On voit bien que Grizzly, une femelle Dogue de Bordeaux de sept mois, a une patte plus courte que l’autre.

Elle demande de l'aide pour soigner son chien

CHRONIQUE / Le 29 décembre dernier, Odrée Galarneau, de Laterrière, apprend que son chiot de sept mois doit être amputé de la patte avant droite. Les frais s’élèveront à près de 1200 $.

Étant mère monoparentale et venant tout juste de s’acheter une maison, Odrée n’avait pas prévu ce montant dans son budget. « C’est tellement dur pour mon orgueil ! Je suis indépendante, je suis capable de me débrouiller seule et je ne veux pas dépendre de personne, mais c’est impossible pour moi de payer cette somme », avoue la maman d’une fillette de sept ans. 

Après avoir jonglé avec les possibilités, entre l’euthanasie ou donner son chien, il lui restait l’option d’assumer la facture. « Je vais m’en vouloir toute ma vie de la donner ou de la faire tuer pour sauver 1000 $. Ce que les animaux nous donnent en retour n’a pas de prix », réfléchit la propriétaire de Grizzly. De plus, après l’opération, les vétérinaires ne prévoient aucune séquelle. Un chien peut très bien se débrouiller sur trois pattes. 

Malgré les préjugés et les commentaires haineux, le 2 janvier 2018, elle prend son courage à deux mains et se crée donc un compte sur Gofundme, une plateforme facile et sécuritaire pour créer une campagne de financement (https://www.gofundme.com/la-petite-patte-a-grizzly). « Je ne force personne. Les gens me donneront ce qu’ils veulent », remarque Odrée. Le 17 janvier, à sa grande surprise, elle atteint son objectif de 1000 $. 

« On vient d’atteindre l’objectif de 1000 $ en 15 jours ! Je tiens à vous dire MERCI ! Des fois, on se sent seule... Mais je peux vous garantir que depuis les deux dernières semaines, je ne me suis jamais sentie autant choyée d’être si bien entourée et surtout si bien supportée ! Je vous dis merci de m’aider à donner une chance à notre p’tit bébé... Oui, ça va être tough ! Mais en plus de devenir un modèle et une belle leçon de vie, elle surmontera tout ça comme une grande ! Je ne vous remercierai jamais assez. Bien que mon orgueil a mangé toute une claque, vous m’avez montré que tous ensemble, on peut y arriver », a écrit Odrée sur sa page Facebook.

L’opération de Grizzly est prévue à la fin février et se fera à Saguenay, à quelques pas de chez elle, car les prix étaient plus avantageux qu’à l’extérieur de la région. « Comme je ne suis pas très à l’aise avec les bobos, j’ai une amie qui va pouvoir m’aider pour les premiers jours après l’opération de mon chien », rassure Odrée. 

Nelly

Tout a commencé en octobre dernier, alors qu’Odrée perdait sa chienne de 12 ans qui devait être euthanasiée pour assouvir ses souffrances face à un cancer. « Nelly était une Bullmastiff croisée Rottweiler que j’avais rescapée alors qu’elle était maltraitée. Elle est toujours restée agressive envers les étrangers. Tout le monde me disait de m’en débarrasser, mais c’était le meilleur chien au monde », explique Odrée. Après le départ de Nelly sa maison est si vide et sa peine est si grande qu’elle se met à fouiller pour trouver un chiot.

Offre

Odrée voit une annonce de chiot croisé Bullmastiff et Dogue de Bordeaux à prix raisonnable, mais l’éleveur lui annonce qu’ils sont tous vendus. Il lui propose alors une petite femelle Dogue de Bordeaux pure race, âgée de quatre mois, et ayant une particularité. « J’ai toujours rêvé avoir un chien de cette race, mais ils sont habituellement hors de prix », ajoute l’amoureuse de molosses. « Elle a une boiterie qui se résorbera en grandissant. C’est parce que sa mère s’est couchée dessus quand elle était petite », justifie le vendeur. Il lui propose de laisser le chiot, d’une valeur de 1000 $, au quart du prix.

Prudence

L’histoire lui rappelle un mauvais souvenir. « Ma chienne Nelly s’était fait frapper par une auto quand elle avait trois ans et elle a toujours gardé une boiterie », se remémore-t-elle. Ne voulant surtout pas être obligée de revivre une expérience d’euthanasie avec un chiot, et pour éviter les ennuis, Odrée s’informe au vétérinaire qui a soigné le chiot en question afin de savoir s’il risque de développer des problèmes en vieillissant. « Un dépôt de calcaire s’est installé dans sa patte, mais ça devrait se résorber en vieillissant, et ça n’occasionnera aucun problème », stipule la vétérinaire. Odrée accepte donc de prendre sous son aile la petite chienne, qui a du mal à trouver une famille vu sa différence. Pour elle, c’est un signe du destin !

Problèmes

En décembre dernier, Odrée remarque que son chiot boite de plus en plus et semble avoir de la douleur. Après des radiographies, la jeune femme apprend que les plaques de croissance de sa chienne sont atteintes et que sa patte ne poussera plus. « Les cartilages sont aussi atteints, ce qui veut dire que les os se frottent ensemble, ce qui va causer beaucoup de douleur », relate Odrée. La seule option qui s’offre à elle est donc une amputation de la patte…