Pendant deux semaines, Renée-Claude Thivierge a eu ce cathéter au bras pour s’administrer des antibiotiques trois fois par jour.

Des vacances gâchées par une morsure de chat

Le 6 juillet dernier, Renée-Claude Thivierge profitait de sa première journée de vacances en attendant l’arrivée de sa toiletteuse à domicile, pour raser son beau Saphir.

« Elle était venue en janvier raser mon chat et tout avait bien été », se remémore Mme Thivierge, qui prévoyait faire raser son chat de neuf ans trois fois par année.

Quelques heures après s’être fait mordre à l’index, l’enflure et les rougeurs s’étendaient jusqu’à son poignet.

En voyant la toiletteuse arriver, le chat semble se souvenir de sa dernière expérience. Alors qu’elle le tient dans ses bras, ce dernier urine sur sa propriétaire. Pendant le toilettage, il est impatient, démontre des signes d’agressivité et tente de mordre. « Je voulais tout arrêter. Je savais que mon chat n’était plus bien du tout, mais je ne sais pas pourquoi, je ne l’ai pas écouté », explique la femme de Saguenay. Soudain, le félin sort de ses gonds, se met à crier et mord l’index de sa propriétaire. La dame crie tout autant de douleur. Le chat ne lâche pas sa proie allant jusqu’à secouer sa tête. « Il ne me mordait pas pour m’avertir, il m’attaquait carrément », poursuit-elle.

Une fois le doigt libéré de la gueule du chat, la douleur est atroce et le sang coule à flots. Le toilettage se termine ainsi et sans attendre, Mme Thivierge se rend à l’Hôpital de Jonquière. L’infirmière désinfecte la plaie avec de l’eau saline, elle met un onguent antibiotique et donne un vaccin contre le tétanos à la patiente. Après avoir mis un bandage autour de la plaie, elle renvoie la femme chez elle. À la maison, Mme Thivierge remarque que sa main enfle à vue d’œil et des rougeurs s’étendent. Au 811, on lui conseille de retourner à l’hôpital. « Habituellement, avec une morsure de chat, aucun patient n’est retourné chez lui sans avoir vu un médecin », remarque l’infirmière qui l’accueille à nouveau.

Saphir a sévèrement mordu sa propriétaire, Renée-Claude Thivierge, le 6 juillet dernier lors de son toilettage.

On lui administre des antibiotiques par intraveineuse, mais ils ne sont pas assez forts. La patiente doit avoir un onéreux antibiotique fabriqué sur demande dans un laboratoire de Chicoutimi. Pendant deux semaines, trois fois par jour, elle aura eu un cathéter au bras pour s’administrer elle-même sa dose d’antibiotique. « Je devais sortir le médicament du réfrigérateur deux heures avant, je devais désinfecter le cathéter avec de l’eau salée et administrer mon médicament par intraveineuse », mentionne la dame qui dit détester les piqûres. C’était ça, ou elle devait se rendre à l’hôpital trois fois par jour. Au bout du compte, la facture frôle les 2400 $ de médicaments.

En date du 9 août, Renée-Claude Thivierge n’arrivait pas à plier son index et l’enflure était toujours présente. À l’hôpital, on lui dit que ça peut prendre jusqu’à deux mois avant de retrouver l’usage complet de son doigt et qu’elle aura besoin de physiothérapie. Le 6 août, elle était déjà de retour au boulot, plus ou moins reposée de ses vacances.

Chat
Renée-Claude a adopté son chat en 2009, alors qu’il était chaton. Il n’est jamais allé dehors. Il a déjà démontré des signes d’impatience en présence d’étrangers, mais habituellement, c’est un chat très affectueux. Pendant plusieurs jours suivants l’incident, la dame a repoussé l’affection de Saphir en se remémorant la terrifiante scène. « Je recommence à lui faire confiance, mais je suis très prudente », précise-t-elle. Saphir s’était toujours fait raser sous anesthésie. « Comme il vieillit, je voulais lui éviter l’anesthésie, mais j’aurais plutôt dû l’habituer au toilettage quand il était petit », réfléchit Renée-Claude. Maintenant, c’est terminé. La dame n’a plus l’intention de faire raser son chat. « À bien y penser, ce n’est pas normal de faire raser un chat », conclut Renée-Claude Thivierge, qui adore les animaux.

Bactéries
« Chaque animal, y compris l’humain, a une flore bactérienne dans la bouche. Dans les morsures, l’infection est souvent causée par un mélange des bactéries de la bouche de l’animal et des bactéries qui se trouvent à la surface de la peau de la victime », explique Dre Hélène Hamilton, de l’Hôpital vétérinaire Carcajou d’Alma. La bactérie de l’espèce Pasteurella, faisant partie de la flore normale des chats, est habituellement impliquée dans les infections. « 15 à 50 % des morsures provoquent une infection », poursuit la vétérinaire. De plus, comme les morsures de chats sont en forme de points au lieu de lacérations, et qu’il y a seulement des petits trous, la désinfection est plus difficile.

En cas de morsure, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean recommande de nettoyer rapidement la zone et de désinfecter du mieux possible en lavant avec de l’eau et du savon pendant cinq à dix minutes. Il est bon aussi de mettre un agent désinfectant, comme l’alcool à friction, sur la plaie. Dès l’apparition de rougeurs et d’enflure, consultez un médecin.