Grâce à sa petite entreprise de gardiennage d’animaux, Océann Lajoie a adopté un autre cochon d’Inde nu, Chocolatine.
Grâce à sa petite entreprise de gardiennage d’animaux, Océann Lajoie a adopté un autre cochon d’Inde nu, Chocolatine.

Adopter et prendre soin des animaux

CHRONIQUE / Quand Océann Lajoie a accueilli son tout premier animal, elle ne se doutait pas que les imprévus pouvaient coûter aussi cher.

« Ça faisait juste deux mois que j’avais mon cochon d’Inde quand il a fait un blocage urinaire », explique la jeune fille de 11 ans.

Après avoir déboursé 1000 $ en soins chez le vétérinaire, pour tenter de sauver Bizou, le petit animal est décédé. La fillette a été des semaines à être triste. Comme son père n’était pas trop d’accord pour procéder à une opération aussi dispendieuse, elle avait promis à ses parents de payer la moitié de cette dette. Elle devait donc trouver une idée lucrative.

« C’est là que ma mère m’a proposé de garder des animaux chez moi, à Saint-Honoré », poursuit-elle.

Ainsi, Les gardiens des quatre pattes a vu le jour en décembre 2019. « J’ai environ une dizaine de clients. Tout dépend des demandes, mais en gros, je vais chez les gens pour m’occuper de leur animal pendant leur absence. Je reste avec l’animal de 20 minutes à plus d’une heure pour jouer avec lui, le cajoler et le nourrir. »

« On fait très attention aux règles d’hygiène, même si on était très prudentes avant la COVID-19, pour éviter de contaminer les animaux de nos clients ou nos propres animaux d’une quelconque maladie », rassure sa mère, Audrey Bilodeau.

Évidemment, Océann ne pourrait pas accomplir ce projet, un service qu’elle offre à l’année, sans le support de ses parents, notamment pour le transport. « Au début, mon frère de 13 ans, Isaak, m’aidait dans mes gardiennages à domicile, mais cet été, mon frère s’est trouvé un autre travail. Il tond des pelouses. Il va m’aider juste l’hiver. »

Alaska et Réglisse sont les lapins chéris d’Océann Lajoie. Ils vivent en liberté dans sa chambre.

L’été dernier, en allant à l’Expo agricole, la sauveuse d’animaux a vu un lapin dans une petite cage. Celle qui adore les lapins a supplié ses parents pour l’adopter. Comme elle n’avait pas l’argent nécessaire, elle s’est levée le lendemain matin à 5 h pour désherber le terrain afin d’être rémunérée. C’est ainsi qu’Alaska est arrivé dans sa vie. « Mais un lapin n’aime pas vivre seul, alors on lui a trouvé un ami. J’ai adopté Réglisse chez une dame de Québec qui prend bien soin des lapins qu’elle sauve. Elle les fait même stériliser. »

Il y a quelques mois, comme elle avait réussi à payer la dette de Bizou et que son entreprise lui permettait de faire quelques profits, Océann pouvait enfin adopter un autre cochon d’Inde nu, comme Bizou. Mais comme un cochon d’Inde n’aime pas la solitude, il a bien fallu lui trouver un autre de ses semblables pour lui tenir compagnie !

Dans sa chambre, la fillette de Saint-Honoré cohabite donc avec deux lapins en liberté et deux cochons d’Inde. Pour elle, s’occuper de ses animaux n’est que du bonheur ! Tous les jours, elle commence sa journée en préparant les assiettes de légumes à ses rongeurs et en leur donnant leurs vitamines. Elle dresse aussi la liste hebdomadaire de légumes à acheter à l’épicerie pour nourrir ses poilus.

Plus tard, Océann aimerait travailler dans un domaine connexe aux animaux, mais pas comme vétérinaire, car elle ne supporterait pas d’être incapable de sauver certains animaux.

De mère en fille

Il y a 13 ans, la mère d’Océann avait une fermette et rêvait de sauver tous les animaux en détresse. Dès sa première grossesse, les complications la forcèrent à faire des choix déchirants, dont celui de se séparer de ses nombreuses bêtes.

Fonder une famille étant leur projet prioritaire au cours des dernières années, Audrey Bilodeau et Daniel Lajoie ont mis au monde quatre enfants, qui sont maintenant âgés de 4 à 13 ans.

Enseignante à temps plein, la maman rêvait de revoir sa maison égayée par les animaux, mais elle ne pouvait pas se lancer seule. Maintenant, avec sa grande fille de 11 ans, les deux complices ont la même passion. « Cet hiver, nous avons sauvé deux cochons d’Inde qui ne vivaient pas dans un bon milieu. On les a soignés, on s’est occupé de leurs trois bébés et on leur a trouvé des familles », raconte le duo.

Quant au papa, il n’a jamais été le plus grand fan des animaux, mais il est toujours disponible pour fabriquer les installations nécessaires aux animaux de sa fille et de sa conjointe.

Bien qu’elle rêve d’avoir un lapin géant des Flandres, et qu’elle aime tous les animaux de la Terre, Océann fait preuve de sagesse quand on lui demande les animaux qu’elle souhaite avoir. « Je pense plus à ceux que j’ai qu’à ceux que je n’ai pas », conclut-elle.