Technicienne en santé animale depuis dix ans, Camille Boilard offre maintenant des consultations en comportement canin à l’Hôpital vétérinaire du Boisé.

Consultation sur le comportement canin

CHRONIQUE / Depuis la mi-janvier, un nouveau poste a vu le jour à l’Hôpital vétérinaire du Boisé de Chicoutimi. Trois jours par semaine, Camille Boilard est mandatée pour aider les clients à mieux gérer les comportements de leurs chiens.

« Ça faisait longtemps que les clients nous demandaient des conseils à ce sujet », remarque Mme Boilard.

En plus d’être technicienne en santé animale depuis une dizaine d’années, la responsable de ce nouveau service a suivi une formation en ligne de six mois avec l’Institut de formation en comportement animal l’AZCA. Utilisant une approche positive, un des premiers conseils qu’elle donne aux gens, c’est de cesser de réprimander leur animal pour tout.

Les vétérinaires prescrivent souvent de la médication, par exemple, pour réduire l’anxiété chez les chiens. Comme l’environnement, le niveau d’énergie et l’éducation jouent un rôle face à cette problématique, l’équipe de l’Hôpital du Boisé croit qu’en ajoutant des conseils éducatifs, les clients seront mieux encadrés et obtiendront de meilleurs résultats. « Parfois, certaines questions reliées au comportement peuvent même se régler par téléphone. À ce moment, il n’y a pas de coût relié à la consultation », intervient la technicienne.

Pour une quarantaine de dollars, les clients auront droit à une consultation oscillant entre 30 et 60 minutes. Ce prix abordable vise à encourager les gens à consulter dès qu’ils n’arrivent pas à changer un comportement indésirable chez leur chien. « Chaque client repart avec un rapport de leur consultation, incluant des recommandations, un plan d’intervention et un suivi , poursuit la technicienne. On offre aussi un service de désensibilisation de cinq séances pour 50 $. Ça peut être pour la taille des griffes, la manipulation ou pour bien intégrer un chiot à la clinique vétérinaire. »

Les consultations se font à l’Hôpital vétérinaire du Boisé, dans les salles de consultation, avec le maître et le chien. L’horaire est fait pour ne pas nuire et engorger davantage les consultations vétérinaires.

Rendez-vous

Avant de prendre rendez-vous, le client doit préalablement remplir un questionnaire afin de bien guider l’intervenante. « Ça me donne une idée des problématiques et je peux me préparer en conséquence. Souvent, le mauvais comportement d’un chien découle de plusieurs autres facteurs, reliés à l’éducation ou encore à l’environnement », précise Mme Boilard. C’est pourquoi les familles doivent aussi avoir la volonté et le temps à consacrer pour amorcer ce changement, incluant des changements dans leurs propres agissements. « Le nouveau service est encore en ajustement. On y va cas par cas. En clinique vétérinaire, il faut toujours être ouvert au changement , mentionne Mme Boilard. Quand la problématique est hors de mes compétences, je suggère aux clients un comportementaliste de Québec. »

Changement

Passionnée par le comportement canin, la technicienne constate que les gens veulent de plus en plus s’investir dans l’éducation de leur chien. Sa plus grande mission est d’essayer d’amener les clients à réfléchir sans tomber dans le piège de l’anthropomorphisme qui embrouille la communication entre les humains et les chiens. « Pour mieux comprendre les chiens, il faut aussi cesser de véhiculer de fausses croyances, notamment reliées à la dominance et à la soumission. » Selon Mme Boilard, l’attitude du maître a une grande influence sur les réactions de son animal. « Mais il ne faut pas nier que le bagage génétique du chien va aussi avoir un impact sur ses comportements. »

Chiens dangereux

La sécurité faisant partie de ses priorités lors d’une consultation, si la technicienne en santé animale croit que le comportement d’un chien peut être dangereux pour sa famille, elle prendra les mesures nécessaires pour éviter un accident.

« Il faut d’abord faire prendre conscience aux gens du potentiel de morsure et leur apprendre à décoder le langage de leur animal », souligne-t-elle. Avant d’offrir l’euthanasie, qui est la seule façon de garantir à 100 % qu’un animal ne mordra plus jamais, Mme Boilard proposera d’autres alternatives.

« On peut conseiller une meilleure gestion de l’environnement et éviter les situations qui déclenchent le mauvais comportement. » De plus, un vétérinaire de l’Hôpital du Boisé a reçu une formation de la faculté de médecine vétérinaire pour évaluer un chien jugé dangereux. « On est outillé pour faire ce genre d’évaluation, afin de monter le dossier convenablement. »

Évidemment, parmi les options, si une famille ne convient pas à un chien, la mise en adoption peut aussi être suggérée parmi les options. « On n’est pas là pour forcer et juger les clients. Ce n’est pas grave de trouver une nouvelle famille mieux adaptée pour son chien si c’est la solution la plus convenable », conclut Mme Boilard.