Cette photo de Gina a fait le tour des réseaux sociaux lors de sa disparition le 24 juin dernier.

La fugue de Gina enflamme les réseaux sociaux

CHRONIQUE / C'est en mai dernier qu'Alexandre Simard et Amélie Gervais adoptent leur tout premier chien. « Gina est une petite femelle de race carlin âgée d'un an. On l'a achetée parce que sa famille disait ne plus avoir de temps pour s'en occuper », raconte Amélie, qui étudie en techniques de santé animale.
Le 24 juin, soit un mois après avoir adopté Gina, un drame survient. Comme Amélie travaille toute la journée à l'hôpital vétérinaire, sa mère souhaite lui faire plaisir en allant sortir son chien. Chantale Tremblay se rend donc chez sa fille pour sortir Gina de sa cage et l'envoyer dehors en liberté pour faire ses besoins. Comme elle ne connaît pas très bien Chantale, la petite chienne panique et se sauve dans le quartier des Saguenéens à Chicoutimi.
Prise de remords, Chantale se met aussitôt à appeler la chienne qu'elle avait sous sa protection. «Je criais son nom, je courais, mais je la voyais qui continuait de s'enfuir», se remémore Chantale.
La petite bête venait d'entrer dans un état difficile à comprendre, mais assez fréquent chez le chien lorsqu'il perd ses repères. On voit souvent ce genre de réaction lorsqu'un chien entend du tonnerre, des feux d'artifice ou qu'il se blesse. Parfois, la peur ou le traumatisme vécu par le chien est incompréhensible pour l'humain. Mais comment expliquer cette évasion sans fin ? Est-ce un mode de survie ? Chose certaine, l'animal semble littéralement se déprogrammer. À ses yeux, tous les humains deviennent des monstres, y compris ceux qu'il connaît.
Malgré la faim et les nuits parfois froides, Gina passe ses journées à sillonner un territoire de plus de quatre kilomètres carrés. Tous les jours, Amélie, son chum Alexandre et sa mère Chantale cherchent en vain la chienne en fugue. Parfois, ils la voient, réussissent à l'approcher et, à quelques mètres d'eux, elle repart de plus belle. Quelle frustration ils ressentent ! Ils demandent à tous les passants qu'ils croisent d'ouvrir l'oeil. Plusieurs résidants des quartiers avoisinants marchent avec leurs chiens en souhaitant attirer Gina. « La factrice se promenait même avec des biscuits pour chiens dans les poches », souligne Chantale.
L'affiche du chien en fugue fait rapidement le tour des réseaux sociaux. « Chaque jour, on avait un ou plusieurs appels pour nous dire où elle était. Je passais partout où on m'avait dit l'avoir vue et je laissais des poignées de nourriture et des biscuits pour chiens », poursuit Amélie. On la voyait sur la rue des Roitelets, près du parc Rivière-du-Moulin et sur le boulevard Talbot à Chicoutimi, à proximité des centres d'achats. « Certains nous disaient l'avoir vu traverser des rues très passantes. Notre plus grande peur était qu'elle se fasse frapper par une voiture », précise Amélie.
Trappe
Quand un chien entre dans cet état, sa santé peut se détériorer jusqu'à y laisser sa vie. Il ne comprend pas que l'humain veut son bien. C'est pourquoi le seul outil devient la cage-trappe. Il fallait donc cesser de tenter de l'attraper et plutôt lui créer un point de ravitaillement sécuritaire où elle prendrait une habitude d'aller quotidiennement.
Le 9 juillet dernier, soit deux semaines plus tard, une femme annonce qu'elle voit régulièrement Gina sur son patio, mais qu'elle est incapable de l'attraper. Chantale installe donc une cage-trappe à cet endroit, avec de la nourriture à l'intérieur, et, en moins d'une heure, la petite bête est prise au piège !
Vétérinaire
Après une aussi longue cavale, une visite chez le vétérinaire s'impose. Dès le lendemain des retrouvailles, la petite fugueuse a reçu les soins nécessaires pour la soulager de sa diarrhée. Un vermifuge a aussi été nécessaire, sachant qu'elle avait dû se nourrir de toutes sortes de cochonneries, comme savent si bien le faire tous les chiens.
Gina était encore en très bon état de chair puisqu'elle avait, à la grande surprise de tous, perdu une seule livre. « J'imagine que la nourriture que je lui laissais un peu partout a aidé », réfléchit Amélie.
Après la fugue
Même si dès son retour, Gina est redevenue la petite chienne enjouée qu'elle était, après cette mésaventure, le couple a redoublé de prudence pour éviter de perdre à nouveau leur protégée.
« On l'attache pour l'envoyer faire ses besoins dehors. Par contre, quand on est avec elle, on recommence à la laisser en liberté sous haute surveillance. À part Alexandre ou moi, plus personne ne la sort de sa cage lorsqu'on est absent », conclut la jeune femme.