Adoption: minimiser les mauvais comportements d’un animal

Pour réussir à placer un animal problématique rapidement, les gens sont capables de minimiser la réalité en utilisant des mots plus rassurants.

Cette tactique vient en partie des usines à chiens « nouveau genre » qui recueillent des animaux abandonnés, ou d’élevage, qui roulent à pleine capacité et qui doivent vendre sous pression pour libérer les enclos.

Cette méthode d’adoucir les mauvais comportements d’une bête n’a souvent rien de malicieux. L’humain souhaite simplement écourter le séjour de l’animal en milieu stressant qu’est le chenil, afin d’éviter qu’il tombe malade ou que ses comportements empirent. 

Par exemple, au lieu de dire qu’un chien a déjà mordu jusqu’à percer la peau d’une personne, on dira qu’il a simplement déjà pincé pour avertir. On peut aussi mettre en garde les adoptants en disant que l’animal n’aime pas les petits animaux, au lieu de dire qu’il a déjà tué des chats et des marmottes. Pour ne pas faire peur aux gens avec un chien qui a mordu des enfants, on va dire qu’il n’aime pas les enfants, sans raison ou événement précis. Pour le chien qui détruit tout dans la maison quand il est seul, on dira qu’il a besoin d’une personne présente et de beaucoup d’amour. Possessif avec ses jouets et sa nourriture, on omettra de dire qu’il grogne quand il est sur le divan et s’approprie les choses que vous échappez par terre.

On dira aussi que le chien est énergique, au lieu de dire qu’il doit courir cinq kilomètres par jour pour être bien mentalement. Quand on mentionne qu’il est propre à 80 %, c’est sans doute pour éviter de dire qu’il fait du marquage sur les meubles. Le chien qu’on décrit comme étant un peu craintif a peut-être une anxiété généralisée qui nécessite une médication. On peut aussi transformer un problème en quelque chose de positif en affirmant qu’il est très protecteur. Au fond, le chien jappe et grogne par peur extrême face aux nouvelles situations et il a un potentiel élevé de morsure toujours mené par la peur. 

Imaginez combien il peut être dangereux de ne pas dire la vérité toute crue aux futurs adoptants. La sécurité des humains et des autres animaux est en danger. Sans compter le pauvre animal qui sera trimbalé de famille en famille. Évidemment, devant cette vérité, peu de gens se sentiront aptes à gérer ce type d’animal. 

Magie

Dans certains endroits où on recueille les animaux abandonnés, on laisse croire que lorsqu’un animal problématique entre dans ce lieu, la magie opère et il devient parfait ! Pour pardonner ses défauts, on suspectera faussement qu’il a été maltraité dans son passé, que les enfants lui faisaient mal et qu’un homme l’a déjà battu. On conclura toujours en disant que c’est quand même une super bonne bête et qu’elle mérite d’être entourée d’amour. Il est vrai que, parfois, en changeant un chat ou un chien de milieu, ses mauvais comportements s’estomperont. Il faut tout de même avoir un plan de réhabilitation, selon la problématique. Par contre, il est faux de dire qu’avec simplement beaucoup d’amour, un chien arrêtera de grogner quand on approchera de son bol ! Un manque de connaissance peut aussi empêcher de donner des explications précises face aux comportements d’un animal. C’est pourquoi de plus en plus de refuges sont dotés d’éducateurs canins qui évaluent les chiens pour mieux encadrer les futurs adoptants. 

Euthanasie 

Si un chien a de graves problèmes de comportement, certains refuges seront clairs et avoueront que l’animal risque l’euthanasie. Pour éviter cette solution drastique, ou se décharger de toute culpabilité, le propriétaire peut toujours se tourner vers les refuges qui ne font pas d’euthanasie. L’animal sera alors gardé en vie au détriment de la sécurité des humains et des autres animaux. Ayant beaucoup d’animaux à gérer, il est difficile pour ces entreprises, qui manquent de ressources, de mettre en place des plans de réhabilitation ou des outils pour les futurs adoptants. 

Mais d’où viennent ces problèmes de comportements ?

Dans bien des cas, l’animal aux comportements défaillants n’a pas été maltraité. Il a simplement été adopté trop tôt ! Selon les dernières études, le chaton devrait rester avec la fratrie trois mois alors que le chiot, c’est au minimum deux mois. Par manque de temps, d’espace ou de patience, encore aujourd’hui, des éleveurs négligent le sevrage.