Catherine Côté a adoptée Charlotte alors qu’elle était en arrêt de travail. Son animal, qui l’a supportée dans cette épreuve, a une signification particulière pour elle.

Perdue 11 jours au Lac-Saint-Jean

CHRONIQUE / Le 4 août 2017, Catherine Côté et Martin Tremblay quittent leur domicile de Saint-Bruno au Lac-Saint-Jean en prenant soin de laisser la porte-patio entrouverte afin que leurs deux teckels, Charlotte et Théo, puissent se prélasser sur le patio ensoleillé.

À son retour, au bout de quelques heures, Catherine se rend compte que Charlotte n’est ni sur le patio ni dans la maison. « J’ai supposé qu’elle avait vu passer un petit animal et qu’elle avait réussi à se faufiler entre les barreaux du patio », se remémore-t-elle. Aussitôt, elle se met à l’appeler en marchant dans le rang où elle habite. Certains voisins affirment l’avoir vue en bordure du champ de canola, tout près du domicile de Catherine et Martin. Malgré les recherches intenses, ce soir-là, le couple se couche sans sa petite Charlotte.

« On n’a pas dormi de la nuit et le lendemain matin, nos familles, nos amis et les voisins sont venus nous aider à chercher », poursuit Catherine. Une annonce Facebook est créée et partagée par des milliers d’internautes. Quotidiennement, des gens viennent aider aux recherches. « J’ai manqué plusieurs jours de travail. Mon patron était compréhensif. C’est lui qui me remplaçait », souligne la propriétaire de Charlotte.

Pendant ses nuits d’insomnie, Catherine se rappelle combien Charlotte est significative dans sa vie. « Je l’ai adopté quand ça allait moins bien, alors que j’étais en arrêt de travail. Pendant six mois, je l’ai eu collée à moi. Je la traînais partout », confie la femme de Saint-Bruno.

Un jour, pendant les recherches dans les champs, une chercheuse aperçoit Charlotte, mais cette dernière se sauve dans la forêt. Celle qui aimait tout le monde était soudainement rendue extrêmement craintive. « On a essayé plein de méthodes. J’ai fait venir des chiens pisteurs, on a mis des cages-trappes, j’ai fait du porte-à-porte dans le rang avec Théo pour montrer à quoi elle ressemblait et on a mis des affiches un peu partout », mentionne Catherine.

Charlotte a survécu 11 jours dans la nature.

Sachant qu’il y a beaucoup de meutes de coyotes dans ce secteur, le couple est terrorisé par les scénarios qu’il imagine. Quant à Théo, âgé d’à peine huit mois, il se sent un peu perdu sans sa compagne, mais il ne se plaint pas de recevoir de l’attention et des caresses en double !

Au bout de 11 jours, ayant un peu perdu espoir, Catherine retourne au travail. Sur l’heure du midi elle revient chez elle pour dîner. Désespérée, elle appelle une femme de Saguenay qui dit faire de la communication animale. « Malheureusement je n’en fais plus », explique l’attentionnée dame qui est tout de même intriguée par l’histoire de Charlotte. Catherine lui raconte tout, dans les moindres détails.

De retour au boulot, après l’heure du dîner, le cellulaire de Catherine sonne. Le fils de son voisin agriculteur dit avoir aperçu Charlotte. « Mon père fauchait le champ et elle est apparue, tout près de sa faucheuse », s’exclame Jean-Michel Boivin. Catherine pleure de joie. « Vite ! Va chercher ton chien », lui lance son patron.

Retrouvailles

Charlotte se trouve à trois mètres de ses sauveurs, mais elle ne vient pas vers Catherine qui lui parle tout doucement. Jean-Michel fait un grand détour pour se rendre derrière Charlotte afin de la pousser vers Catherine qui s’élance dans le champ de canola et attrape sa petite Charlotte qui la reconnaît aussitôt. Cellulaire à la main, Jean-Michel filme cet émouvant moment. Affaiblie, déshydratée et amaigrie, Charlotte est aussitôt conduite chez le vétérinaire. Il aura fallu près d’un an de soins pour la remettre complètement sur pied.

Un an et demi plus tard

Le 6 janvier dernier, c’était la fête de Charlotte qui fêtait ses trois ans. Évidemment, le couple ne peut pas souligner cet évènement sans se remémorer la mésaventure de leur animal. « Depuis ce temps, même si nous avons ajouté du grillage tout le tour des barrières du patio, nos deux chiens n’ont plus accès au patio quand nous ne sommes pas là », conclut la famille de Charlotte.

État incompréhensible

Les chiens qui perdent leurs repères tombent souvent dans un état de survie étrange. Ce mystérieux état empêche les chiens de reconnaître leur famille. Ils semblent littéralement déprogrammés. Il faut être perspicace pour déjouer leur instinct. À part avoir éveillé son instinct de chasseuse d’insectes, Charlotte n’a gardé aucune séquelle physique ou mentale de cette mésaventure. Celle qui a retrouvé sa joie de vivre et qui aime encore tous les humains porte maintenant un collier d’identification et une micropuce.