Gloria Maltais est bien fière d’avoir soulagé Tia de ses souffrances en acceptant de lui faire faire une importante opération nécessitant un budget de 3500 $.

Elle s'endette pour guérir son chien

En lisant ces lignes, les parents de Gloria Maltais apprennent en même temps que tous les lecteurs du Progrès que leur fille vient de dépenser 3500 $ pour sauver sa petite chienne Tia.

En effet, après un an de réflexion, le 28 février dernier, Gloria laissait sa protégée aux bons soins de l’Hôpital vétérinaire Carcajou d’Alma pour un séjour de trois jours. 

« C’est un gros montant, mais mes parents savent à quel point j’aime Tia… Sauver les animaux, je pense que c’est de famille ! Ma mère, Lyne Collard, est aussi intense que moi. Elle fait stériliser des chats avant de les faire adopter », explique Gloria. 

Il faut dire que, depuis quelques mois, la santé de Tia dépérissait. « J’étais en train de perdre ma meilleure amie », remarque-t-elle. La chienne de quatre ans boitait beaucoup et ses genoux lâchaient. « Elle avait besoin d’aide pour monter et descendre les escaliers. En plus, elle tombait souvent. Elle était rendue au stade le plus avancé concernant la luxation de ses rotules », précise sa complice humaine. 

Selon les vétérinaires, les échecs sont rares pour ce type d’intervention. « J’ai aussi recueilli des témoignages sur la page Facebook de la Fourrière d’Alma et tout le monde me disait que leur chien était revenu à 110 % après l’opération. Par contre, ça peut prendre jusqu’à un an », poursuit Gloria. 

La plateforme de sociofinancement, GoFundme, lui a permis d’amasser 420 $. « J’ai économisé mon argent et j’ai fait un prêt pour le reste », mentionne-t-elle. 

Lors de cette opération, la petite chienne de dix livres s’est aussi fait retirer une hernie inguinale qui avait atteint la grosseur d’une clémentine. Pendant deux semaines, collier élisabéthain au cou pour éviter de toucher à ses plaies, Gloria devait désinfecter et faire faire des exercices à son animal. « Deux fois par jour, je lui mettais de la chaleur, je faisais bouger toutes les articulations de ses pattes et je finissais en mettant du froid. »

Tia, une petite chienne de quatre ans, souffrait de luxation des rotules et d’une hernie inguinale.

Histoire

Tia avait à peine six semaines quand elle fut abandonnée dans la cour de la Fourrière d’Alma en pleine nuit. C’était par un beau matin de printemps de 2014 que Jimmy Maltais avait trouvé la mignonne petite bête, possiblement croisée chihuahua. Elle avait passé la journée collée à son sauveur. Le soir venu, M. Maltais l’avait amené chez lui. Quand sa fille avait vu le chiot blotti sur son père, elle s’est littéralement sauvée avec elle. « Je suis partie quelques jours avec Tia parce que j’avais trop peur que mon père la mette en adoption », se remémore Gloria. À ce moment-là, la jeune fille de 18 ans vivait de dures épreuves. « Tia est arrivée à un moment sentimental de ma vie. Je venais d’apprendre que j’avais une maladie au cœur et que je pouvais mourir n’importe quand. J’ai été opérée deux fois pendant mes études en sciences humaines au cégep », raconte la jeune femme d’Alma. 

Luxation

Vers l’âge de six mois, Tia s’est mise à boiter de la patte gauche quand elle s’énervait. Sa propriétaire suspectait une mauvaise habitude, comme un tic. Deux ans plus tard, la patte droite semblait avoir le même problème. Après avoir consulté un vétérinaire, Gloria a appris que sa chienne souffrait d’une luxation de la rotule aux deux pattes arrière. À ce moment-là, comme il y a plusieurs grades à ce problème, la condition de Tia ne nécessitait pas d’opération. « C’est une malformation, possiblement génétique, un peu comme la dysplasie de la hanche chez certaines races de chiens », ajoute Gloria. 

Lien particulier

Tia et Gloria sont rapidement devenues inséparables. « Je l’amène avec moi partout. Tous les jours elle m’accompagne au travail et quand je peux, elle me suit chez mes amis ». Pendant les premiers mois, Gloria était un peu découragée par l’hyperactivité de son chiot. « J’étais sûre qu’elle allait être le genre de chien à toujours fuguer. Au contraire, elle est toujours collée à moi et elle ne se laisse pas déconcentrer par rien », remarque-t-elle. À 22 ans, cette grande amoureuse des animaux étudie à l’Université de Laval à distance en production animale. Ainsi, elle peut rester en région et poursuivre son travail quotidien, à la Fourrière d’Alma, dont son père en est propriétaire. Elle rêve un jour de prendre la relève !