Sara Dufour s’est confiée à Râto lors de son passage au Yourte Fest du Valinouët.

Les douze chiens de Sara Dufour

CHRONIQUE / Une semaine après le triste départ de Picotte, Râto recevait une grande mission : il devait aller à la rencontre d’humains sympathiques afin de recevoir leurs confidences en lien avec les animaux.

Sa première rencontre a eu lieu avec la chanteuse Sara Dufour, de passage au Valinouët pour le Yourte Fest, organisé par Imago Village. Bien blotti sur les cuisses de la talentueuse artiste native de Dolbeau-Mistassini, Râto le confident canin l’a sagement écoutée parler des 12 chiens de sa vie qui ont marqué la période des années 90.

À travers ses histoires, Sara nous rappelle ce que c’était d’avoir des animaux à cette époque. Enfant, la petite fille gênée et discrète adorait la compagnie de ses chats, de ses chiens, de ses lapins et de ses hamsters. 

« Mon premier chien s’appelait Princesse. C’était un gros chien blanc, bâtard. Elle a eu plusieurs portées de chiots et elle est morte de vieillesse à 14 ans », se remémore Sara. C’est certain qu’à ce moment-là, la stérilisation n’était pas une intervention très populaire et les chiens errants étaient nombreux. « D’ailleurs, je me souviens quand les médailles de la ville ont commencé à être obligatoires et qu’on devait payer pour enregistrer nos chiens », ajoute Sara. Rêvant de s’occuper des animaux en devenant vétérinaire, la fillette était toujours prête à sauver toutes les bêtes. « Je vais toujours me souvenir de ce beau berger allemand errant qui avait été battu dans la cour de mon école par des enfants. Je l’avais amené chez moi et appelé Shadow », poursuit Sara. 

Magie

Avec les animaux, il se passe parfois des choses magiques. « Un soir, j’ai vu une étoile filante passer dans le ciel et j’ai fait le vœu d’avoir un chien juste à moi. Le lendemain, un ami de ma mère m’offrait Zoulou, un beau labrador noir pure race », raconte-t-elle. Évidemment, avoir des animaux, c’est aussi vivre des deuils. Dans les années 90, on n’était pas aussi sensibilisé à la vaccination. C’est pourquoi Zoulou est décédé de la rage. Et comment oublier ce jour où elle a vu son beau chien Saké mourir noyé dans la rivière au Foin ? 

Vers l’âge de neuf ans, c’est le chien Ti-Poux qui gardait les secrets de Sara. « Il était à peu près de la grosseur de Râto. N’étant pas castré, il se battait parfois avec Mousse, notre gros chien montagne des Pyrénées qui n’était pas castré non plus. Un jour, Ti-Poux a “cruisé” Belle, la femelle de Mousse, et il s’est fait violemment attaquer. Ma mère a toutefois réussi à le guérir », se souvient Sara. Les aventures de Ti-Poux ne se sont pas arrêtées là ! Il a plus d’une fois été retrouvé au village après avoir suivi des voitures. « Je l’ai même déjà trouvé pris dans un collet à lièvre, mais il n’avait pas bougé pour ne pas s’étrangler. Finalement, vers l’âge de 12 ans, mes parents l’ont fait euthanasier, mais je n’ai jamais vraiment su pourquoi », raconte l’expressive chanteuse. 

Dans les années 90, l’euthanasie était souvent l’unique solution à certains problèmes. Le plus dur moment s’est produit quand l’adolescente a assisté à l’euthanasie d’un de ses chiens, parce que sa famille quittait la campagne pour déménager à Mistassini.

Au secondaire, en découvrant l’impro, Sara sort de sa coquille et son amour pour la scène devient vital ! Quand elle part vers Montréal en 2004, à l’âge de 19 ans, après un concours pour jouer dans les trois dernières saisons du téléroman jeunesse Watatatow, elle met une croix sur les animaux, étant donné son mode de vie. « Mais j’aime encore les animaux ! D’ailleurs, ma sœur vient de s’acheter un petit chien croisé caniche. Il est tellement beau. Je vais le voir demain », conclut Sara, toujours excitée de revenir dans sa région pour voir sa famille.