Même si le processus d’adoption de Vladim, qui provient de la Russie, fut souvent inquiétant, Guylen Girard le referait n’importe quand.

Un chat de la Russie débarque au Saguenay

CHRONIQUE / Le 21 août 2018, un couple de Chicoutimi s’est rendu à l’aéroport de Montréal pour accueillir un chaton scottish fold de 4 mois arrivé tout droit de la Russie.

Ça faisait trois mois que Guylen Girard correspondait en anglais avec l’éleveur, via Messenger.

Le carnet de voyage d’un chat qui part de la Russie vers le Québec se remplit vite.

« Pour envoyer le dépôt à l’éleveuse, en mai 2018, j’ai dû me créer un compte avec Western Union et en quelques minutes, l’argent était transféré », explique Mme Guylen. L’éleveuse était tout de même rassurante, car elle avait l’habitude d’envoyer ses chatons à travers le monde.

Installé dans sa cage de transport, le 20 août, au matin, le chaton a quitté la Russie à bord d’un avion de KLM Cargo, dans une cabine tempérée. Son carnet de santé compte tous les vaccins requis. Il a fait une escale à Amterdam et poursuivi son vol vers Montréal.

Léa

À 18 h, le 21 août, Yves Leduc et Guylen Girard avaient rendez-vous à l’aéroport, dans le secteur de la réception des marchandises. « On nous a donné les papiers nécessaires et on devait refaire 10 minutes de voiture pour aller faire dédouaner le chat, qu’on n’avait pas encore vu, dans une douane à l’extérieur de l’aéroport », raconte Mme Guylen. Le couple était bien au courant que les douanes pouvaient les bloquer, ou mettre en quarantaine l’animal. Bref, plusieurs scénarios étaient possibles, et le stress était à son apogée !

Aux douanes, les adoptants ont appris qu’ils devaient payer les taxes sur le prix d’achat de l’animal, excluant les frais de transport. « On ne voulait pas s’obstiner. Tout ce que je voulais, c’était le petit pou », réfléchit la dame. En retournant à l’entrepôt, avec une pile de papiers, le commis est enfin allé chercher le chaton, qui miaulait à pleins poumons. « J’avais installé une litière, de la nourriture et une couverture dans le camion pour le laisser en liberté et lui faire vivre une belle expérience. »

Sur le chemin du retour, Yves et Guylen ne sont même pas débarqués pour souper. « On est arrêtés à un restaurant avec un service à l’auto pour manger dans le camion, avec Vladim, qui s’était couché et relaxait enfin sur le tableau de bord. »

À minuit, la famille est enfin arrivée au Saguenay. « J’ai suivi à la lettre le processus d’intégration avec mon autre chatte, en isolant d’abord Vladim deux semaines dans une pièce », mentionne l’attentionnée propriétaire de deux chats scottish fold.

Vladim

Même si le processus d’adoption de Vladim fut souvent inquiétant, Mme Guylen le referait n’importe quand. « Mes proches étaient certains que je m’étais fait arnaquer, et mon mari croyait que c’était une farce jusqu’au jour où nous nous sommes rendus à l’aéroport ! »

« J’ai fait une folie qui dépasse imagination ! J’étais dans l’inconnu, mais c’était plaisant », conclut-elle, en repensant à ses chats, qui sont devenus sa passion et son principal loisir.

Adoption

L’aventure féline de Mme Guylen avait commencé trois ans plus tôt, alors que la dame de Chicoutimi adoptait Léa dans une chatterie de Montréal. « J’avais toujours voulu des chats, mais mon mari était plus réticent, parce que ça perd du poil », raconte-t-elle. Pour ses 50 ans, la femme avait pourtant eu envie de se faire un cadeau dont elle rêvait depuis si longtemps. « J’ai envoyé un dépôt dans une chatterie de Montréal pour me réserver un chaton scottish fold, en me disant qu’on ne divorcerait pas pour un chat », se remémore Guylen.

Si Guylen Girard aime tant les chats scottish, c’est d’abord pour leur tempérament zen, mais aussi pour leurs caractéristiques physiques, lui rappelant le Chat botté. « Comme nous avons une compagnie de plomberie et que je travaille à la maison, je voulais des chats calmes », mentionne Mme Guylen.

Au Québec, un chat scottish coûte environ 1000 $. Dans les bons élevages, il faut compter un an d’attente. « De plus, avec les éleveurs québécois, c’est très long avant de recevoir les papiers d’enregistrement de l’animal », souligne l’adoptante. Il faut doubler le montant quand on adopte un chaton outre-mer, mais l’adoptant reçoit tous les papiers dès l’adoption, sans aucune restriction quant à la stérilisation. Léa et Vladim sont stérilisés, car la famille de Chicoutimi ne souhaitait pas faire de reproduction.