Si votre animal est aussi attachant que Râto, c’est normal que votre cellulaire déborde de photos de lui !
Si votre animal est aussi attachant que Râto, c’est normal que votre cellulaire déborde de photos de lui !

La place privilégiée réservée aux animaux

CHRONIQUE / Tous ceux qui ont des animaux se sont déjà fait reprocher de trop investir de temps et d’argent dans le bien-être de leurs chevaux, leurs chiens ou encore leurs chats.

Dérangés par cette place privilégiée qu’occupe un animal, certains iront jusqu’à penser que cette attention se fait au détriment des vies humaines.

Qu’on choisisse de soigner son animal ou de s’acheter une motoneige de plus, ça n’en tient qu’à nous. Au bout de la ligne, le propriétaire de trois motoneiges et le propriétaire d’un cheval souffrant d’une maladie respiratoire ne donneront pas moins d’argent le jour de la guignolée.

Il est vrai que certains poussent leur amour un peu loin quand ils habillent leur chien ou le promènent en poussette alors qu’il est en parfaite santé et qu’il n’a pas froid. Quel malaise, quand on les compare aux enfants et qu’on utilise les termes de papa et maman pour désigner les propriétaires d’animaux ! En même temps, ça ne fait pas de mal à personne.

Il y a 50 ans, les chiens étaient maintenus dehors au bout de la cabane et mangeaient les restants de table pendant que les chats vivaient dans la grange pour chasser les souris. On ne les stérilisait pas, on donnait leurs rejetons au premier arrivé et on les euthanasiait pour un poil de travers.

Aujourd’hui, la société est très exigeante envers les propriétaires d’animaux. Micropucés, enregistrés, stérilisés, bien nourris, vaccinés, attachés et bien éduqués, c’est à se demander si les chiens et les chats auront encore le droit d’être des chiens et des chats dans 10 ans ! Et les humains auront-ils encore les moyens de les adopter ?

Le deuil

Dernièrement, un texte prétextant qu’il faut accompagner son chien jusqu’au bout, lors de l’euthanasie, a suscité beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux.

On traitait de sans-cœur les gens qui préféraient mandater un de leurs proches pour les aider dans ce processus. Il est compréhensible qu’une personne soit incapable, même si elle l’aime profondément, d’accompagner son animal jusqu’à la fin et voir la vie s’éteindre.

Le deuil animal copie de plus en plus le modèle du deuil humain, y compris quelques rituels, tels que l’incinération, l’urne et le cimetière. Ces rituels n’ont qu’un seul objectif, soit faire du bien à l’humain.

Mais imaginez si on poussait encore plus loin et qu’un jour, on imposait notre deuil à nos proches en exposant le corps de notre animal décédé ! Cette approche aurait raison de déranger puisqu’un animal, contrairement à un humain, est habituellement extraordinaire pour seulement une poignée de personnes qui sont très proches de lui. Il serait plutôt égoïste de vouloir impliquer trop de monde dans cette douleur.

Peu importe la façon dont décède son animal, l’humain aura tendance à se culpabiliser. Surtout s’il a recours à l’euthanasie pour soulager définitivement les souffrances de son animal. C’est un acte troublant qui demande une profonde réflexion.

Contrairement à la perte d’un humain, on pense que le deuil animal est allégé puisqu’on peut le remplacer, ou plutôt vivre de nouveaux chapitres avec d’autres animaux. C’est en effet une façon de mettre un baume sur son coeur, mais chaque animal est unique et chaque personne doit vivre son deuil à sa manière.

L’euthanasie à domicile peut convenir à ceux ne pouvant pas se déplacer ou étant trop ébranlés pour reconduire son animal à la clinique, mais encore faut-il savoir que les frais ne sont pas accessibles à tous. De plus, comme les cliniques sont débordées et manquent de vétérinaires, peu de cliniques ont la possibilité d’offrir ce service.

Au cours des dernières années, les cliniques vétérinaires se sont adaptées face au deuil animal. Les installations sont pensées pour vivre ce douloureux passage dans le respect, offrant quelques souvenirs commémoratifs pour apaiser la douleur des humains. L’équipe suit parfois depuis longtemps cet animal et la personne sentira que sa peine est partagée en vivant ce moment à la clinique qui a vu grandir son chien ou son chat.

Après un deuil animal, certaines personnes feront le choix de ne plus jamais avoir d’animaux, tellement leur souffrance est grande.