Le prix des animaux explose

CHRONIQUE / Dans la foulée de la crise de la COVID-19, le prix des animaux a explosé partout au Québec. Sur les sites de petites annonces, des chiots et des chatons à plus de 2000 $ se vendent comme des petits pains chauds. En quelques minutes, les réservations sont comblées.

Nous avons vu des croisements de bichon maltais et caniche à 6000 $ dans le secteur de Montréal ! C’est aussi spécial de voir qu’un cheval se vend 1500 $ depuis plus de 30 ans, alors que plusieurs n’ont même plus les moyens d’avoir un chien.

Le chien bâtard est passé de 50 $ à 1500 $ en moins de 20 ans et la poule est passée de 10 $ à 25 $ en quelques jours. Si le cheval avait suivi la courbe du chien, il frôlerait les 100 000 $ ! La raison est la même que dans n’importe quel marché. Tout est une question d’offre et de demande. Quand la demande devient plus grande que l’offre, le prix augmente.

Considérant le bien-être animal, et pour éviter les abandons, on risque de voir le prix des poules augmenter sérieusement dans les prochains mois. À moins que ce soit une mode de courte durée, ce qui est fort probable. Dans ce cas, il y aura des opportunités à l’automne pour adopter des poules à bon prix.

Le chaton domestique, qui était donné il y a quelques années, parce que les portées étaient plus nombreuses que la demande, commence à devenir beaucoup plus rare et sa valeur a elle aussi commencé à grimper. « D’ici deux ans, il sera tout aussi difficile de trouver un chaton qu’un chiot », souligne Marc Villeneuve, propriétaire du Refuge des animaux de Chicoutimi.

Les chats et les chiens, dont on ne contrôlait pas la reproduction dans les années 80, sont enfin stérilisés. Sachant que cette intervention diminue les mauvais comportements et les risques de complications de santé, c’est une excellente nouvelle !

Et gare à vous si vous parlez de faire avoir des bébés à votre animal ! Vous allez passer pour un hurluberlu, un sans coeur et un inconscient. Vous vous ferez faire la morale ! On lapide les mauvais éleveurs sur la nouvelle place publique que sont les réseaux sociaux et à voir les critiques, trouver un bon éleveur devient tout un casse-tête.

La reproduction n’a rien de banal et comporte ses risques. Il faut considérer la génétique, les antécédents et le tempérament de l’animal, pour éviter de mettre au monde des bêtes malades mentalement et physiquement.

En moins de vingt ans, les soins vétérinaires de base, dont la stérilisation et la vaccination, ont aussi doublé.

Quant aux chevaux, ce n’est pas le prix de l’animal qui augmente au fil des années, mais tout ce qui est autour, dont le foin, la moulée, les soins et la pension. La météo est aussi un facteur qui peut jouer sur le prix du foin, selon la qualité et la quantité des récoltes.

Pourquoi ?

Plusieurs raisons expliquent ces hausses importantes. D’abord, il y a la pandémie, qui a créé un engouement pour l’adoption des animaux de tout genre, y compris les poules.

Au début du confinement, assistant à une pénurie d’oeufs, la population songeait à des façons d’atteindre l’autonomie alimentaire. La solution allait de soi, alors que de plus en plus de villes tolèrent la possession de poules en milieu urbain. Gageons aussi que les jardins seront plus nombreux cette année.

Cloîtrées à la maison, en ce temps de confinement, pour occuper leurs nombreux temps libres, plusieurs familles ont opté pour l’adoption d’animaux, sans trop penser à demain. On peut donc s’inquiéter quant à l’avenir de ces bêtes, quand la vie reprendra son cours.

Attention !

Quand la demande est grande, il faut se méfier des abus et des escroqueries. Les sites de petites annonces nous donnent un bon aperçu de la situation.

Les revendeurs d’animaux sont de plus en plus actifs pour scruter les opportunités. Certains usent de stratégie pour flouer les adoptants.

Le 15 mai, une personne affichait des chiots-loups à adopter pour 1500 $. On disait que les petits étaient issus d’une mère moitié loup, moitié husky, sans vraiment de preuve.

Évidemment, sachant que les gens ont souvent tendance à chercher la rareté et les histoires à la Walt Disney, on peut supposer que cette personne a réussi à vendre ses chiots.

On justifiait le prix par le fait que la mère avait eu des complications lors de la mise bas et requérait possiblement une opération, « mais pas question de la faire stériliser », avisait le vendeur.

On a de la misère à éduquer des chiens de race husky, très énergiques, alors imaginez si ces mignons bébés ont véritablement du loup !