Passionné par les poules, ces fascinantes bêtes qui agrémentent notre alimentation, Martin Boisvert offre des formations de quatre heures sur le petit élevage de poules à la maison.

Prévenir les erreurs

À première vue, avoir deux ou trois poules dans sa cour, pour s’autosuffire en oeufs, est un projet qui semble amusant, accessible et simple.

Pourtant, même si la poule a longtemps fait partie de nos moeurs, il est facile de commettre des erreurs qui risquent de rendre cette pratique très éphémère. 

En s’informant adéquatement, avant de se lancer dans un tel projet, on peut contribuer à encourager le concept de poules urbaines au lieu de le freiner. Si vous avez envie de devenir des propriétaires de poules avertis, Martin Boisvert offre des formations de quatre heures sur le petit élevage de poules à la maison. 

À Québec, il est permis, depuis l’été 2017, d’avoir des poules en zone résidentielle. Pour assurer un meilleur encadrement et encourager d’autres régions à emboîter le pas, M. Boisvert mise sur la permaculture, l’aménagement du territoire axé sur le développement durable et le respect des écosystèmes. Il se déplace partout au Québec et accueille même des groupes chez lui, en Beauce. « Mes formations et lectures ont été multiples, mais mes connaissances demeurent surtout appuyées sur l’expérience de notre merveilleux projet familial », peut-on lire sur la page Facebook Néo-Terra. 

C’est après avoir suivi une formation chez son ami Joël, de chez Plumes et Jardins, à Laval, que M. Boisvert s’est procuré ses premiers poussins. Évidemment, ses meilleures enseignantes sont devenues ses poules! « Depuis, j’ai recueilli beaucoup d’informations sur le sujet, mais surtout j’ai appris à connaître les poules en les côtoyant quotidiennement, en apprenant à décoder leur langage, leurs comportements, les facteurs de bonheur », ajoute-t-il. 

Nutrition

En refusant de s’informer, les nouveaux propriétaires de poules risquent de reproduire ce qu’ils ont vu dans les films. Petit panier au bras, ils siffloteront en lançant quelques grains ici et là dans leur basse-cour. Or, la poule a besoin d’une alimentation complète et à volonté pour offrir des oeufs en santé. Les carences alimentaires peuvent mettre en péril la santé de l’animal et engendrer des frais imprévus. Appréciant les menus variés, et même la viande, les poules se feront un plaisir de désengorger les poubelles en mangeant certains déchets alimentaires. 

Néo-Terra

C’est par le biais de sa page Facebook Néo-Terra que Martin Boisvert réussit à rejoindre sa clientèle cible. Pour celui qui travaille pour le ministère de l’Environnement, l’agriculture est une passion qu’il partage en dehors de ses heures de travail. Il renseigne les gens sur une quarantaine de races de poules qui conviennent selon leur mode de vie, mettant l’emphase sur les poules de races plutôt que les hybrides, qui ont été génétiquement modifiées pour être très productives sur un court temps. Il traite aussi des stades de croissance, de l’environnement adéquat et de l’entretien. Allant plus loin que les simples besoins de base de la poule, le fondateur de Néo-Terra utilise aussi les comportements naturels de la poule pour en faire son alliée, notamment dans le jardin. Leurs fientes se transforment en engrais naturel, qui peut être mêlé au compost. « Après environ un an, quand le compost ressemble à du terreau, c’est qu’il est prêt à enrichir la terre pour la plantation d’arbre et de légumes », mentionne M. Boisvert.

Hiver

L’hiver, Martin Boisvert garde ses poules dans son poulailler et nous suggère fortement d’en faire autant. « Ce n’est pas très compliqué, surtout si on va vers une race rustique », précise-t-il. Quand ses poules ont fini de pondre, au bout de trois ans, Martin les abat pour les manger. « Pour moi, ça a du sens et ça valorise tout l’animal. Il y a même des races qui sont bonnes pour la chair », poursuit-il. 

Mais c’est un sujet délicat qu’il aborde très peu dans le cadre de ses formations. Impliquées émotionnellement, certaines personnes choisissent de donner des noms à leurs poules et préfèrent les garder jusqu’à leur mort. Il faut savoir qu’une poule peut vivre jusqu’à 12 ans. Il est même possible d’apprendre des trucs aux poules en échange de nourriture, puisqu’elles sont très gourmandes. Parfois, le lien devient donc trop fort pour les voir retentir dans notre assiette.

Martin Boisvert accueille parfois des groupes en formation chez lui, à Saint-Isidore en Beauce, pour une expérience immersive totale.