Pour cohabiter avec 14 chiens, Caroline Morin et Benoit Rousseau Savary ont fabriqué un chenil fonctionnel. Le Chenil de la Tempête est composé de 14 enclos individuels.

Les chiens de traîneau attendent la neige

CHRONIQUE / Caroline Morin et Benoit Rousseau Savary vivent depuis quatre ans entourés de chiens de traîneau. Leurs 14 bêtes vivent dans un chenil à 400 pieds de la maison. « L'été, les chiens sont en vacances, un peu comme les joueurs de hockey qui jouent au golf », lance Caroline.
C'est le moment pour eux de reprendre des forces. « L'hiver passé, après 4000 kilomètres, mon chien de tête, Tempête, boitait un peu », confie Benoit. Ce chien exceptionnel leur a d'ailleurs inspiré le nom de leur chenil. Tous les jours, au Chenil de la Tempête, les chiens ont accès à un parc et s'y amusent librement par petits groupes de trois ou quatre pendant une vingtaine de minutes. Le reste du temps, ils sont dans des enclos individuels. Nourris une fois par jour, ils sont calmes et disciplinés. « La seule chose qu'on leur demande c'est de ne pas faire de bruit et de ne pas sauter sur nous. On ne leur demande même pas d'être propres », ajoute Benoit. Quand ils ont la consigne de regagner leur enclos, tous les chiens s'y rendent avec joie.
Avoir des chiens de traîneau c'est plus qu'un simple loisir. C'est un mode de vie extrêmement dispendieux. « On a fait une croix sur les voyages. De toute façon, on n'a pas les moyens », fait remarquer Benoit. Le couple voyage chacun son tour. Caroline va parfois dans sa famille à Trois-Pistoles, mais Benoit n'a pas pu y aller depuis deux ans. Cet hiver, ils ont prévu y aller en amenant tous les chiens ! « Je travaille à l'Alcan et je prends toutes mes vacances en hiver », précise Benoit.
Il y a un peu plus d'un an, le couple quittait son petit terrain de Laterrière avec ses chiens pour s'installer à un endroit plus spacieux, à St-Honoré.
« On était bien sur le bord de l'eau, mais on était limité dans le nombre de chiens. On a fait ça pour eux, pour améliorer leurs installations. J'ai perdu 20 000 $ dans la vente de ma maison », explique Benoit qui ne regrette rien. Ils ont maintenant 14 chiens sur un terrain zoné agricole. Pour bien cohabiter avec autant de chiens, ça prend un chenil fonctionnel.
« Par souci des voisins, on a fait des enclos individuels. Ça fait un chenil plus silencieux que des chiens attachés. Ce n'est pas que je n'aime pas les chaînes, même que les chaînes ont leurs avantages : les chiens sont plus en forme, car ils bougent plus», constate Benoit.
« Comme j'aime les flatter, je me dis, aussi bien les masser. Ce sont des athlètes après tout », poursuit Caroline qui adore prendre soin de ses bêtes. Ces temps-ci c'est le brossage qui prédomine. Dans la maison, aucun chien n'a le droit d'entrer, car Caroline est allergique et le couple suspecte leur bébé de sept mois de l'être aussi.
Reproduction
Ce printemps, Benoit et Caroline ont décidé d'assurer la relève en faisant reproduire leurs meilleurs spécimens. « On a choisi Tempête, notre chien de tête, et une femelle ayant un très bon tempérament », précise Benoit qui se souci de la génétique. En juin dernier, ils ont vu naître 11 chiots. Quelques-uns ont été adoptés par d'autres mushers et quatre sont toujours avec eux. « Notre chienne a eu des complications et il a fallu lui faire faire une césarienne. Après avoir payé les frais de 1800 $, disons qu'on ne fait pas d'argent avec ça », explique Benoit.
Commentaires
Évidemment, Caroline et Benoit sont bien au courant des jugements portés face au mode de vie des chiens de travail. « Le monde capote sur la niche, la chaîne... mais au fond c'est quoi une belle vie de chien », se questionne Benoit. Pour lui, ses chiens ont la meilleure vie. Ils bougent tous les jours, ils voient du paysage, ils sont en forme, ils ne souffrent pas d'embonpoint, ils sont en santé, etc. Bientôt, l'entraînement recommencera trois à quatre fois par semaine en vue de la saison hivernale. « Les chiens de traîneau ont à travailler physiquement, mais aussi mentalement. Mon attelage mesure 70 pieds de long. Les chiens doivent apprendre à travailler en équipe, avoir la bonne vitesse, être motivés à aller vers l'avant, coller la droite et ne pas se chicaner », conclut Benoit.