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Mélissa Viau
Le Quotidien
Mélissa Viau
Mélanie Larouche, du Salon de Toilettage Meliah, met en garde les adoptants qui voudraient se tourner vers l’adoption de certains croisements dont la fourrure demande un entretien hors norme.
Mélanie Larouche, du Salon de Toilettage Meliah, met en garde les adoptants qui voudraient se tourner vers l’adoption de certains croisements dont la fourrure demande un entretien hors norme.

Des croisements de races qui corsent le toilettage

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CHRONIQUE / Quand vient le temps d’adopter un chien, il faut penser au temps et à l’argent qu’on devra investir pour l’entretien de sa fourrure.

Les croisements de caniche avec du golden retriever, du cocker et du berger australien, communément appelés goldendoodle, cockepoo et aussi doodle, ont souvent une surabondance de poil.

Toutes ces races, à l’état pur, demandent un entretien régulier, mais pas autant que les croisements qu’on en fait. Des reproducteurs omettent de mentionner l’entretien que nécessiteront ces chiots une fois adultes, et d’autres diront même qu’ils auront besoin de seulement deux toilettages par année.

Les croisés « doodle » sont très recherchés par les adoptants, mais ils donnent des maux de tête aux toiletteurs. Il faut dire que le mariage génétique, entre les races de chiens à sous-poil et à poils laineux, ne semble pas toujours faire bon ménage.

Après trois mois de retard sur son toilettage, ce goldendoodle était dans un état lamentable.

Évidemment, ces croisements n’ont pas systématiquement une fourrure extrêmement fournie. « On ne peut pas deviner le type de poil qu’ils auront une fois adulte. C’est vers l’âge de huit mois que le poil change. C’est donc un risque à prendre », souligne Mélanie Larouche, toiletteuse depuis 17 ans.

Plusieurs de ces croisements ont un pelage pratiquement impossible à entretenir à l’aide d’un simple brossage régulier, et demandent donc un rasage complet. Évidemment, si le client retarde sa visite chez le toiletteur, le prix sera fixé selon la charge de travail.

« J’ai un goldendoodle qui est client chez moi depuis sept ans. Il me visite toutes les six semaines. Pendant le confinement, sa propriétaire n’a pas pu le faire toiletter », poursuit Mélanie. Après trois mois de retard, même si sa famille avait tenté d’entretenir son animal, ce dernier était dans un état lamentable.

L’humain doit donc prévoir un budget d’une centaine de dollars, tous les deux mois, pour l’entretien de ce type de chien. « Ils sont bien mignons, tout échevelés, mais ça fait extrêmement mal les nœuds en dessous de cette tignasse qui tirent sur la peau et cause des bleus », réfléchit la toiletteuse. Au bout du compte, c’est donc le chien qui en souffre le plus.

« Quand le toilettage prend plusieurs heures, le chien devient tanné. » Certains chiens deviennent si impatients et intolérants qu’ils sont refusés dans des salons. « Même si le brossage se fait régulièrement, avec l’humidité, les problèmes de peau et la présence de parasites sont fréquents, constate Mélanie. J’ai aussi eu des chiens, au retour du confinement de juin, qui souffraient de problèmes physiques parce que leur fourrure les poussait à modifier leur position. »

En cas de problèmes de santé, c’est une facture chez le vétérinaire qu’il faudra assumer. « Je vois des croisés doodle qui ont carrément de la fourrure dans les oreilles, ce qui peut être à l’origine d’otites. »

Éducation

Les chiens n’ayant pas été initiés au toilettage, quand ils étaient chiots, risquent d’être moins tolérants face au toilettage. « Je refuse parfois des clients dont le chien a des comportements problématiques quand on le manipule », confie la propriétaire du Salon de Toilettage Meliah. Il est donc primordial de manipuler le chiot dès qu’il est tout petit et de l’initier aux différents accessoires qui serviront éventuellement à le toiletter. « Dès que tous les vaccins sont donnés, je conseille aux gens de venir me voir avec leur chiot. Les premières visites se feront par le jeu et avec des récompenses pour gagner sa confiance. »

Expérience

Mélanie Larouche a son salon de toilettage depuis une dizaine d’années à Chicoutimi-Nord, sur la rue Roussel. Elle prend régulièrement des formations pour se perfectionner. Elle a développé des techniques d’approche pour rendre le toilettage positif chez le chien. Par contre, elle ne prend plus de nouveaux clients de grandes races demandant un entretien hors norme. Elle est de bon conseil pour les gens qui songent à faire raser leur animal. « Ce n’est pas toutes les races de chiens qui se rasent. Chez le berger shetland par exemple, le sous-poil risque de ne pas repousser ou de mal repousser », conclut-elle.

Lucie Jean, toiletteuse depuis plus de 15 ans, encourage ses clients ayant des croisés caniches à ne pas dépasser six semaines entre les toilettages. Voici l’état de ce goldendoodle, quatre mois sans toilettage.