L’adoption de chiots complexifiée en région

Les familles qui ont réservé des chiots à l’extérieur et qui vivent dans des secteurs dont les entrées et les sorties sont contrôlées pour éviter la propagation de la COVID-19 cherchent des solutions pour aller chercher leur animal.

Il y a quatre mois, Kime Mailloux envoyait un dépôt pour réserver un chiot épagneul dans un élevage de Mirabel. La femme de La Baie prévoyait aller chercher son compagnon à la fin mai. Vu la situation, ce n’est pas sans tristesse qu’elle a choisi de reporter son adoption à la prochaine portée.

De son côté, Mme Suzanne, de Saguenay, espère toujours trouver un moyen d’aller chercher son chiot, le 24 avril. « Quand je l’ai réservée chez un éleveur de Cowansville, en décembre 2019, elle n’était même pas encore née. Les chiots sont nés le 23 février et, deux jours plus tard, je faisais mon choix », raconte l’adoptante, déjà très attachée à sa petite Maggie, dont elle reçoit des vidéos et des photos.

Ce n’est pas un caprice de confinement qui la pousse à adopter, mais bien une décision qui a été réfléchie bien avant l’arrivée de ce virus. « J’ai déjà Maya, une femelle golden retriever croisée caniche d’un an et demi, et on l’adore. C’est pourquoi on voulait en avoir un deuxième », poursuit-elle.

Comme elle ne veut pas mettre en danger personne, et surtout pas contracter la COVID-19, Mme Suzanne aimerait aller chercher Maggie, qui se trouve à 500 kilomètres de chez elle, de façon sécuritaire. « On ferait un aller-retour. L’éleveuse nous a dit qu’elle laverait notre chiot, qu’il attendrait dans la salle de bain jusqu’à notre arrivée et qu’une fois que nous serions dans sa cour, elle nous livrerait le chiot à l’auto. Une fois à la maison, je me mettrais des gants, je désinfecterais la cage de transport et je relaverais le chiot avec du savon », projette l’adoptante.

De plus, l’éleveuse assure être confinée chez elle et ne pas sortir depuis deux mois.

« L’autre option, c’est d’envoyer ma belle-fille de Québec, qui n’est pas restreinte dans ses déplacements, aller chercher Maggie chez l’éleveur et la garder chez elle le temps du confinement », songe la femme de Saguenay.

Mme Suzanne espère qu’elle trouvera une solution pour aller chercher sa petite Maggie, à Cowansville, le 24 avril.

Mais ce n’est pas l’idéal de faire vivre ça à un chiot. Il devra s’adapter à deux endroits différents. »

L’éleveur de Cowansville dit pouvoir prolonger de quelques jours la garde des chiots, dont deux ont prévu partir pour le Saguenay, mais elle ne peut pas les garder indéfiniment. Sinon, elle les remettra à vendre.

« Je stresse. J’avais juste le goût de brailler quand j’ai appris que les barrières étaient encore là pour un bout. J’attends ce chiot depuis quatre mois », conclut celle qui aimerait avoir une dérogation et des consignes claires pour récupérer son chiot en toute légalité.

Déplacements

Selon l’Association des médecins vétérinaires du Québec (AMVQ), en cette période de confinement, il n’est pas interdit d’adopter des chats ou des chiens en provenance de refuges, d’éleveurs ou de particuliers, mais on recommande la plus grande des prudences. « Afin de respecter les consignes gouvernementales de distanciation ou de déplacement entre les régions, aucun magasinage ne devrait être effectué. Si vous décidez tout de même d’adopter un animal, assurez-vous, lors de la prise de possession, que toutes les mesures d’hygiène sanitaires sont suivies », précise l’AMVQ.

Le gouvernement du Québec rappelle que dans les régions avec points de contrôle, les seuls déplacements autorisés seront ceux jugés essentiels, comme se rendre au travail ou pour un rendez-vous médical. « Il faudrait donc reporter l’adoption d’un animal », indique-t-on.

Quant à la Sûreté du Québec (SQ), le corps policier dirige les citoyens vers le site gouvernemental traitant des déplacements d’une région à l’autre. Comme elle n’a pas trouvé la réponse précise à ce sujet, Mme Suzanne s’est fait recommander par la SQ de se rendre à la barrière de contrôle afin de discuter avec les agents sur place.

Protocoles

Il y a aussi un protocole à suivre lorsqu’un animal est admis en clinique. « Il faut, avant tout, téléphoner à l’établissement vétérinaire. Un employé déterminera la nécessité d’une consultation vétérinaire téléphonique ou par visioconférence, mentionne Michel Pépin, responsable des communications à l’AMVQ. Si la situation est urgente, on vous donnera un rendez-vous. Il se peut que vous deviez confier l’animal à un employé qui entrera avec lui dans l’établissement vétérinaire. »

Même chose dans les animaleries et les refuges qui ont des animaux à adopter. Les clients sont accueillis un à la fois et il n’est pas possible d’avoir de contact avec les animaux, à moins de vouloir les adopter.