Quand chat devient rat

Dans cette histoire, vous verrez que les chats errants peuvent devenir tout aussi nuisibles que la vermine.

Au début du mois de juin, nous avons remarqué qu’un félin venait dormir sur nos chaises extérieures. Il était discret et squattait principalement la nuit. Le matin, on pouvait identifier ses poils noirs laissés sur le tissu gris des coussins.

Ce n’est pas la première fois que des chats errants se retrouvent sur notre territoire. Nous avons souvent sécurisé, soigné, stérilisé et fait adopter des bêtes que les gens croyaient heureuses en venant les abandonner à la campagne, ce qui, rappelons-le, n’est pas un geste de compassion, mais plutôt un acte cruel.

Comme on aime les animaux, l’équipe de Râto a d’abord le réflexe de donner une meilleure vie aux bêtes en détresse. Sans toutefois installer de la nourriture, pour ne pas encourager les comportements des petits squatteurs, nous gardions un œil ouvert pour voir si c’était un chat domestique qui avait été abandonné. Advenant ce scénario, nous aurions pris les mesures nécessaires pour lui venir en aide.

Pendant une semaine, on voyait les boules de poils de notre visiteur rouler sur le patio et ses traces de pattes crasseuses sur les bancs de nos motos. Il ne faisait rien de mal, à part venir prendre une pause dans un endroit sécuritaire. Il contribuait peut-être aussi à éliminer la vermine autour de notre résidence. Le soir, les lumières des véhicules croisaient parfois son regard quand on arrivait dans l’entrée. Il se sauvait rapidement, ce qui nous laissait croire qu’il devait être errant.

Quand on vit à la campagne, il est évident qu’on doit partager son territoire avec quelques bêtes. Parfois, on ramasse une crotte de moufette, on enterre un trou d’animal venu déguster un insecte, on réanime un oiseau qui s’est cogné dans la fenêtre, on observe un renard dans le champ ou on entend un hibou chanter. On porte une attention spéciale pour ne pas laisser la nourriture de Râto dehors, pour ne pas attirer plus de chats. Nourrir les bêtes errantes n’a jamais fait partie de nos pratiques, par souci de protection pour nos propres animaux.

Un matin, le coussin extérieur de Râto avait été souillé par un vomi de chat. On distinguait les poils noirs de l’animal et de petits parasites en forme de spaghetti. Pas besoin de vous dire que le lit de Râto s’est ramassé au feu. Ne prenant pas de chance, la cabane de chien, incluant les couvertures, a aussi pris le bord.

En observant les coussins des chaises de plus près, ce ne sont pas juste des poils qui étaient perceptibles, mais aussi d’autres parasites intestinaux en forme de riz. Croyez-moi, ça coupe le goût de manger sur la terrasse.

Panique

Un vétérinaire nous a déjà dit que les parasites visibles dans les excréments ou sur la peau des animaux ne sont rien comparés à ceux qu’on ne voit pas...

Évidemment, on peut penser à ces fameuses tiques souvent transportées par les bêtes sauvages qui peuvent s’agripper aux chiens et aux humains. Imaginez les parents qui ont de jeunes enfants qui se traînent un peu partout et qui ont toujours les mains dans la bouche! Les humains peuvent contracter certains parasites intestinaux transmis par les animaux.

Le jour même, la cage-trappe était donc installée pour capturer ce chat répugnant qui nous empêchait de profiter de notre patio. Nos intentions étaient bonnes envers ce pauvre animal laissé à lui-même. Le premier à être piégé fut Râto, attiré par la canne de nourriture installée au fond de la cage ! Notre cobaye nous a confirmé que notre cage était bel et bien conçue pour trapper sans blesser. Le lendemain matin, notre indésirable pensionnaire en détresse était dans la cage.

Il était en si mauvaise santé et tellement sauvage que nous avons opté pour soulager définitivement ses souffrances en ayant recours à l’euthanasie. Même si on l’avait capturé pour le faire soigner et le stériliser, afin de le remettre en liberté, il aurait continué d’errer sur notre terrain en traînant ses parasites. Je pense que la santé et la sécurité de nos animaux et celle de nos invités passent avant tout.

À la campagne, bien que plusieurs prônent la présence de chats pour faire ce travail, sachez que les oiseaux de proie sont nombreux à survoler les champs pour se nourrir de vermines... et peut-être aussi de pauvres chats malades que les humains laissent à eux-mêmes.