En 2012, Maryève Naud a eu la chance de participer aux soins d’un ourson blessé à l’Hôpital vétérinaire du Boisé. À ce moment, l’agent de protection de la faune Claude Larouche s’apprêtait à reconduire l’animal au centre de réhabilitation.

Technicienne en santé animale depuis dix ans

Maryève Naud a 18 ans quand elle accorde une première entrevue au journal Le Quotidien, pour la chronique du samedi. On est en 2006 et elle réalise un rêve de petite fille.

Assise sur les bancs d’école, elle se prépare à devenir une dévouée technicienne en santé animale.

L’étudiante, native du Lac-Saint-Jean, pose fièrement avec son chien Ozzy dans le journal. « J’avais adopté Ozzy chez un particulier alors qu’il avait quelques semaines. C’était mon premier chien », se remémore Maryève.

On peut dire que 13 ans plus tard, la femme de 31 ans est toujours aussi passionnée par son choix de carrière. Depuis dix ans, elle travaille à l’Hôpital vétérinaire du Boisé de Chicoutimi. Elle est maintenant maman de deux garçons de 6 et 9 ans. « J’habite maintenant à Arvida. Je voulais me rapprocher de mon travail », souligne la femme native de Saint-Félicien.

Malheureusement, Ozzy est décédé en 2017, à l’âge de 11 ans et demi, d’un cancer. « Une masse au cou, inopérable, l’empêchait de s’alimenter », se souvient Maryeve.

La famille cohabite maintenant avec deux petits chiens, de race chihuahua, au grand plaisir de ses enfants, qui aiment les animaux autant que leur mère. Ces bêtes leur ont été confiées par une cliente de l’Hôpital vétérinaire, qui ne pouvait plus en prendre soin.

À l’emploi depuis dix ans, c’est à l’Hôpital vétérinaire du Boisé que Maryève souhaite faire sa carrière comme technicienne en santé animale. La voici avec ses deux petits chiens, Happy et Gaston, qui font suite à son inoubliable Ozzy.

À 18 ans, Maryève avait parfois de la misère à laisser de côté ses émotions tellement son amour pour les animaux était fort. « Je suis rendue bonne pour laisser de côté des émotions ; ça se développe », rassure-t-elle.

Après avoir obtenu son diplôme en Technique de santé animale au Cégep de Saint-Félicien, en 2007, elle choisit de faire un autre examen pour se certifier. « Ça implique que je dois suivre de la formation continue pour conserver ma certification. Je vais dans des congrès et j’assiste à des conférences régulièrement dans le domaine de la santé animale pour me tenir à jour », précise-t-elle. À cette époque, elle continue de travailler à la Fromagerie Perron, parce qu’elle tient à rester dans sa région natale.

Quand elle apprend dans les journaux qu’il y a un concours pour trouver le nom d’un futur hôpital vétérinaire, elle se dit que ce serait vraiment l’endroit de rêve pour travailler. En 2009, elle part trois semaines, avec une douzaine de finissants dans son domaine, pour vivre un stage en Afrique et découvrir la réalité de la médecine vétérinaire dans ce coin du monde. En plein voyage, elle voit passer, dans ses courriels, l’offre d’emploi comme technicienne en santé animale à l’Hôpital vétérinaire du Boisé, qui vient tout juste d’ouvrir ses portes. La jeune femme pose sa candidature à son retour et obtient le poste.

Aujourd’hui, Maryève est l’une des trois plus anciennes employées de cette clinique. Elle travaille 40 heures par semaine, principalement comme technicienne anesthésiste, un volet qui l’attire particulièrement. « Dans mon domaine, comme partout ailleurs, il manque de main-d’oeuvre. Par contre, ici, ça va. Notre équipe compte dix vétérinaires et près d’une trentaine de techniciens, mais partout dans les autres cliniques, on cherche régulièrement des techniciens en santé animale, note Maryève. Notre rôle est d’assister le vétérinaire dans toutes ses tâches, autant au niveau des consultations que des chirurgies et des soins à l’animal. »

Ours

En mai 2012, des propriétaires de chalet du secteur de Laterrière contactent les agents de la faune afin de signaler un petit ourson qui rôde depuis cinq jours dans les parages.

L’animal, âgé d’à peine un mois et demi, semble très faible. Trouvé en bordure des sentiers de VTT, on suppose qu’il s’est fait frapper. L’animal est donc reconduit à l’Hôpital vétérinaire du Boisé.

En 2006, Maryève Naud accorde une première entrevue au journal Le Quotidien, pour la chronique du samedi, avec son chien Ozzy.

Après deux semaines de bons soins, les agents de la protection de la faune se rendent à l’Hôpital vétérinaire du Boisé afin de récupérer l’ourson pour le transporter vers un centre de réhabilitation des ours noirs situé à Sacré-Coeur. Le Progrès est invité à assister à ce moment. C’est dans les bras de Maryève Naud qu’on retrouve le petit protégé, alors que l’agent de la faune Claude Larouche s’apprête à reconduire l’animal au centre de réhabilitation.