Au printemps, il est possible de voir des veaux et des faons seuls, mais on recommande de ne pas intervenir, car la mère n’est jamais bien loin.

N’apprivoisez pas la vie sauvage

On ne peut pas cesser d’être émerveillé par le printemps qui s’installe. La vie qui refleurit, les naissances d’animaux et les oiseaux qui chantent. Même si on aimerait les voir bien en sécurité, il est fortement déconseillé de faire entrer des animaux sauvages dans votre foyer.

Le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) rappelle aussi de ne pas nourrir un animal sauvage. Bien que cette pratique semble inoffensive, elle peut nuire au bien-être de l’animal et au nôtre. « Il peut aussi devenir importun et causer des dommages aux biens ou représenter un danger pour la sécurité des personnes ou de leurs animaux domestiques. Résistez à l’envie de leur donner ce cadeau empoisonné et continuez à les aimer de loin. C’est pour leur bien et le vôtre », avertit le MFFP. 

L’animal sauvage qui ne semble plus avoir de crainte envers l’homme a un comportement anormal. Il peut être malade. Si vous arrivez à approcher assez près d’un lièvre, d’un castor, d’un rat musqué ou d’autres petits rongeurs, jusqu’à pouvoir le flatter, c’est aussi anormal que de trouver un poisson vivant sur l’asphalte. Ne pensez surtout pas que vous avez un nouveau pouvoir magique pour apprivoiser les bêtes sauvages ! Cet état laisse supposer une maladie, telle que la tularémie, une zoonose qui se transmet à l’humain avec un simple contact et qui peut mener à la mort.

Les agents de protection de la faune doivent faire appliquer un règlement qui stipule qu’il est illégal de garder un animal sauvage en captivité, à moins d’avoir un permis. Pourtant, tous les printemps, de tendres histoires d’amour entre animaux sauvages et humains enflamment littéralement les réseaux sociaux. Émotivement impliqués, plusieurs jugeront sévèrement les agents de la faune.

Imaginez la cohue si on permettait aux gens de posséder un animal sauvage dont ils ignorent les maladies, les comportements, l’alimentation et les besoins. Un raton laveur, qui, rappelons-le, est un animal nocturne, peut causer bien des dégâts dans une maison, tout comme le cerf en rut. Les agents de la faune ont donc le mandat de préserver la faune et de protéger les humains. 

Routes

Jeter de la nourriture par la fenêtre de son auto est aussi une façon de mettre des animaux en danger. Les animaux se désensibilisent tranquillement à la route, car elle leur apporte de la nourriture. Tous les ans, sur certaines routes du Saguenay–Lac-Saint-Jean, des bébés animaux, dont les parents ont disparu sous les roues d’une voiture, se désensibilisent à la route parce que des gens arrêtent pour les nourrir. Certains sont tellement peu farouches qu’il est presque possible de les toucher. Ce geste inoffensif, rempli de compassion, voue pourtant l’animal à une mort certaine. En plus de risquer de se faire frapper ou de causer un accident, il y a des jours où l’animal ne recevra pas sa ration de nourriture. N’ayant pas appris à se nourrir lui-même, il risque de dépérir rapidement. 

Faon

Au printemps 2013, Yves Martineau, le fondateur de l’Association des conducteurs de chiens de sang du Québec, a pris en photo un petit faon de quelques jours, seul, bien blotti dans les herbes hautes dans la région de Lotbinière, au Québec. Dans ce genre de rencontre, la plupart des gens seraient portés à croire que le bébé est abandonné. « Le seul moyen de défense des faons et des veaux est de ne pas avoir d’odeur pour attirer les prédateurs. Quand la mère flaire un danger, elle laisse son petit camouflé et elle se cache un peu plus loin. Elle revient à lui quand les lieux sont sécuritaires », explique M. Martineau. 

Même si on les trouve attendrissants et qu’on les voudrait en sécurité de tout danger, les animaux sauvages ne devraient jamais se retrouver dans une maison. 

Il est même recommandé de laisser les oisillons, tombés du nid, à leur emplacement, car les parents continuent de les nourrir et de les protéger. 

Ressources

Il manque de ressources pour les animaux sauvages au Québec, diront certains. Le problème vient du fait que les gens ramassent des bébés animaux et les élèvent dans leur maison, sans savoir quoi en faire au bout de quelques mois. 

Certains refuges acceptent de bébés animaux sauvages abandonnés par leur mère, pour ensuite les remettre en nature, mais c’est la pire des bêtises. 

Il est prouvé que les animaux sauvages imprégnés par l’homme ne pourront jamais survivre en nature. 

Aimer les animaux, au point de les arracher à la vie sauvage, fait partie des façons de mal aimer les bêtes.

Les animaux sauvages deviennent désensibilisés à la route en raison de la nourriture offerte par les automobilistes.