivait est une femelle et qu’elle a une blessure à la patte. Malgré l’objection de ses amis égyptiens, Cynthia commence à la nourrir. 

En mai, quand Lily Desbiens débarque en Égypte pour visiter Cynthia, elle tombe instantanément sous le charme de l’amie canine de sa fille. 

La mère et la fille achètent une laisse et un collier pour identifier leur animal et l’amènent à l’appartement de Cynthia. Malheureusement, Cynthia est extrêmement allergique, et la cohabitation ne peut pas durer. Le duo de sauveuses demande donc l’aide d’un refuge avoisinant pour héberger, soigner et stériliser la chienne errante. « Là-bas, il y a différents organismes qui soignent, stérilisent et remettent les chiens dans la rue », explique Cynthia. Mais quand la chienne voit le monsieur du refuge arriver, elle devient très agressive. Avec un tranquillisant, l’homme réussit à embarquer la chienne dans son véhicule.

« Au refuge, on nous a dit que notre chienne avait reçu un coup assez violent à la patte et qu’elle avait un an et demi », poursuit Cynthia. Régulièrement, Cynthia et sa mère visitent Laïla et assument les frais, très abordables, pour garder leur animal en sécurité. Elles remarquent que Laïla est de plus en plus confiante et à l’aise. « On lui amenait des jouets et de la nourriture, mais comme tous les chiens de la rue, elle ne jouait pas », remarque Cynthia. 

Adoption

De retour au Québec, Mme Desbiens annonce à sa fille qu’elle souhaite adopter Laïla. Cynthia s’informe et se procure le matériel nécessaire, dont une cage conforme et un carnet de santé à jour. Pendant ses démarches, la femme originaire du Saguenay se fait insulter. « Pourquoi fais-tu ça ? Amène-nous à la place », lui disent les Égyptiens. La jeune enseignante prévoit rentrer définitivement au Canada en juillet, mais sa compagnie de vol interdit le transport d’animaux pendant l’été. « J’avais une amie qui retournait aussi au Canada avec une autre compagnie d’aviation et elle a pu prendre la chienne avec elle », rassure Cynthia. Après dix heures de vol, Laïla débarque à Toronto, accueillie par Alain Maltais, le père de Cynthia. « Mon père l’a sortie de sa cage. Elle n’était pas du tout agressive et elle a refait dix heures de route pour se rendre chez mes parents à Québec », mentionne la femme de Chicoutimi. 

Adaptation

Dans sa nouvelle famille, Laïla se retrouve avec deux chiens, dont un jeune golden et un labrador retraité de Mira. Stressée et méfiante, elle jappe beaucoup. Elle supporte difficilement la présence de certaines personnes, dont Jean-Sébastien, le frère de Cynthia. 

Après quelques attaques envers leur vieux labrador, les parents de Cynthia sécurisent les lieux en gardant Laïla dans une cage. Ils lui mettent aussi un harnais pour la manipuler plus facilement et une muselière. Cette période d’adaptation est très difficile. « Par moment, ma mère se demandait si elle ne devrait pas trouver une nouvelle famille à Laïla », se souvient Cynthia. Jamais Mme Desbiens n’a crié après sa nouvelle pensionnaire. Elle lisait beaucoup sur le sujet et s’informait pour utiliser les meilleures méthodes. Avec de la douceur et de la patience, au bout de quelques mois, Laïla n’avait plus besoin de cage, de muselière ou de harnais. 

Après un an et demi en terre québécoise, la petite chienne égyptienne n’a aucune endurance au froid et elle n’aime pas du tout la neige. Elle a appris à jouer et à s’amuser avec les autres chiens. Quand vient l’heure des repas, elle jappe et est toujours un peu anxieuse. Comme sa famille a peur de ses réactions, Laïla ne côtoie pas d’enfants et elle doit être rassurée face aux inconnus. Elle a mis du temps à être propre dans la maison et elle s’échappe encore à l’occasion. 

En tout, la famille de Cynthia aura déboursé environ 700 $ pour faire soigner Laïla et la ramener au Québec. « On ne regrette pas de l’avoir sauvée, même si les premiers mois ont été longs », conclut Cynthia, qui n’ose pas imaginer ce que serait devenue cette chienne si elle avait été adoptée par une famille plus sévère. 

Après avoir visité sa fille en Égypte, Lily Desbiens souhaitait adopter Laïla, une chienne de village qui errait dans les rues et n’appartenait à personne.