Picotte

Des mascottes canines au travail

CHRONIQUE / Quand on entre « Au Royaume du Coupon » de Jonquière, tout est calme et paisible. Si on porte attention, on peut finir par distinguer de discrets petits perroquets inséparables qui jacassent dans leur cage.

Il faut entrer dans le commerce et marcher jusqu’à l’arrière du comptoir de la réception pour finir par remarquer trois beaux chiens étendus de tout leur long sur le plancher. Tous les jours, les superbes chiens, de race border collie, accompagnent leur humaine adorée à son travail. Les chiens vont seulement vers les clients qui le souhaitent. Ils ne s’imposent pas pour éviter d’incommoder les gens qui ont peur. « Ils ne jappent jamais quand un client entre, à moins que ce soit pour avertir si quelqu’un entre par la porte d’en arrière, car ce n’est pas normal », précise Lucie Lamontagne, la propriétaire de l’entreprise Au Royaume du Coupon. C’est sa mère qui a ouvert ce commerce de tissu il y a 53 ans au 2735, boulevard du Royaume à Jonquière. 

Mme Lamontagne a aussi un élevage de border collie avec son conjoint, Rolland Tremblay. Lors du passage du Progrès, le 7 décembre dernier, Duffy, âgée de six ans, s’apprêtait à mettre au monde sa quatrième portée. « Elle ne pourra plus me suivre au commerce pour quelques semaines, car, elle sera en congé de maternité », souligne l’attentionnée propriétaire. Le 12 décembre dernier, elle mettait au monde six beaux chiots, dont deux femelles et quatre mâles, en pleine santé. « Même si son pelage est brun, Duffy donne que des chiots noir et blanc », précise l’éleveuse. Même avant leur naissance, cinq chiots étaient déjà réservés. 

Le père des chiots de Duffy s’appelle Dick. C’est un superbe mâle de 12 ans qui n’a d’yeux que pour sa famille. Il ferait tout pour leur plaire. Il va même mener les objets dans le bac de récupération, à l’autre bout du magasin. Évidemment, quand il revient de sa mission, accompagné de ses acolytes, Duffy et Roxy, le trio quémande des gâteries ! 

Élevage

Dans le petit élevage « Border Collie Saguenay », les trois chiens vivent dans la maison. Roxy, âgée de neuf ans, vient de prendre sa retraite, après trois belles portées. Éleveurs de border collie depuis plus de dix ans, Rolland Tremblay se soucie du bien-être de ses chiens. 

Cette race, active et intelligente, a besoin de travailler quotidiennement aussi bien mentalement que physiquement. « Ils courent avec moi six jours par semaine et portent un sac à dos avec une charge équivalent à 20% de leur poids, et ce, afin de tripler l’intensité de leur entraînement cardiovasculaire et musculaire », écrit M. Tremblay sur le site Internet de son élevage. 

« Cette race de chiens possède des qualités physiques et mentales extraordinaires, mais il faut être attentif et vigilant pour les développer à leurs capacités maximales. Ces chiens sont continuellement attentifs à leur maître, avec leurs yeux et leur esprit, afin de savoir ce qu’ils doivent faire. Ils sont toujours prêts à vous suivre où que vous alliez ou à demeurer à vos côtés dans les moments plus calmes. Ainsi, avec constance, rigueur et discipline, il est relativement facile de leur montrer à accomplir plusieurs tâches différentes », explique l’éleveur. 

Certains chiots issus de l’élevage Border Collie Saguenay font de l’agilité, gardent des vaches, un autre détecte les crises d’épilepsie et certains travaillent en zoothérapie. Pour en savoir plus, visitez leur site Internet : www.bordercolliesaguenay.com

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La magie entre un enfant et son chien

CHRONIQUE / Depuis un an et demi, Benjamin n’a fait aucune crise d’épilepsie. En fait, depuis un an et demi, c’est son chien Bonny qui a commencé à faire des crises d’épilepsie.

C’est Richard, le papa de Benjamin, qui s’est rendu compte, un soir, que Bonny semblait faire une crise d’épilepsie. Sa conjointe Julie n’arrivait pas à y croire jusqu’à ce qu’elle voit son chien avoir des spasmes et paralyser 30 secondes des pattes. « Après avoir fait une crise, Bonny est très fatiguée, puis, quelques heures plus tard, elle n’a plus aucun symptôme », remarque Julie. 

Même si Richard est très cartésien, il s’est surpris à penser que le chien avait peut-être pris la maladie de son fils. « C’est vraiment mon chum qui a fait le lien. On ne croit pas qu’il ait pu y avoir un transfert de la maladie de notre enfant vers le chien, mais ça nous fait du bien de croire en quelque chose de magique », réfléchit Julie. 

Cette magie apaise la réalité avec laquelle le couple de Saguenay doit constamment jongler. 

Vers l’âge de huit mois, alors que le petit garçon boit une bouteille de lait en pleine nuit, bercé par sa maman, son regard devient fixe. Un premier voyage en ambulance et un tour à l’hôpital confirment que leur fils vient d’entrer dans un état épileptique, provoquant une absence qui peut durer près d’une heure. Plusieurs autres absences et tours d’ambulance s’en sont suivis. Comble de malheur, à l’âge de deux ans, les parents de Benjamin apprennent que leur garçon a la paralysie cérébrale. 

Depuis ce temps, ils font tout en leur pouvoir pour le stimuler, saisissant les services et ressources qui leur sont offerts. Leur enfant ne progresse pas au même rythme que les autres. Âgé de quatre ans, il ne parle presque pas et il tombe souvent. 

Les attentionnés parents sont à l’affût de la science et des études pour mieux comprendre cet état qui affecte le développement de leur enfant. Entourés de spécialistes, ils s’accrochent à l’espoir. 

Bonny

Julie a acheté Bonny, une chienne cocker noire, il y a six ans, alors qu’elle venait de faire une fausse couche. Le petit chiot amenait un peu de réconfort dans cette triste épreuve. Deux ans plus tard, elle mettait au monde un beau gros bébé de dix livres et demi. Benjamin est arrivé au monde de façon catastrophique alors qu’il était en hypoglycémie. Quelques heures après sa naissance, il était en arrêt respiratoire. Pour ces raisons, son séjour à l’hôpital s’étira sur dix jours. Depuis le tout début, Bonny fait preuve d’une grande gentillesse envers ce précieux membre de sa famille. Encore aujourd’hui, malgré les maladresses de Benjamin, Bonny a une patience remarquable avec ce petit bonhomme plein d’affection pour elle. 

Fondation des Lions

Cherchant à améliorer la qualité de vie de son fils, il y a deux ans, Richard découvrait la Fondation des Lions du Canada qui offre des chiens-guides pour personnes épileptiques. Ces chiens-guides, formés à Oakville en Ontario, peuvent activer un dispositif d’alerte ou japper pour attirer l’attention en cas de crise. Par contre, cette option obligeait la famille de Benjamin à trouver une nouvelle famille à leur petite Bonny. Comme l’enfant n’a pas fait de crise depuis un an et demi, l’idée d’avoir un chien de la Fondation des Lions a été abandonnée. 

La science

En matière de comportement animal, quand on se colle à la science, tous les comportements des chiens deviennent explicables. Fini la magie. Les chiens n’ont rien de mystérieux, et encore moins de magique. Tout a une explication… ou presque ! Ils n’apprennent pas par imitation, ils ne sont pas jaloux, ils ne protègent pas leurs humains et ils ne peuvent pas imprégner un autre chien de leur bon tempérament. Toujours selon la science, le chien n’aurait pas de sixième sens pour ressentir les émotions des humains. Il détecterait simplement les micros mouvements faciaux. C’est pourquoi il ferait une association au fait que cette personne devient plus affectueuse, par exemple, quand elle est dans un état de tristesse. Mais il existe encore des exceptions, comme l’histoire de Bonny et Benjamin…

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Un enquêteur vit avec son chien de soutien 24 heures sur 24

Simon Guérard n’avait jamais eu de chien dans sa vie avant février 2017, alors qu’il se rendait chez Mira pour recevoir un compagnon qui allait lui permettre de relever de nouveaux défis dans sa carrière d’enquêteur à la Sûreté du Québec (SQ).

M. Guérard venait de passer au travers un processus d’embauche afin de devenir maître-chien de soutien à la SQ. Ils étaient près de 80 personnes à rêver de décrocher cet emploi. Pour être admissibles, les candidats ne devaient pas avoir d’autres chiens sous leur toit afin de ne pas nuire aux comportements du chien MIRA. Il s’est donc rendu chez MIRA pour qu’on lui attribue cet animal exceptionnel qui allait apaiser les victimes d’agressions de toutes sortes. « J’ai vécu un séjour d’une semaine chez MIRA, logé et nourri. J’étais là en même temps qu’un groupe de parents qui avaient des enfants autistes. Je n’oublierai jamais cette expérience », se remémore-t-il. 

À ce moment-là, l’enquêteur était reparti avec Woody, mais le chien ne s’avérait pas assez patient pour le travail qu’on lui demandait. « Nous avons des critères très serrés pour les chiens de soutien. Ils doivent être obéissants, mais aussi très patients et passifs. Quand j’interroge la victime, le chien doit se concentrer sur elle et ne pas avoir d’interaction avec moi pour ne pas nuire à l’entrevue », explique l’enquêteur. 

Woody étant un peu trop actif, c’est en mai 2017 qu’on lui attribuait Kevlar, un St-Pierre (labernois) qui ne se lasse pas des caresses. Il venait de terminer une formation pour devenir chien-guide, mais il avait trop peu d’énergie pour accomplir la tâche. Étant surqualifié pour devenir chien d’assistance pour une personne ayant un trouble du spectre de l’autisme, il était donc le candidat parfait pour devenir chien de soutien à la SQ. 

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L’histoire de Râto racontée aux enfants

CHRONIQUE / Du 23 novembre au 1er décembre dernier, Râto a visité près d’une vingtaine de classes et rencontré plus de 400 élèves dans les écoles Des Quatre-Vents et La Carrière, dans le secteur nord de Chicoutimi.

Évidemment, en voyant le mignon petit chien débarquer dans leur classe, tous les enfants rêvent de lui toucher. On leur explique donc que personne ne touchera à Râto. Non pas parce qu’il mord, mais par respect. Quelle surprise ils ont d’apprendre que les chiens n’aiment pas se faire flatter dans n’importe quel contexte ! En effet, les câlins offerts à un chien peuvent apaiser l’humain, mais faire l’effet contraire sur le chien. Certaines études démontrent que flatter un chien peut même devenir une source de tension menant à la morsure. Dans un contexte où l’animal n’est pas chez lui, et qu’il est entouré d’une vingtaine d’inconnus, les enfants comprennent rapidement que ça peut effectivement devenir très stressant de se faire toucher massivement. 

Quand on demande aux élèves pourquoi un chien bâille, même s’il ne s’endort pas, aucun n’arrive à interpréter ce signe qui signifie un malaise chez le chien. Pas surprenant, quand on leur demande de lever la main s’ils se sont déjà fait mordre, que plus de la moitié de la classe répond par l’affirmative… Il est donc de mise, dans ces rencontres, de donner des trucs pour bien communiquer avec les animaux et comprendre leur langage. 

Après le passage de Râto, certaines classes prennent des initiatives touchantes. C’est le cas de la classe de première année de Mme Suzie Morin, de l’école La Carrière, qui a fait des dessins inspirés de Râto !

Histoire

Abandonné en plein village, Râto a connu la faim, la soif et le froid. Il a survécu d’abord grâce à un monsieur qui nourrissait le petit vagabond tous les jours. C’est ensuite le refuge qui a pris la relève en faisant soigner et castrer leur pensionnaire. Délaissé pour ses mauvais comportements et ses différences physiques, personne ne reste insensible au passé de ce brave petit chien. Il a connu les dangers de la route, la cohabitation et les chicanes avec d’autres animaux errants. Malgré tout, il n’est pas devenu intolérant, réactif avec sa nourriture ou méchant avec les humains… Au contraire, il fait preuve de sagesse et évite la chicane !

Réflexions d’enfants

« Si personne n’avait abandonné Râto, tu n’aurais pas croisé son chemin et tu ne pourrais pas nous raconter son histoire. » — Norah, 11 ans

« L’histoire de Râto nous prouve qu’il ne faut pas juste se fier aux apparences et aux premières impressions. » — Rosalie, 10 ans

« À mon école aussi, il y a des amis qui ont des différences parce qu’ils ont des difficultés. Il faut quand même prendre le temps de connaître ces personnes. » — Clara, 6 ans 

« J’ai eu beaucoup d’animaux dans ma vie. Tellement que j’ai même déjà eu un lapin avant de venir au monde. » — Émilie, 7 ans

« Je le trouve tellement beau ton chien Râto que j’ai le goût de le voler. » — Emma, 5 ans

Pour en savoir plus sur les rencontres de Râto, contactez-nous par courriel ou sur la page Facebook de Mélissa Viau (www.facebook.com/melissa.viau). 

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Communiquer par télépathie avec un animal

CHRONIQUE / Intrigués par les comportements de leur animal, certains propriétaires iront jusqu’à consulter des gens qui dialoguent avec les animaux par le lien télépathique

Lynda Yelle est communicatrice animalière professionnelle depuis 2007. Après trois fins de semaine, elle avait suivi les trois niveaux de formation offerts au Québec par Caroline Leroux. Elle s’est ensuite perfectionnée aux États-Unis pour devenir enseignante. Elle gagne sa vie en traduisant le langage des animaux en langage humain, allant jusqu’à comprendre ce que l’animal vit, pense et ressent dans sa vie présente et passée.

« Bien que les consultations que je fais sont souvent pour des chats et des chiens, je travaille avec toutes sortes d’animaux, de l’écureuil dans le grenier d’une maison en passant par des chevaux », explique Lynda Yelle. 

Les gens qui l’appellent sont souvent en détresse et sans solution face à un problème en lien avec leur animal. « La plupart des personnes qui me contactent souhaitent comprendre un comportement de leur animal, retrouver un animal en fugue ou se faire rassurer face à un deuil insurmontable », poursuit la communicatrice animalière. Imaginez si on pouvait vous dire exactement où se trouve votre animal en fugue ! « En fait, ce n’est pas si simple. Certains communicateurs se spécialisent dans les animaux en fugue. Mais il faut savoir que les animaux ne sont pas toujours retrouvés grâce à la télépathie, et ce, pour diverses raisons. Parfois, l’animal a tout simplement quitté volontairement sa famille », ajoute Mme Lynda.

La plupart de ses interventions se font par téléphone et très rarement en personne. « Je demande aux gens de m’envoyer, par courriel, une photo de leur animal, son nom, son âge, son sexe et quelques questions simples, claires et précises », mentionne la dame de St-Jérôme. Quand elle entre en communication avec un animal, Mme Yelle ferme les yeux pour se concentrer, puis elle se présente à voix haute à l’animal en nommant la personne qui souhaite avoir des informations sur lui.

Bien que ce service semble tout droit sorti de la fiction, il existe depuis 1971 par sa Fondatrice Penelope Smith. Depuis ce temps, des milliers de communicateurs ont été formés et offrent leur service à la population, moyennant une cinquantaine de dollars. 

Formation

Quand elle donne des formations en communication animalière, Mme Lynda avise ses étudiants en disant que tout le monde peut apprendre à développer son intuition afin d’entrer en communication avec les animaux. Ça ne prend pas un don. « La seule chose que je leur demande, c’est d’ouvrir leur cœur », précise l’enseignante. 

Deuil

Lorsqu’une personne doit donner ou faire euthanasier un animal avec qui il vit depuis des années, la décision risque d’être troublante. Cherchant à avoir l’approbation de ce dernier, certains auront recours à un communicateur animalier. Son rôle sera de communiquer avec l’animal afin de dédramatiser la mort ou lui demander son accord pour aller dans une autre famille. Face à la mort d’un animal, Mme Yelle accompagne souvent ses clients dans ce douloureux processus de deuil, trop souvent banalisé par l’entourage de la personne endeuillée. « Je ne pose jamais de diagnostic. Je ne fais que transmettre l’information en précisant qu’elle n’est pas toujours juste », ajoute la communicatrice animalière. 

Vrai ou faux

Qu’on y croit ou non, il faut comprendre que ce service existe et fait partie des outils possibles pour traverser certaines épreuves. Il suffit d’ouvrir son esprit et d’accepter que ce soutien puisse faire du bien à certaines personnes. À travers ses communications animalières, Lynda Yelle se donne la mission d’aider les humains et les animaux à mieux cohabiter. De tempérament calme, c’est avec beaucoup d’empathie qu’elle écoute les gens se confier à elle et tente, du mieux qu’elle peut, de les aider et/ou de les réconforter.

« Et si vous avez tout simplement envie de savoir s’il est heureux, ce qu’il aime ou ce qu’il voudrait, vous serez étonné de tout ce que votre animal vous dira », peut-on lire sur le site Internet de Lynda Yelle (www.lyndayelle-animal.com).

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Adoption: minimiser les mauvais comportements d’un animal

Pour réussir à placer un animal problématique rapidement, les gens sont capables de minimiser la réalité en utilisant des mots plus rassurants.

Cette tactique vient en partie des usines à chiens « nouveau genre » qui recueillent des animaux abandonnés, ou d’élevage, qui roulent à pleine capacité et qui doivent vendre sous pression pour libérer les enclos.

Cette méthode d’adoucir les mauvais comportements d’une bête n’a souvent rien de malicieux. L’humain souhaite simplement écourter le séjour de l’animal en milieu stressant qu’est le chenil, afin d’éviter qu’il tombe malade ou que ses comportements empirent. 

Par exemple, au lieu de dire qu’un chien a déjà mordu jusqu’à percer la peau d’une personne, on dira qu’il a simplement déjà pincé pour avertir. On peut aussi mettre en garde les adoptants en disant que l’animal n’aime pas les petits animaux, au lieu de dire qu’il a déjà tué des chats et des marmottes. Pour ne pas faire peur aux gens avec un chien qui a mordu des enfants, on va dire qu’il n’aime pas les enfants, sans raison ou événement précis. Pour le chien qui détruit tout dans la maison quand il est seul, on dira qu’il a besoin d’une personne présente et de beaucoup d’amour. Possessif avec ses jouets et sa nourriture, on omettra de dire qu’il grogne quand il est sur le divan et s’approprie les choses que vous échappez par terre.

On dira aussi que le chien est énergique, au lieu de dire qu’il doit courir cinq kilomètres par jour pour être bien mentalement. Quand on mentionne qu’il est propre à 80 %, c’est sans doute pour éviter de dire qu’il fait du marquage sur les meubles. Le chien qu’on décrit comme étant un peu craintif a peut-être une anxiété généralisée qui nécessite une médication. On peut aussi transformer un problème en quelque chose de positif en affirmant qu’il est très protecteur. Au fond, le chien jappe et grogne par peur extrême face aux nouvelles situations et il a un potentiel élevé de morsure toujours mené par la peur. 

Imaginez combien il peut être dangereux de ne pas dire la vérité toute crue aux futurs adoptants. La sécurité des humains et des autres animaux est en danger. Sans compter le pauvre animal qui sera trimbalé de famille en famille. Évidemment, devant cette vérité, peu de gens se sentiront aptes à gérer ce type d’animal. 

Magie

Dans certains endroits où on recueille les animaux abandonnés, on laisse croire que lorsqu’un animal problématique entre dans ce lieu, la magie opère et il devient parfait ! Pour pardonner ses défauts, on suspectera faussement qu’il a été maltraité dans son passé, que les enfants lui faisaient mal et qu’un homme l’a déjà battu. On conclura toujours en disant que c’est quand même une super bonne bête et qu’elle mérite d’être entourée d’amour. Il est vrai que, parfois, en changeant un chat ou un chien de milieu, ses mauvais comportements s’estomperont. Il faut tout de même avoir un plan de réhabilitation, selon la problématique. Par contre, il est faux de dire qu’avec simplement beaucoup d’amour, un chien arrêtera de grogner quand on approchera de son bol ! Un manque de connaissance peut aussi empêcher de donner des explications précises face aux comportements d’un animal. C’est pourquoi de plus en plus de refuges sont dotés d’éducateurs canins qui évaluent les chiens pour mieux encadrer les futurs adoptants. 

Euthanasie 

Si un chien a de graves problèmes de comportement, certains refuges seront clairs et avoueront que l’animal risque l’euthanasie. Pour éviter cette solution drastique, ou se décharger de toute culpabilité, le propriétaire peut toujours se tourner vers les refuges qui ne font pas d’euthanasie. L’animal sera alors gardé en vie au détriment de la sécurité des humains et des autres animaux. Ayant beaucoup d’animaux à gérer, il est difficile pour ces entreprises, qui manquent de ressources, de mettre en place des plans de réhabilitation ou des outils pour les futurs adoptants. 

Mais d’où viennent ces problèmes de comportements ?

Dans bien des cas, l’animal aux comportements défaillants n’a pas été maltraité. Il a simplement été adopté trop tôt ! Selon les dernières études, le chaton devrait rester avec la fratrie trois mois alors que le chiot, c’est au minimum deux mois. Par manque de temps, d’espace ou de patience, encore aujourd’hui, des éleveurs négligent le sevrage.

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Toilettage mobile Mousse-Tache: la passion de Stéphanie

CHRONIQUE / Avec son service de toilettage mobile Mousse-Tache, Stéphanie Gagnon couvre tout le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Depuis son ouverture officielle, le 16 octobre dernier, elle a accueilli près de 110 clients dans son unité mobile, dont un gros chien Dogue de Bordeaux de 150 livres !

Son succès est déjà palpable. « Ça va très bien ! Je suis contente. J’aime tellement ça et les clients, autant les chiens que leurs humains, sont très contents », lance l’heureuse propriétaire de Toilettage Mobile Mousse-Tache. 

Que ce soit pour le toilettage d’un petit ou d’un gros chien, avec ou sans standard de tonte, pour un bain complet, la tonte d’un chat sans anesthésie ou la coupe de griffes, Stéphanie Gagnon peut répondre à toutes les demandes directement dans la cour du client. Son unité mobile a entièrement été pensée pour toiletter les chats et les chiens en toute confiance. « Ce service peut convenir aux animaux très anxieux qui n’aiment pas faire de l’auto pour se rendre au salon de toilettage. C’est aussi très efficace pour les personnes sans véhicule ou une famille ayant un horaire du temps trop chargé », poursuit Stéphanie, qui habite à Chicoutimi Nord.

Son projet entrepreneurial a commencé il y a près d’un an quand sa sœur lui lançait l’idée de démarrer un service de toilettage mobile après avoir vu ce concept lors d’un voyage à New York. Étant elle-même en affaires, avec trois centres de prématernelles, Julie Gagnon était en mesure d’aider sa sœur. Après avoir déniché son véhicule, un Dodge Sprinter 2006 déjà isolé, la jeune entrepreneure demanda l’aide de son père, Alain Gagnon, un camionneur à la retraite, pour le côté plus technique. « On a installé un chauffe-eau, une pompe, des réservoirs d’eau, un bain, de l’éclairage et il reste la ventilation à installer. On a aussi fait deux divisions pour séparer la partie conducteur et la partie des machines », ajoute Stéphanie. Toute sa famille l’a encouragée dans ce projet, y compris son beau-frère, Frédéric Turcotte Laforge, qui lui a fabriqué une table hydraulique.  

Après un investissement de 25 000 $, Stéphanie est fière de son entreprise et elle rêve déjà de mettre un deuxième mobile en service. Misant sur la sécurité et le bien-être de l’animal, l’environnement du mobile Mousse-Tache est rapide à nettoyer et à désinfecter après le passage de chaque bête. 

Expérience

Stéphanie travaille dans le monde animal depuis huit ans et elle est toiletteuse depuis six ans. « J’ai travaillé en clinique vétérinaire, en refuge, en animalerie et j’avais envie de me lancer dans ma propre entreprise », explique la femme d’affaires. Pour elle, travailler avec les animaux est une véritable passion. « Je n’ai pas l’impression de travailler quand je suis en présence d’animaux », précise-t-elle. 

Même l’hiver

Le véhicule de Toilettage Mobile Mousse-Tache sera adapté pour desservir la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean à l’année, même l’hiver. La propriétaire doit cependant apporter de petits changements, notamment au niveau du chauffage qui est présentement au propane. Elle fera prochainement installer un chauffage, comme dans les camions, qui fonctionne au diesel indépendant du moteur, mais qui s’alimente à même le réservoir de carburant du véhicule. Ce nouvel investissement de près de 2000 $ lui permettra de garder son véhicule constamment chauffé, jour et nuit, pour éviter que l’eau gèle. Elle souhaite aussi grossir ses réservoirs d’eau grise et d’eau propre. Son eau chaude est un système au propane hyper efficace. « De plus, la charge de mes batteries ne me permet pas d’utiliser mon séchoir pour plusieurs chiens. Je vais donc modifier ça pour pouvoir me brancher directement chez les clients », projette la propriétaire de Toilettage Mobile Mousse-Tache.  

Parcours

Quand elle était enfant, Stéphanie n’avait pas d’animaux, car ses parents étaient allergiques. Par contre, elle allait souvent à l’écurie près de chez elle et elle était fascinée par les chevaux. Dès qu’elle est partie en appartement, les bêtes sont entrées dans sa vie et elle ne verrait pas son quotidien sans ses chevaux, son chat et ses deux chiens.

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Les douze chiens de Sara Dufour

CHRONIQUE / Une semaine après le triste départ de Picotte, Râto recevait une grande mission : il devait aller à la rencontre d’humains sympathiques afin de recevoir leurs confidences en lien avec les animaux.

Sa première rencontre a eu lieu avec la chanteuse Sara Dufour, de passage au Valinouët pour le Yourte Fest, organisé par Imago Village. Bien blotti sur les cuisses de la talentueuse artiste native de Dolbeau-Mistassini, Râto le confident canin l’a sagement écoutée parler des 12 chiens de sa vie qui ont marqué la période des années 90.

À travers ses histoires, Sara nous rappelle ce que c’était d’avoir des animaux à cette époque. Enfant, la petite fille gênée et discrète adorait la compagnie de ses chats, de ses chiens, de ses lapins et de ses hamsters. 

« Mon premier chien s’appelait Princesse. C’était un gros chien blanc, bâtard. Elle a eu plusieurs portées de chiots et elle est morte de vieillesse à 14 ans », se remémore Sara. C’est certain qu’à ce moment-là, la stérilisation n’était pas une intervention très populaire et les chiens errants étaient nombreux. « D’ailleurs, je me souviens quand les médailles de la ville ont commencé à être obligatoires et qu’on devait payer pour enregistrer nos chiens », ajoute Sara. Rêvant de s’occuper des animaux en devenant vétérinaire, la fillette était toujours prête à sauver toutes les bêtes. « Je vais toujours me souvenir de ce beau berger allemand errant qui avait été battu dans la cour de mon école par des enfants. Je l’avais amené chez moi et appelé Shadow », poursuit Sara. 

Magie

Avec les animaux, il se passe parfois des choses magiques. « Un soir, j’ai vu une étoile filante passer dans le ciel et j’ai fait le vœu d’avoir un chien juste à moi. Le lendemain, un ami de ma mère m’offrait Zoulou, un beau labrador noir pure race », raconte-t-elle. Évidemment, avoir des animaux, c’est aussi vivre des deuils. Dans les années 90, on n’était pas aussi sensibilisé à la vaccination. C’est pourquoi Zoulou est décédé de la rage. Et comment oublier ce jour où elle a vu son beau chien Saké mourir noyé dans la rivière au Foin ? 

Vers l’âge de neuf ans, c’est le chien Ti-Poux qui gardait les secrets de Sara. « Il était à peu près de la grosseur de Râto. N’étant pas castré, il se battait parfois avec Mousse, notre gros chien montagne des Pyrénées qui n’était pas castré non plus. Un jour, Ti-Poux a “cruisé” Belle, la femelle de Mousse, et il s’est fait violemment attaquer. Ma mère a toutefois réussi à le guérir », se souvient Sara. Les aventures de Ti-Poux ne se sont pas arrêtées là ! Il a plus d’une fois été retrouvé au village après avoir suivi des voitures. « Je l’ai même déjà trouvé pris dans un collet à lièvre, mais il n’avait pas bougé pour ne pas s’étrangler. Finalement, vers l’âge de 12 ans, mes parents l’ont fait euthanasier, mais je n’ai jamais vraiment su pourquoi », raconte l’expressive chanteuse. 

Dans les années 90, l’euthanasie était souvent l’unique solution à certains problèmes. Le plus dur moment s’est produit quand l’adolescente a assisté à l’euthanasie d’un de ses chiens, parce que sa famille quittait la campagne pour déménager à Mistassini.

Au secondaire, en découvrant l’impro, Sara sort de sa coquille et son amour pour la scène devient vital ! Quand elle part vers Montréal en 2004, à l’âge de 19 ans, après un concours pour jouer dans les trois dernières saisons du téléroman jeunesse Watatatow, elle met une croix sur les animaux, étant donné son mode de vie. « Mais j’aime encore les animaux ! D’ailleurs, ma sœur vient de s’acheter un petit chien croisé caniche. Il est tellement beau. Je vais le voir demain », conclut Sara, toujours excitée de revenir dans sa région pour voir sa famille.

Jeunesse

Presque 16 ans d’histoires avec Picotte

CHRONIQUE / À la question « que feras-tu quand Picotte ne sera plus là ? », Mélissa Viau a toujours répondu qu’elle était confiante de croiser le chemin d’un autre animal aussi inspirant que sa petite jack russell terrier.

Avoir des animaux, c’est aussi vivre des face-à-face avec la mort et entamer des processus de deuil. Picotte a été le premier chien adopté par Mélissa au printemps 2002. C’est un des êtres vivants avec lequel elle a passé le plus de temps, soit près de 16 années de sa vie. On a beau dire que c’est juste des animaux, ils sont parfois les relations les plus durables qu’on rencontre.

Dire adieu à son chien, c’est un peu comme tourner la page sur un chapitre de sa vie. Picotte a inspiré une chronique dans Le Progrès, l’écriture du livre Les Animaux, le Bonheur et Moi et une chronique à KYK 95,7 Radio X. « C’est aussi de sa faute si j’ai eu envie d’en apprendre plus sur les animaux », réfléchit Mélissa. 

Picotte et Mélissa se sont continuellement adaptées une à l’autre. Du haut de ses 10 livres, la populaire petite jack russell terrier du journal Le Progrès a donné envie à bien des personnes d’avoir cette race de chien énergique, mais pas toujours facile à éduquer. Nombreux ont été les gens qui ont adopté, puis abandonné leur jack russell parce qu’il était trop actif.

Le 27 octobre dernier, Mélissa acceptait d’abréger les souffrances de Picotte, dont la santé s’était dégradée dans les dernières semaines.

Santé

Il y a un an, Picotte s’est mise à changer mentalement. Elle était plus difficile à gérer, notamment face à sa fixation sur la nourriture. Puis, physiquement, son corps s’est mis à vieillir. Elle ne jappait plus, ne nageait plus, ne jouait plus et n’entendait plus. Elle dormait la plupart du temps. Comme elle s’étouffait beaucoup avec sa nourriture et que tout ce qu’elle aimait faire c’était de manger, elle avait droit à de la nourriture maison, cuisinée juste pour elle. Elle ne pouvait plus se faire garder, car elle requérait trop d’encadrement, surtout au niveau de la propreté. N’étant plus capable de se retenir pour ses besoins, on ne pouvait pas quitter la maison plus de trois heures. Mais on se dit souvent, tant qu’ils mangent… 

Détachement

« Jamais je n’aurais pensé que Picotte subirait aussi lourdement les effets de la vieillesse. J’en oublie presque qu’elle a déjà couru, jappé et sauté. Si elle avait pesé 100 livres, c’est certain qu’il aurait fallu que je me sépare d’elle bien avant », confie Mélissa. Comme elle n’entendait plus, pour communiquer avec Picotte, on utilisait un seul et unique signe. « On faisant semblant d’avoir de la nourriture dans notre main pour l’attirer où on voulait », ajoute Mélissa. Elle avait oublié tous les autres trucs appris jadis. Un processus de détachement s’opérait depuis un an, puisqu’elle n’avait plus aucune interaction, ni avec les humains ni avec les autres animaux. 

Inoubliable

Picotte n’a pas été un chien facile. Bien qu’elle se soit adaptée à notre vie, on a aussi dû s’adapter à la sienne. Réactive avec les autres chiens, aventurière et téméraire, elle s’est plus d’une fois mise les pieds dans les plats. Faisant rapidement des associations, elle était capable de tout pour arriver à ses fins. « Elle a été mon meilleur prof canin. Jusqu’à la fin, elle m’aura appris à devenir meilleure et à toujours me remettre en question », poursuit Mélissa. 

Euthanasie

Quand on doit avoir recours à l’euthanasie pour mettre fin à la vie de son animal, on se pose inévitablement cette question : où est la limite entre l’euthanasie acceptable et l’inacceptable ? La réponse est simple… Elle est enfouie dans le cœur de la personne qui est responsable de son animal. Même si on se dit que tant que l’appétit va, tout va, Picotte n’a jamais perdu l’appétit.  

Après 

Puisque Mélissa s’occupait intensivement de Picotte depuis les dernières semaines, c’est certain que son départ cause un vide immense. « Tous les matins, je me levais à 6 h pour la sortir dehors pour ses besoins. J’y allais avec elle, car elle ne voyait plus bien les marches d’escalier quand il faisait noir », souligne Mélissa qui avait aussi mis une croix sur les voyages depuis plus d’un an et demi. 

Nouveau projet

Il y a près de deux ans, Mélissa croisait la route de Râto. Un nouveau chapitre débutait. Depuis ce temps, il lui a inspiré des conférences pour parler de l’abandon, de l’intimidation, du respect et de l’espoir. Avec Picotte, sans le vouloir, on a fait la promotion du jack russell terrier. Avec Râto, on fera la promotion des chiens abandonnés, toutes races confondues !

Picotte

L’Halloween et les animaux ne font pas bon ménage

CHRONIQUE / Les costumes d’Halloween ne font pas seulement peur aux enfants… Même les animaux peuvent mal réagir. Pour éviter les accidents ou les fugues, voici quelques petits conseils.

Stress

La sonnette de porte retentira souvent, le soir de l’Halloween. Ça peut devenir agaçant, et même stressant, pour les animaux de compagnie. Faisant de mauvaises associations entre la sonnette et les intrigants visiteurs, le chien qui n’avait jusqu’à ce jour jamais réagi à ce genre de situation risque alors de développer de mauvais comportements. Le chiot est encore plus vulnérable à ce type d’association négative. Un seul événement peut déclencher des comportements indésirables et des jappements qui seront par la suite difficiles à corriger. 

Bonbons

Après la collecte de bonbons, gardez vos trouvailles loin de la portée des chats et des chiens. Ne sous-estimez pas l’agilité et l’odorat de vos animaux qui peuvent dérober facilement vos trouvailles sur les tables, les comptoirs, les sacs qui traînent et les armoires mal fermées. En cas d’ingestion, il est mieux de consulter rapidement un vétérinaire pour éviter les empoissonnements et les blocages intestinaux.

Déguisement

Déguiser un animal est très drôle pour l’humain, mais pas toujours agréable pour l’animal. Surtout s’il doit porter des bottes ou endurer quelque chose d’inconfortable. Sa soirée sera longue si, en plus, on lui impose une balade dans le quartier. Évidemment, certains animaux, ayant l’habitude de porter des vêtements pour se garder au chaud, accepteront volontiers de porter un costume. Il faut juste s’assurer que l’animal a préalablement été désensibilisé.

Solution

Le soir de l’Halloween, pour éviter de vivre un scénario d’horreur, si vous n’êtes pas disposé à encadrer votre animal, mieux vaut l’installer dans sa cage ou dans une pièce. Laissez-lui de la musique ou la télévision pour atténuer les bruits environnants. Prenez soin de laisser de l’occupation sécuritaire à votre animal, tel que des jouets et des gâteries à mâchouiller.