Véronique Couture et Cédrik Kardi ont fourni leurs propres chiens pour l'épreuve de canicross.

La complicité est primordiale dans les sports canins

CHRONIQUE / Une enseignante en éducation physique de l'école secondaire de l'Odyssée Dominique-Racine a inclus des chiens dans l'épreuve finale d'endurance d'un de ses groupes de troisième secondaire.
N'ayant pas de chien, et peu de connaissance dans le domaine, Marie-Ève Bouchard a commencé ses démarches il y a quelques mois, alors qu'elle explorait les différentes possibilités pour intégrer des chiens dans une épreuve de course à pied. « Comme j'avais vu un reportage avec des jeunes qui faisaient du sport avec des chiens de refuge, j'avais le goût de me tourner vers ce genre d'endroit », poursuit la dynamique enseignante. L'idée était excellente, mais complexe à réaliser. 
Les élèves n'ayant jamais pratiqué la course avec un chien et les bêtes de refuge n'ayant pas d'expérience dans le domaine, l'activité ne pouvait pas être spontanée. Il aurait fallu entraîner les chiens, mais dans les refuges, on ne sait jamais combien de temps les bêtes resteront. Souvent, on ignore aussi leur tempérament dans différentes situations. Pour des raisons de sécurité, l'idée de se tourner vers des animaux de refuge comportait trop de risques ou trop de préparation.  
C'est alors que l'enseignante demanda l'aide de Josey Savard, une passionnée de canicross faisant partie du club Sports A-Traction Canins. Deux jours avant l'épreuve, madame Josey a rencontré le groupe de 18 élèves afin de leur parler de sa passion pour le canicross. Pendant une heure, elle leur a présenté le matériel nécessaire, les règles de sécurité et elle leur a fait une petite démonstration avec son chien afin que les élèves se préparent mentalement.
Madame Josey demanda ensuite à son amie Véronique Couture de fournir quelques-uns de ses huit chiens qui sont bien socialisés et éduqués pour accompagner les élèves dans leur course qui avait lieu le 10 mai dernier. Six membres du Club A-Traction acceptèrent aussi d'être présents lors de l'activité pour donner un coup de main dans la logistique. 
Le 10 mai, 16 élèves vivaient cette expérience. L'initiation au canicross était à base volontaire. Les élèves d'une quinzaine d'années devaient parcourir 2,4 kilomètres et ceux qui le voulaient terminaient le dernier 200 mètres avec un chien. 
Complicité
Dans cette expérience, les élèves ont compris combien la complicité avec l'animal est essentielle pour faire une bonne équipe de canicross. La confiance, qui demande un peu de travail, doit être solide entre le chien et le coureur. On ne peut pas prendre un chien performant, le donner à un inconnu et penser que ça fera instantanément une équipe solide. Les jeunes coureurs ont parfois eu de la misère à gérer le chien qui leur avait été attribué, car les bêtes étaient attirées davantage par leurs propriétaires. Pour développer un lien avec un animal, il faut vivre à proximité de lui, le nourrir, le flatter et apprendre à se connaître mutuellement. Tout le monde est sorti grandi de cette audacieuse expérience. « L'an prochain, j'aimerais en faire un projet à plus long terme pendant l'année scolaire », a confié madame Marie-Ève. 
Sports A-Traction Canins
Le Club Sports A-Traction Canins fait partie des trois clubs de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui pratiquent des sports canins. Ils sont 58 membres. « Notre club est très familial et on est vraiment une gang de crinqués », mentionne Josey Savard. D'ailleurs, la Fédération québécoise des sports canins attelés leur a dernièrement décerné une mention pour leur esprit familial. Quelques membres du club et leurs chiens suivent présentement un stage de perfectionnement en canicross et cani-vélo à Trois-Rivières auprès du vice-champion du monde, le Français Anthony Le Moigne.