Maréchal ferrant, Thomas Laprise remarque que les gens, comme Sara-Ève Bilodeau, qui cherchent à performer dans une discipline équestre sont plus rigoureux sur l'entretien des pieds de leurs chevaux.

Les chevaux de travail font avancer les recherches

CHRONIQUE / Depuis 13 ans, Thomas Laprise est le maréchal ferrant de 250 chevaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean, dont certains font des compétitions et de l'attelage.
« Les propriétaires de chevaux de travail veulent les meilleurs soins pour leurs animaux, afin qu'ils soient performants. Ils vont les nourrir et entretenir leurs pieds avec ce qu'il y a de mieux. Ce sont eux qui contribuent à faire avancer les recherches pour ensuite en faire profiter tous les autres chevaux », raconte Thomas Laprise.
Pour veiller aux bons soins des chevaux, on peut compter sur des vétérinaires, des ostéopathes, des massothérapeutes, des acupuncteurs, etc. Ces avancées sont nées grâce à l'industrie du cheval et aux différentes disciplines équestres. « Par exemple, j'ai traité une jument qui avait des douleurs aux pieds en utilisant de l'acrylique que je moulais sous son fer pour amortir les chocs. Cette jument a été championne à St-Tite », précise le maréchal ferrant qui avoue que son travail aide à la performance. En Europe, pour les chevaux qui marchent sur l'asphalte, on utilise des fers en caoutchouc qui agissent comme amortisseur au contact du sol. Ce produit pourrait être bénéfique pour les chevaux de calèches dans les villes de Québec et Montréal.  
« Les chevaux les plus souffrants ne sont pas ceux qui bougent, mais ceux qui sont sédentaires. Pour l'humain, comme pour les animaux, ne pas bouger est plus dommageable que de bouger », poursuit Thomas Laprise.
De plus, le maréchal est beaucoup plus à risque de se faire blesser lorsqu'il intervient sur un cheval rarement manipulé. Les chevaux maintenus en box, avec de rares sorties, ont aussi plus de chance de développer le tic de l'ours et le tic de l'appui (rote). Notez que le tic de l'ours mène à des problèmes articulaires.
Chômage
Malgré tout, certains décident de laisser les chevaux au chômage dans leur box pendant des semaines. C'est ce que remarque une palefrenière dans une écurie du Saguenay-Lac-Saint-Jean où elle nourrit quotidiennement des chevaux qui n'ont pas vu le soleil depuis des mois. Ils sont confinés à leur box. Une de ces bêtes est une poulinière. Elle a blessé tant de personnes que les assureurs conseillent de faire euthanasier l'animal qui a développé de sérieux problèmes de comportement. Pourtant, on continue de la faire reproduire et de mettre des humains en danger. Elle met au monde des poulains qui ont aussi des comportements dangereux.
Laurie Michaud est propriétaire du Centre équestre BQH à Chicoutimi. Selon elle, les propriétaires de chevaux qui gagnent leur vie avec eux traitent bien leurs bêtes. « Je ne peux pas me permettre de négliger mes chevaux qui servent à donner des cours, initier des enfants ou faire des spectacles », remarque-t-elle. Pourtant, malgré la sécurité, la nutrition et les bons soins, entre les compétitions et les spectacles, un cheval n'est pas à l'abri de la maladie, des blessures ou d'une chute.
Solutions
Le propriétaire du centre équestre la Martingale de St-Honoré a trouvé une façon de conscientiser sa quarantaine de pensionnaires aux soins que requiert un cheval. « Depuis cinq ans, tous les dimanches, ce sont les propriétaires des chevaux qui doivent entretenir leur box », explique Bertrand Robitaille. Ainsi, les gens sont obligés de visiter leur animal et de le manipuler au moins une fois par semaine.
À cet endroit, on offre aussi des randonnées équestres et des tours de calèche. Ces chevaux travaillent plusieurs heures par jour, principalement l'été. « Ce qui est important, c'est de les faire boire souvent, minimum aux deux heures, et de leur donner des minéraux. Pendant une randonnée de trois heures, les chevaux font un arrêt à mi-chemin pour boire l'eau du lac. À la fin de la randonnée, ils ont droit à une pause de 15 minutes à l'ombre pour boire et manger une ration de moulée », précise monsieur Robitaille. Les chevaux en pension, dont les propriétaires ont moins de temps pour les manipuler, sont installés au champ.
Propriétaire de la Martingale depuis 30 ans, M. Robitaille remarque une baisse d'achalandage au niveau des randonnées. « Par contre, j'ai une hausse de pensionnaires. Peut-être parce que les adeptes de randonnées se sont finalement acheté des chevaux », constate l'homme.
Sachant que le grand air est bon pour le système respiratoire des chevaux, la Martingale vient d'installer huit box extérieurs. Ils sont aussi en plein réaménagement des champs pour offrir plus de commodité aux nombreux propriétaires désireux de voir leurs bêtes passer du temps au champ.