« Pour cheminer, l’humain doit constamment se remettre en question. Je vais essayer ça. » - Râto

Chat généreux, chien expressif

Il n’y a pas si longtemps, quand on voulait avoir l’air de connaître son animal, on avait le choix entre deux qualificatifs pour le décrire. Il était soit dominant ou soumis.

C’était de même autant pour la perruche que pour le cheval, en passant par le chat et le chien. Il suffisait de s’asseoir sur une chaise – ou de s’accoter sur une clôture –, brin d’herbe dans la bouche, et de l’observer bien calmement. Au bout de quelques minutes, le verdict pouvait tomber. L’animal était casé dominant ou soumis.

Depuis une dizaine d’années, les termes dominant et soumis ont été bannis du langage scientifique puisqu’ils étaient jugés trop vastes. Les professionnels n’ont plus le droit de dire ça, au risque de perdre toute leur crédibilité. Pourquoi ? Parce qu’en plus d’être très larges et remplies de préjugés, ces descriptions ne sont pas justes. Un animal dominant peut signifier à tort qu’il est agressif alors que d’autres peuvent penser qu’il fera un bon gardien. On pense aussi faussement que l’animal qu’on dit soumis est plus facile à élever.

Un animal soumis peut avoir une certaine attitude envers ses congénères dans une situation X, mais réagir autrement en présence, par exemple, de nourriture. Il peut être méfiant des humains, mais se montrer très brave devant un autre chien. Dépendamment de son état de santé physique ou mentale, il peut changer ses comportements. L’animal souffrant, qui a toujours été bonasse, peut soudainement sembler agressif pour se protéger.

Aujourd’hui, pour décrire un animal, on utilise des qualificatifs plus précis tels que sensible, expressif, curieux, grognon, timide, généreux, présent, doux, attentionné, énergique, indépendant, vif, réactif, etc. Est-ce vraiment plus clair ? Pas vraiment…

Quand on me dit qu’un chat est généreux ou qu’un chien est expressif, j’avoue que je me sens un peu perdue. Encore une fois, le qualificatif utilisé ne le suit pas partout, dans toutes les situations.

Considérant que la plupart des humains idéalisent leur animal, il est difficile de dire si cette nouvelle façon de décrire les animaux est plus précise et plus réaliste que les anciens célèbres termes. Un animal peut être parfait aux yeux de sa famille et être complètement insupportable aux yeux de la visite. Même deux éducateurs qui évaluent le même animal n’auront pas la même interprétation de ses comportements. Un chien peut aussi agir d’une façon et être différent le lendemain, selon le contexte et l’émotion.

Changements
Nous vivons beaucoup de changements en matière d’éducation animale. De l’alimentation à l’entraînement, il existe plusieurs lignées de pensée, et les débats sont nombreux – et souvent violents. Chose certaine, se remettre en question est primordial pour cheminer.

Par contre, il n’existera probablement jamais de lexique pour décrire nos animaux avec précision. La meilleure façon de créer des liens avec nos animaux et d’avoir une description juste de leurs comportements, c’est de prendre le temps de les observer, de s’adapter à leur tempérament et d’interagir avec eux.

Les mythes
Attention ! Voici quelques mythes, tous faux. Ils s’essoufflent doucement, mais certains perdurent dans le temps.

• Un chien avec le palais tacheté, ça signifie qu’il est pur.

• Le chat a sept ou neuf vies.

• Le chien avec une bosse sur la tête est intelligent.

• La salive des chiens accélère la guérison des blessures des humains.

• Un chien qui hurle annonce un mauvais présage.

• Les chiennes devraient avoir une portée avant d’être stérilisées.

• Un chat peut se coucher sur un bébé naissant et l’étouffer.

• Le chien qui a mordu va toujours mordre, car il a goûté au sang.

• L’animal soumis est plus facile à élever.

• Les bâtards vivent plus longtemps.

• Pour connaître le tempérament d’un chiot, quand il sera adulte, on le met sur le dos et on le tient au cou. S’il ne bouge pas, il sera soumis, et s’il se débat, il sera dominant.

• Pour calmer un chien dominant, il faut le jeter par terre, l’écraser et lui serrer à la gorge.