La complicité et la confiance s’installent doucement entre Marise Verreault et Molly.

La deuxième famille de Molly

CHRONIQUE / Le 25 novembre, la famille Pilote-Verreault de Chicoutimi-Nord recevait la visite d’une bénévole de la SPCA Saguenay, venue pour leur présenter une petite chienne croisée cocker.

Quelques jours auparavant, Marise Verreault, maman de trois enfants, dont deux ayant un trouble du spectre de l’autisme, appelait à la SPCA pour connaître la procédure d’adoption. « Je leur ai dit que je cherchais un chien adulte, pas un chiot, de grosseur moyenne », relate Marise.

La famille Pilote-Verreault est composée de deux parents, deux enfants adultes et un garçon de 5 ans. Ils ont aussi sept perruches, un furet et un chat. Pierre, 18 ans, a eu un chien Mira pendant 12 ans pour diminuer son anxiété. Le départ de sa fidèle chienne Emma, à l’été 2017, a laissé un grand vide. « Ma logistique familiale ne me permettait pas de partir chez Mira une semaine pour recevoir un autre chien », souligne Marise. Elle cherchait donc un chien qui allait avoir une grande capacité d’adaptation et aucun problème pouvant mener à des comportements d’agressivité.

Aussitôt, la SPCA lui a suggéré une petite candidate de 2 ans et une possibilité de visite à domicile.« Je n’en revenais pas qu’une bénévole de la SPCA se déplace en plein dimanche pour venir nous présenter un chien ayant le potentiel pour vivre avec nous », se remémore Marise.

La bénévole est restée plus de deux heures pour observer l’intégration de Molly et donner des trucs aux adoptants potentiels. « Comme c’est une petite chienne très craintive, nous l’avons laissée explorer notre environnement sans la forcer à venir à nous. Nous avons utilisé de la nourriture pour l’amadouer tranquillement », explique Marise.

La famille a reçu une description juste de l’animal. « On ne nous a pas dit qu’elle était parfaite. Nous avons su ses défauts et ses qualités. »

La bénévole est repartie avec l’animal pour laisser la famille réfléchir, en lui expliquant que la procédure d’adoption, s’il y a lieu, se ferait à la SPCA.

Le lendemain, la famille de Chicoutimi-Nord allait adopter la petite bête à la SPCA Saguenay, qui est située à Jonquière.

Refuge

Marise s’est longtemps questionnée avant de se tourner vers les refuges. « D’un extrême, on a ceux qui disent que les chiens de refuge sont tous déséquilibrés; d’un autre extrême, ceux qui racontent des contes de fées », mentionne-t-elle.

La dame remarque aussi que plusieurs adoptent dans les refuges pour se donner bonne conscience en disant qu’ils ont sauvé un chien. Il est vrai que Molly a quelques petits comportements à travailler pour améliorer sa confiance, mais elle a aussi de grandes qualités. Elle est propre, elle connaît plein de trucs, elle ne jappe pas pour rien et elle n’est pas destructrice.

Quand Molly est près de Pierre Pilote, la bête réconforte le jeune homme, qui voit alors son anxiété diminuer.

Molly

Molly avait été confiée à la SPCA, quelques jours auparavant, par une personne qui disait ne plus avoir le temps de s’en occuper. Voyant que l’animal de 2 ans ne supportait pas la vie en chenil, les employés, attentifs aux besoins de leurs pensionnaires, avaient aussitôt installé la petite bête dans une famille d’accueil. « On m’a dit qu’ils procédaient de cette façon quand ils n’arrivaient pas à voir les réels comportements des animaux trop stressés », précise Marise.

Molly démontre une grande capacité d’adaptation. Équilibrée et à l’écoute des humains, elle se montre très réceptive quand on utilise des méthodes positives.

Prix justifié

Selon Marise, le montant de 400$ demandé par la SPCA, pour l’adoption de Molly, est hautement justifié.

Comme la SPCA prône la stérilisation, on lui remettra 75$ quand Molly sera stérilisée. D’ailleurs, l’intervention est prévue d’ici quelques jours.

Les adoptants ont aussi reçu un sac de nourriture, une rencontre gratuite avec un éducateur canin, et les vétérinaires collaborent avec la SPCA en offrant un rabais sur la stérilisation.

Amour

« Selon moi, une personne qui confie son animal à un refuge pose un geste d’amour plus qu’un geste d’abandon. Les anciens propriétaires de Molly n’arrivaient peut-être plus à répondre ses besoins. Ils lui ont permis d’avoir une vie meilleure en choisissant de la confier à un endroit qui lui a donné une autre chance », conclut Marise.

L’ancienne famille de Molly peut être rassurée quant au destin de la chienne, qui rend maintenant cinq personnes heureuses!