Râto, Grignotte et leur amie Rosie aiment bien les promenades en laisse, mais ils détestent rencontrer des chiens en liberté qui se précipitent sur eux. Ça les rend très nerveux.

Ces chiens qui sèment la terreur

CHRONIQUE / Ils courent après les cyclistes, jappent après les facteurs, terrorisent les gens qui passent devant leur entrée et veulent mordre les joggeurs. En plus, leurs jappements excessifs briment la quiétude du voisinage.

Sans compter qu’ils peuvent causer des accidents de voiture, faire tomber des cyclistes et rendre les autres chiens, qui passent en laisse, très nerveux.

Les chiens aux comportements inquiétants ne sont pas toujours en liberté. Ils sont aussi maintenus dans des environnements non adéquats. Et qu’arrivera-t-il le jour où leur chaîne brisera ? Le problème, c’est qu’ils ne trouvent pas de solution par eux-mêmes et les humains qui en ont soin pensent que le mauvais comportement disparaîtra par enchantement.

« Il est gentil. »

« Il n’est pas dangereux. »

« Il jappe plus fort qu’il en a l’air. »

« Arrêtez de marcher pour qu’il cesse de vous suivre. »

« Il veut juste vous sentir. »

Voici ce que répondent les propriétaires de chiens quand leur animal se précipite sur un passant. Et quand un incident survient, c’est toujours la première fois, « je ne comprends pas, il n’avait jamais fait ça auparavant ».

Devant les chiens problématiques du voisinage, certains s’empêcheront même de marcher avec leur propre chien parce qu’ils sont tannés de devoir gérer les cabots lousses. Pour remédier à la situation, il faut d’abord discuter avec le propriétaire de ses inquiétudes face à son chien problématique. Si rien ne change, vous devrez en aviser la ville, le MAPAQ ou le service animalier de votre secteur.

Situation déjà vécue

Une femme est accroupie dans son jardin. Un marcheur l’avise au loin que son chien n’est pas attaché et lui demande s’il va venir le rejoindre dans la rue. « Fort probablement qu’il va aller vous voir », répond la dame qui continue son ouvrage. « Pouvez-vous le retenir ? En passant, je repasse dans 30 minutes », dit la personne à la dame. À son retour, le chien est toujours libre et se précipite vers lui. Avoir été de l’autre côté de la rue, à la vitesse qu’une voiture roulait, le piéton aurait vraisemblablement été témoin d’un accident faisant une victime canine.

Bataille

La pire façon de créer une bataille de chiens, c’est d’avoir un chien en laisse et un chien en liberté. Le chien attaché se sent vulnérable parce que la fuite n’est pas possible. Comme il ne peut pas bouger à son aise, le chien démontrera des signes d’agressivité à l’animal qui s’en vient vers lui. Un combat de chiens risque d’éclater. L’humain, pris dans ce conflit, est donc en danger de se faire mordre. Si votre chien, attaché sur votre terrain, se met dans tous ses états quand il voit passer des gens dans la rue, la première solution serait de l’attacher ou le maintenir à un endroit où il ne voit pas la rue. Dans le cas contraire, vous risquez d’alimenter sa frustration.

La réflexion de Râto

« L’autre jour, je suis allé marcher dans un quartier plus calme. Je ne sais pas si les chiens dans les quartiers sont mieux élevés ou plus habitués de voir du monde passer, mais ça fait du bien de me promener dans un endroit où je n’ai pas peur qu’un gros chien frustré pète sa chaîne et vienne me secouer comme une vieille chaussette. On le voit dans ma démarche. Je suis plus sûr de moi ici. Un chien sur une galerie vient de japper. Deux coups. Suivi de son jouet qui fait kwik kwik ! Je lève la tête, les oreilles bien droites. C’est la première fois que j’ai envie d’aller jouer avec un chien étranger. Je ne sais pas si c’est son proprio qui lui a appris ça ou s’il a trouvé la solution par lui même, mais j’ai adoré ! J’ai le goût d’aller le voir, alors qu’habituellement j’ai juste envie de fondre dans l’asphalte quand j’entends des jappements. Ça veut dire que chaque fois qu’il voit passer quelqu’un, ce gros chien blond espère qu’on va aller jouer avec lui. Il a fait une association positive aux passants au lieu de vouloir manger tout le monde ! Je devrais remettre des médailles aux chiens qui se conduisent bien ! Par la bande, je récompenserais aussi l’humain d’avoir bien éduqué son chien. Oui, l’humain y est pour quelque chose dans l’éducation de son chien, mais il faut savoir qu’il existe aussi des chiens profondément gentils et des chiens profondément malicieux. »

- Râto