De refuge en refuge

CHRONIQUE / Dans le monde de l’automobile, quand on veut vendre un « bazou » à un client, on lui dit qu’il appartenait à une p’tite dame qui s’en servait une fois par semaine pour faire l’épicerie. Ça pardonne tout, même la rouille.

Dans le monde des chiens, quand on veut refiler un chien ayant des comportements dangereux à une p’tite dame, on lui dit que son ancienne famille le maltraitait. C’est comme la phrase magique qui pardonne tout, même les morsures.

Le parallèle n’est pas de comparer un chien à une voiture, mais plutôt de mettre en doute les tactiques utilisées pour faire une vente. On a beau jouer sur les mots en disant qu’on adopte un chien, et non qu’on l’achète, il y a quand même un montant, parfois astronomique, au bout du compte.

Même si derrière chaque chien adopté, il y a un but lucratif pour faire rouler un organisme, un éleveur ou une entreprise, il y a des endroits qui frôlent l’usine à chiens. Bien qu’on pointe souvent du doigt les éleveurs, il faut aussi se méfier des refuges ou plutôt des revendeurs de chiens.

Évidemment, quand certains refuges, conscientisés par le potentiel de risque, remarquent des problèmes d’agressivité ou de santé majeurs chez un chien, jamais ils ne prennent de chance de mettre des adoptants en danger. Ils opteront alors pour la solution définitive qu’est l’euthanasie. Mais il y a aussi une pression de la population qui souhaite garder tous les chiens en vie. Cette tendance est un couteau à deux tranchants puisqu’il existe des profiteurs de cette frénésie qui finiront par faire adopter des chiens malades et/ou dangereux en les maintenant longtemps dans un environnement inapproprié.

Après avoir fait adopter à quelques reprises, et sans succès, un chien ayant des comportements problématiques, les revendeurs d’animaux le transféreront – pour ne pas dire le vendront – à d’autres revendeurs d’animaux, dans d’autres régions du Québec, moyennant un montant. « Aujourd’hui, tout se vend. Contrairement à une dizaine d’années, même les chiens âgés de plus de 7 ans trouvent preneurs », nous confie un propriétaire de refuge. C’est une bonne nouvelle pour les chiens, mais l’abus est notable.

Comme tout est permis dans la vente d’animaux, c’est clair qu’on ne fera pas toujours mention du passé du chien. On peut aussi excuser ses mauvais comportements, modifier sa race et banaliser ses problèmes de santé aux familles potentielles qui n’ont pas toujours les moyens de soigner cet animal.

Les refuges ne sont pas obligés non plus de faire le transfert de micropuce ni de faire suivre le dossier médical au nouvel adoptant, prétextant que ces dossiers contiennent des informations confidentielles.

Avec les transferts de refuge, un chien problématique, voire agressif, devient donc très lucratif puisqu’il se fera adopter plusieurs fois, sans aucune possibilité de remboursement pour les adoptants. Quand un chien mord, ne demandez plus la race, demandez d’où il vient.

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UNE MARCHE POUR LES THÉRAPEUTES CANINS

On vous rappelle que c’est dimanche qu’aura lieu la marche symbolique des Pattes de l’espoir au profit de Société canadienne du cancer, au parc de la Rivière-du-Moulin de Chicoutimi, dès 10 h. Le montant d’inscription, pour participer aux activités, est de 35 $.

Il y aura même des courses amicales de sports attelés avec des chiens organisées par le groupe Sports À-Traction Canins, en plus de jeux gonflables, de hot-dogs et d’une tonne de surprises. Évidemment, assurez-vous que votre animal est à l’aise et sécuritaire dans ce genre d’événement.

La porte-parole, Sabrina Lalancette, sera sur place avec ses chiens de race whippet, Ratchet et Troy. Sabrina est technicienne en santé animale, elle a un baccalauréat en psychologie et une attestation d’études collégiales en zoothérapie. Elle a pratiqué son travail de technicienne pendant huit ans en clinique vétérinaire. En 2013, elle démarrait son salon de toilettage L’Instinct de Fleur à Jonquière. Elle enseigne en zoothérapie et collabore à différents projets impliquant la zoothérapie. 

Les animaux sont d’excellents alliés lors d’épreuves plus difficiles. Ils sont apaisants, réconfortants et toujours présents. Sabrina en sait quelque chose, puisque Ratchet et Troy ont toujours été à ses côtés, de son diagnostic de cancer jusqu’à sa rémission, entre 2016 et 2017.