Pour prévenir les abandons et outiller les propriétaires de poules du Québec, Martin Boisvert offre une conférence gratuite sur la garde de poules en hiver et une carte interactive pour dénicher des milieux d’accueil.
Pour prévenir les abandons et outiller les propriétaires de poules du Québec, Martin Boisvert offre une conférence gratuite sur la garde de poules en hiver et une carte interactive pour dénicher des milieux d’accueil.

À la rescousse des poules

Mélissa Viau
Mélissa Viau
Le Quotidien
CHRONIQUE / Depuis le début de la pandémie, l’engouement pour les poules fait craindre le pire pour un spécialiste en garde de poules. Pour prévenir les abandons et outiller les propriétaires de poules du Québec, Martin Boisvert a décidé d’agir.

En plus d’offrir une conférence gratuite d’une heure et demie sur la garde de poules en hiver, il a mis en ligne une carte interactive qui propose jusqu’à maintenant 210 milieux, pour une capacité d’accueil de 1600 poules, et ce, partout dans la province.

Le tout est accessible sur son site Internet, neo-terra.ca.

« Si les gens sont incapables d’offrir des conditions respectables pour les poules, pendant l’hiver, il est plus responsable de les donner », mentionne le fondateur de Néo-Terra.

Le répertoire de milieux d’accueil ne concerne que les poules pondeuses. « Elles doivent être données, et non vendues, pour ne pas en faire une activité commerciale, précise le spécialiste. Pour minimiser le transport des animaux, elles ne pourront être récupérées ultérieurement. »

Le conférencier guide aussi les gens qui accueillent de nouvelles poules dans leurs installations pour les intégrer, tout en respectant la hiérarchie.

Comme les échecs reliés à la méconnaissance conduisent souvent à l’abandon, Martin Boisvert souhaite outiller les gens pour les amener plutôt vers le succès et la persévérance. « Un des gros facteurs de l’abandon est aussi en lien avec de trop gros projets. Que ce soit le poulailler ou le jardin, il faut y aller à petits pas », rappelle-t-il.

Sur le site Internet de Néo-Terra, un onglet permet aussi de découvrir 300 outils et services qui se spécialisent dans l’équipement ou les soins pour les poules partout dans la province.

En début de pandémie, lorsqu’il a vu la page Facebook Néo-Terra, reconnue pour ses formations sur la garde de poules, passer de 1500 à 6000 abonnés, Martin Boisvert a compris l’ampleur du défi. Cet intérêt lui a permis de vendre beaucoup de formations en ligne, mais aussi de se questionner sur l’avenir de ces volailles.

Installations d’hiver

L’élément numéro un dans l’environnement hivernal d’une poule, c’est le taux d’humidité bas. Ce n’est pas juste une question de confort. L’humidité est propice au développement de maladies, de maux de pattes et de parasites. « Pour diminuer les sources d’humidité, on peut surélever le poulailler du sol, mettre les abreuvoirs à l’extérieur et installer un système de ventilation pour renouveler l’air, explique M. Boisvert. Côté ventilation, on peut y arriver avec un simple système de trappes en haut et en bas. »

Quand on a un milieu peu ou pas humide, on n’a pas besoin de chauffer. Les poules devraient être capables de sortir même pendant l’hiver.

Fin de vie

Après l’avoir longtemps évité, parce qu’il constatait un malaise, M. Boisvert aborde de plus en plus le sujet de la mort avec son auditoire. Il a lui-même quelques poules pondeuses, des lapins, des canards et des coqs à chair. Il expérimente l’abattage en utilisant des méthodes pour minimiser les souffrances. « Je suis plus assumé. Je saisis l’opportunité de démystifier ce tabou par rapport à la mort. Ce malaise face à l’inévitable est un non-sens. »

Dès qu’on fait entrer des animaux dans sa vie, la mort est inévitable. Que ce soit l’attaque d’un prédateur ou la maladie, nos animaux nous confrontent à la mort un jour ou l’autre. Et que fait-on de nos poules qui ne pondent plus ? Peu de gens vont les garder pour la vie.

« Je guide les gens pour offrir les meilleures conditions de vie et de mort à leurs animaux, avec la meilleure nourriture possible et en faisant le moins de gaspillage possible, poursuit le permaculteur. Selon lui, cette proximité avec les bêtes, qu’on élève et qu’on mange, amène une reconnaissance qui nous pousse à moins gaspiller. »

Parcours

Martin Boisvert habite à Saint-Isidor, au nord de la Beauce. Son projet, qu’il a baptisé Néo-Terra, est né d’un loisir pour la permaculture qui prend de plus en plus de place dans sa vie. Le père de trois jeunes enfants vise l’autosuffisance alimentaire, avec le moins de gaspillage possible. Ses propres expériences sont devenues de bons prétextes pour monter des conférences et aider la population du Québec dans ses démarches.