L’importance d’encadrer les refuges

Le 31 janvier, Le Quotidien nous apprenait qu’un couple de Roberval était outré puisque le conseil municipal les limitait à avoir cinq chiens dans leur élevage. Cette histoire m’amène à vous parler de l’importance d’encadrer les élevages et les refuges au Québec.

Au Québec, si on veut devenir exemplaire en matière de gestion des animaux de compagnie, il serait grand temps d’établir des normes pour encadrer les élevages et les refuges. Présentement, on peut faire des recommandations, mais l’éleveur n’est pas obligé de se conformer ou d’être certifié. Il doit répondre à certaines exigences de base, au niveau des besoins primaires de l’animal, sans plus. Aucune réglementation ne prend en considération que l’animal est un être vivant sensible, qui a besoin d’être stimulé physiquement et mentalement. 

Chaque ville se dote d’un encadrement visant à empêcher les éleveurs à potentiel élevé, en raison de leurs installations ou de leur logistique, à opérer une usine à chiens sur son territoire. La municipalité a aussi le mandat de protéger les voisins de la nuisance que comporte ce type d’activité, au niveau de l’odeur et du bruit, pour ainsi prévenir une accumulation de plaintes. 

Souvent, l’usine à chiens part d’une bonne intention, mais une perte de contrôle et une désorganisation s’installent progressivement. On entend par usine à chiens un endroit qui n’assure pas de suivi sur les naissances, qui ne se soucie pas de la génétique et qui fait avoir trop de portées aux reproductrices. Une usine à chiens n’est pas nécessairement un lieu sale dans le fond d’une grange. Souvent, ces éleveurs, qui n’ont besoin d’aucune connaissance en matière d’élevage et de comportement animal, voient simplement la reproduction de leurs animaux comme une opportunité d’affaires rapide et facile. À la base, ils aiment sans doute profondément les animaux, mais il y a des façons malsaines d’aimer.

Dans ces endroits désorganisés, il est difficile d’établir l’âge véridique des chiens, puisqu’il n’y a aucune structure. Pour rentabiliser la production, ou s’éviter de l’ouvrage, des éleveurs sans scrupule seront prêts à mentir sur l’âge des chiots afin de les voir quitter à cinq ou six semaines, alors qu’il est prouvé scientifiquement qu’un chiot séparé de sa fratrie avant huit semaines a plus de chance de développer des problèmes de comportement. 

Les éleveurs qui ne cohabitent pas avec leurs bêtes et qui ne sont pas en présence des animaux un minimum d’heures par jour peuvent difficilement déceler et gérer les troubles de comportement reliés à la génétique. Certains outils utilisés sans surveillance pour réduire les jappements, tels que les colliers électriques, devraient être interdits. Installé en permanence dans le cou du chien, le collier électrique peut infliger de sérieuses blessures à l’animal, notamment des brûlures. 

Dans le meilleur des mondes, l’éleveur devrait être structuré, avoir un code d’éthique et suivre un protocole bien établi. L’adoptant devrait être en mesure de voir les installations, d’avoir un contact avec les reproducteurs et d’avoir accès à des documents qui assurent le souci d’une bonne génétique.

Si l’adoptant privilégie un élevage certifié ANIMA-Québec, c’est déjà un pas vers la bonne direction. Cet organisme à but non lucratif a comme mission de rehausser le bien-être des chiens et des chats du Québec par des activités de certification et de communication. 

Mais pour sauver quelques dollars, l’adoptant est parfois prêt à faire bien des compromis au détriment de son animal.