Julie a acheté Bonny, une chienne cocker noire, il y a six ans, pour apaiser sa peine alors qu’elle venait de faire une fausse couche.

La magie entre un enfant et son chien

CHRONIQUE / Depuis un an et demi, Benjamin n’a fait aucune crise d’épilepsie. En fait, depuis un an et demi, c’est son chien Bonny qui a commencé à faire des crises d’épilepsie.

C’est Richard, le papa de Benjamin, qui s’est rendu compte, un soir, que Bonny semblait faire une crise d’épilepsie. Sa conjointe Julie n’arrivait pas à y croire jusqu’à ce qu’elle voit son chien avoir des spasmes et paralyser 30 secondes des pattes. « Après avoir fait une crise, Bonny est très fatiguée, puis, quelques heures plus tard, elle n’a plus aucun symptôme », remarque Julie. 

Même si Richard est très cartésien, il s’est surpris à penser que le chien avait peut-être pris la maladie de son fils. « C’est vraiment mon chum qui a fait le lien. On ne croit pas qu’il ait pu y avoir un transfert de la maladie de notre enfant vers le chien, mais ça nous fait du bien de croire en quelque chose de magique », réfléchit Julie. 

Cette magie apaise la réalité avec laquelle le couple de Saguenay doit constamment jongler. 

Vers l’âge de huit mois, alors que le petit garçon boit une bouteille de lait en pleine nuit, bercé par sa maman, son regard devient fixe. Un premier voyage en ambulance et un tour à l’hôpital confirment que leur fils vient d’entrer dans un état épileptique, provoquant une absence qui peut durer près d’une heure. Plusieurs autres absences et tours d’ambulance s’en sont suivis. Comble de malheur, à l’âge de deux ans, les parents de Benjamin apprennent que leur garçon a la paralysie cérébrale. 

Depuis ce temps, ils font tout en leur pouvoir pour le stimuler, saisissant les services et ressources qui leur sont offerts. Leur enfant ne progresse pas au même rythme que les autres. Âgé de quatre ans, il ne parle presque pas et il tombe souvent. 

Les attentionnés parents sont à l’affût de la science et des études pour mieux comprendre cet état qui affecte le développement de leur enfant. Entourés de spécialistes, ils s’accrochent à l’espoir. 

Bonny

Julie a acheté Bonny, une chienne cocker noire, il y a six ans, alors qu’elle venait de faire une fausse couche. Le petit chiot amenait un peu de réconfort dans cette triste épreuve. Deux ans plus tard, elle mettait au monde un beau gros bébé de dix livres et demi. Benjamin est arrivé au monde de façon catastrophique alors qu’il était en hypoglycémie. Quelques heures après sa naissance, il était en arrêt respiratoire. Pour ces raisons, son séjour à l’hôpital s’étira sur dix jours. Depuis le tout début, Bonny fait preuve d’une grande gentillesse envers ce précieux membre de sa famille. Encore aujourd’hui, malgré les maladresses de Benjamin, Bonny a une patience remarquable avec ce petit bonhomme plein d’affection pour elle. 

Fondation des Lions

Cherchant à améliorer la qualité de vie de son fils, il y a deux ans, Richard découvrait la Fondation des Lions du Canada qui offre des chiens-guides pour personnes épileptiques. Ces chiens-guides, formés à Oakville en Ontario, peuvent activer un dispositif d’alerte ou japper pour attirer l’attention en cas de crise. Par contre, cette option obligeait la famille de Benjamin à trouver une nouvelle famille à leur petite Bonny. Comme l’enfant n’a pas fait de crise depuis un an et demi, l’idée d’avoir un chien de la Fondation des Lions a été abandonnée. 

La science

En matière de comportement animal, quand on se colle à la science, tous les comportements des chiens deviennent explicables. Fini la magie. Les chiens n’ont rien de mystérieux, et encore moins de magique. Tout a une explication… ou presque ! Ils n’apprennent pas par imitation, ils ne sont pas jaloux, ils ne protègent pas leurs humains et ils ne peuvent pas imprégner un autre chien de leur bon tempérament. Toujours selon la science, le chien n’aurait pas de sixième sens pour ressentir les émotions des humains. Il détecterait simplement les micros mouvements faciaux. C’est pourquoi il ferait une association au fait que cette personne devient plus affectueuse, par exemple, quand elle est dans un état de tristesse. Mais il existe encore des exceptions, comme l’histoire de Bonny et Benjamin…