Stéphan Binette et Ela font partie des quatre duos maîtres-chiens qui parcourent le Québec pour arrêter les braconniers.

Des chiens formés pour freiner les braconniers

PICOTTE / Stéphan Binette est agent de protection de la faune. Depuis quatre ans, il est aussi maître-chien. Ses collègues font appel à lui quand ils ont besoin d'aide dans leurs recherches. La faculté olfactive d'Ela, une chienne berger allemand de cinq ans, contribue à trouver des indices pour démanteler les gestes posés par des braconniers.
Quand elle trouve un objet, Ela se couche avec l'objet entre les pattes et attend sa balle en guise de récompense.
Ela et l'agent de protection de la faune Stéphan Binette simulent une recherche dans un véhicule.
Basés dans la région de Chaudière-Appalaches, Stéphan et Ela viennent aussi en aide aux secteurs de Québec, l'Estrie, le Centre du Québec et le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Souvent sur la route, le maître-chien bénéficie d'un véhicule adapté pour son chien. « À l'intérieur, il y a une cage, de l'eau, un tapis et du rangement. On est toujours prêt à partir n'importe quand », explique M.Binette. 
Durant la saison 2016, Stéphan et Ela ont fait 80 recherches, dont 50% en automne, pendant la période de chasse. La chienne est si obéissante qu'elle peut même travailler en liberté. « Par contre, si l'endroit est trop dangereux ou qu'il risque d'y avoir des pièges de trappeurs, j'utilise une longe », poursuit le maître-chien.
Pour bien reconnaître le travail qu'il doit faire, le chien porte un harnais pour la recherche d'objets et un collier pour la détection d'odeurs. Quand il trouve une odeur, il s'assoit et attend sa récompense qui peut être sous forme de nourriture ou de jouet, dépendamment du tempérament de l'animal. Quand il trouve un objet, il se couche avec l'objet entre les pattes et attend encore une fois sa récompense. Dans le cas d'Ela, c'est la balle qui devient la récompense la plus motivante.
Évidemment, le maître-chien a un rôle très important à jouer puisque c'est lui qui reconnaît les signes de son chien. Ela maîtrise trois disciplines, soit la recherche d'objets, la détection d'odeurs et elle peut aussi pister les traces d'une personne. Évidemment, elle connaît tous les commandements de base à la perfection. 
Comment devient-on maître-chien ?
Il faut pratiquer le travail d'agent de protection de la faune pendant cinq ans avant d'avoir l'opportunité de devenir maître-chien. L'agent de protection de la faune doit par la suite passer des tests et des entrevues afin de déterminer s'il a les aptitudes pour manier convenablement un chien. Après 15 semaines de formation avec le chien qu'on lui a attitré, l'agent peut exercer ses fonctions. Évidemment, cette chance ne passe pas souvent puisqu'il y a seulement quatre postes de maître-chien dans tout le Québec. Toutes les dépenses reliées à l'animal, de la stérilisation en passant par les installations et la nutrition sont payées par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.
Comment est entraîné un chien de recherche ?
Ela provient d'une lignée de bergers allemands spécialement développée par la GRC. Ils sont génétiquement conçus pour être énergiques, motivés et très agiles. Lors de sa formation, le futur chien de recherche a un an et il ne connaît aucune discipline. Il ne doit avoir aucune crainte et aucun intérêt pour autre chose que le travail qui lui est présenté comme un jeu. Le maître-chien est la seule personne à lui donner des commandements. C'est un peu comme le chien Mira qui travaille pour une seule personne. Pour l'entraînement, le maître-chien fait des simulations de recherche. Le chien doit arriver à trouver des objets et des odeurs plusieurs heures après le passage des braconniers. La première année, Stéphan entraînait Ela quotidiennement. Quatre ans plus tard, l'entraînement est passé à trois fois par semaine. 
Comment vit le chien de travail ?
Ela vit chez Stéphan Binette, dans un enclos extérieur grillagé muni d'un plancher solide et d'une niche. Elle n'entre pas dans la maison et n'a pas de contact avec d'autres animaux. Quand il y a de la visite, Ela reste dans son enclos. Il faut comprendre que le chien de travail ne doit par avoir d'autre intérêt plus fort que les missions qu'on lui confie. En moyenne, le chien de recherche prend sa retraite autour de sept ans ou lorsqu'il devient moins performant. Il sera alors confié à une famille afin que l'agent de protection de la faune puisse former un nouveau partenaire canin.
Bien que le chien de travail semble avoir une vie différente de celle des chiens de compagnie, l'humain qui l'accompagne doit aussi faire quelques compromis. En effet, la vie de famille peut être complexe quand on est appelé à parcourir les quatre coins du Québec !