Picotte

Toilettage mobile Mousse-Tache: la passion de Stéphanie

CHRONIQUE / Avec son service de toilettage mobile Mousse-Tache, Stéphanie Gagnon couvre tout le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Depuis son ouverture officielle, le 16 octobre dernier, elle a accueilli près de 110 clients dans son unité mobile, dont un gros chien Dogue de Bordeaux de 150 livres !

Son succès est déjà palpable. « Ça va très bien ! Je suis contente. J’aime tellement ça et les clients, autant les chiens que leurs humains, sont très contents », lance l’heureuse propriétaire de Toilettage Mobile Mousse-Tache. 

Que ce soit pour le toilettage d’un petit ou d’un gros chien, avec ou sans standard de tonte, pour un bain complet, la tonte d’un chat sans anesthésie ou la coupe de griffes, Stéphanie Gagnon peut répondre à toutes les demandes directement dans la cour du client. Son unité mobile a entièrement été pensée pour toiletter les chats et les chiens en toute confiance. « Ce service peut convenir aux animaux très anxieux qui n’aiment pas faire de l’auto pour se rendre au salon de toilettage. C’est aussi très efficace pour les personnes sans véhicule ou une famille ayant un horaire du temps trop chargé », poursuit Stéphanie, qui habite à Chicoutimi Nord.

Son projet entrepreneurial a commencé il y a près d’un an quand sa sœur lui lançait l’idée de démarrer un service de toilettage mobile après avoir vu ce concept lors d’un voyage à New York. Étant elle-même en affaires, avec trois centres de prématernelles, Julie Gagnon était en mesure d’aider sa sœur. Après avoir déniché son véhicule, un Dodge Sprinter 2006 déjà isolé, la jeune entrepreneure demanda l’aide de son père, Alain Gagnon, un camionneur à la retraite, pour le côté plus technique. « On a installé un chauffe-eau, une pompe, des réservoirs d’eau, un bain, de l’éclairage et il reste la ventilation à installer. On a aussi fait deux divisions pour séparer la partie conducteur et la partie des machines », ajoute Stéphanie. Toute sa famille l’a encouragée dans ce projet, y compris son beau-frère, Frédéric Turcotte Laforge, qui lui a fabriqué une table hydraulique.  

Après un investissement de 25 000 $, Stéphanie est fière de son entreprise et elle rêve déjà de mettre un deuxième mobile en service. Misant sur la sécurité et le bien-être de l’animal, l’environnement du mobile Mousse-Tache est rapide à nettoyer et à désinfecter après le passage de chaque bête. 

Expérience

Stéphanie travaille dans le monde animal depuis huit ans et elle est toiletteuse depuis six ans. « J’ai travaillé en clinique vétérinaire, en refuge, en animalerie et j’avais envie de me lancer dans ma propre entreprise », explique la femme d’affaires. Pour elle, travailler avec les animaux est une véritable passion. « Je n’ai pas l’impression de travailler quand je suis en présence d’animaux », précise-t-elle. 

Même l’hiver

Le véhicule de Toilettage Mobile Mousse-Tache sera adapté pour desservir la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean à l’année, même l’hiver. La propriétaire doit cependant apporter de petits changements, notamment au niveau du chauffage qui est présentement au propane. Elle fera prochainement installer un chauffage, comme dans les camions, qui fonctionne au diesel indépendant du moteur, mais qui s’alimente à même le réservoir de carburant du véhicule. Ce nouvel investissement de près de 2000 $ lui permettra de garder son véhicule constamment chauffé, jour et nuit, pour éviter que l’eau gèle. Elle souhaite aussi grossir ses réservoirs d’eau grise et d’eau propre. Son eau chaude est un système au propane hyper efficace. « De plus, la charge de mes batteries ne me permet pas d’utiliser mon séchoir pour plusieurs chiens. Je vais donc modifier ça pour pouvoir me brancher directement chez les clients », projette la propriétaire de Toilettage Mobile Mousse-Tache.  

Parcours

Quand elle était enfant, Stéphanie n’avait pas d’animaux, car ses parents étaient allergiques. Par contre, elle allait souvent à l’écurie près de chez elle et elle était fascinée par les chevaux. Dès qu’elle est partie en appartement, les bêtes sont entrées dans sa vie et elle ne verrait pas son quotidien sans ses chevaux, son chat et ses deux chiens.

Picotte

Les douze chiens de Sara Dufour

CHRONIQUE / Une semaine après le triste départ de Picotte, Râto recevait une grande mission : il devait aller à la rencontre d’humains sympathiques afin de recevoir leurs confidences en lien avec les animaux.

Sa première rencontre a eu lieu avec la chanteuse Sara Dufour, de passage au Valinouët pour le Yourte Fest, organisé par Imago Village. Bien blotti sur les cuisses de la talentueuse artiste native de Dolbeau-Mistassini, Râto le confident canin l’a sagement écoutée parler des 12 chiens de sa vie qui ont marqué la période des années 90.

À travers ses histoires, Sara nous rappelle ce que c’était d’avoir des animaux à cette époque. Enfant, la petite fille gênée et discrète adorait la compagnie de ses chats, de ses chiens, de ses lapins et de ses hamsters. 

« Mon premier chien s’appelait Princesse. C’était un gros chien blanc, bâtard. Elle a eu plusieurs portées de chiots et elle est morte de vieillesse à 14 ans », se remémore Sara. C’est certain qu’à ce moment-là, la stérilisation n’était pas une intervention très populaire et les chiens errants étaient nombreux. « D’ailleurs, je me souviens quand les médailles de la ville ont commencé à être obligatoires et qu’on devait payer pour enregistrer nos chiens », ajoute Sara. Rêvant de s’occuper des animaux en devenant vétérinaire, la fillette était toujours prête à sauver toutes les bêtes. « Je vais toujours me souvenir de ce beau berger allemand errant qui avait été battu dans la cour de mon école par des enfants. Je l’avais amené chez moi et appelé Shadow », poursuit Sara. 

Magie

Avec les animaux, il se passe parfois des choses magiques. « Un soir, j’ai vu une étoile filante passer dans le ciel et j’ai fait le vœu d’avoir un chien juste à moi. Le lendemain, un ami de ma mère m’offrait Zoulou, un beau labrador noir pure race », raconte-t-elle. Évidemment, avoir des animaux, c’est aussi vivre des deuils. Dans les années 90, on n’était pas aussi sensibilisé à la vaccination. C’est pourquoi Zoulou est décédé de la rage. Et comment oublier ce jour où elle a vu son beau chien Saké mourir noyé dans la rivière au Foin ? 

Vers l’âge de neuf ans, c’est le chien Ti-Poux qui gardait les secrets de Sara. « Il était à peu près de la grosseur de Râto. N’étant pas castré, il se battait parfois avec Mousse, notre gros chien montagne des Pyrénées qui n’était pas castré non plus. Un jour, Ti-Poux a “cruisé” Belle, la femelle de Mousse, et il s’est fait violemment attaquer. Ma mère a toutefois réussi à le guérir », se souvient Sara. Les aventures de Ti-Poux ne se sont pas arrêtées là ! Il a plus d’une fois été retrouvé au village après avoir suivi des voitures. « Je l’ai même déjà trouvé pris dans un collet à lièvre, mais il n’avait pas bougé pour ne pas s’étrangler. Finalement, vers l’âge de 12 ans, mes parents l’ont fait euthanasier, mais je n’ai jamais vraiment su pourquoi », raconte l’expressive chanteuse. 

Dans les années 90, l’euthanasie était souvent l’unique solution à certains problèmes. Le plus dur moment s’est produit quand l’adolescente a assisté à l’euthanasie d’un de ses chiens, parce que sa famille quittait la campagne pour déménager à Mistassini.

Au secondaire, en découvrant l’impro, Sara sort de sa coquille et son amour pour la scène devient vital ! Quand elle part vers Montréal en 2004, à l’âge de 19 ans, après un concours pour jouer dans les trois dernières saisons du téléroman jeunesse Watatatow, elle met une croix sur les animaux, étant donné son mode de vie. « Mais j’aime encore les animaux ! D’ailleurs, ma sœur vient de s’acheter un petit chien croisé caniche. Il est tellement beau. Je vais le voir demain », conclut Sara, toujours excitée de revenir dans sa région pour voir sa famille.

Jeunesse

Presque 16 ans d’histoires avec Picotte

CHRONIQUE / À la question « que feras-tu quand Picotte ne sera plus là ? », Mélissa Viau a toujours répondu qu’elle était confiante de croiser le chemin d’un autre animal aussi inspirant que sa petite jack russell terrier.

Avoir des animaux, c’est aussi vivre des face-à-face avec la mort et entamer des processus de deuil. Picotte a été le premier chien adopté par Mélissa au printemps 2002. C’est un des êtres vivants avec lequel elle a passé le plus de temps, soit près de 16 années de sa vie. On a beau dire que c’est juste des animaux, ils sont parfois les relations les plus durables qu’on rencontre.

Dire adieu à son chien, c’est un peu comme tourner la page sur un chapitre de sa vie. Picotte a inspiré une chronique dans Le Progrès, l’écriture du livre Les Animaux, le Bonheur et Moi et une chronique à KYK 95,7 Radio X. « C’est aussi de sa faute si j’ai eu envie d’en apprendre plus sur les animaux », réfléchit Mélissa. 

Picotte et Mélissa se sont continuellement adaptées une à l’autre. Du haut de ses 10 livres, la populaire petite jack russell terrier du journal Le Progrès a donné envie à bien des personnes d’avoir cette race de chien énergique, mais pas toujours facile à éduquer. Nombreux ont été les gens qui ont adopté, puis abandonné leur jack russell parce qu’il était trop actif.

Le 27 octobre dernier, Mélissa acceptait d’abréger les souffrances de Picotte, dont la santé s’était dégradée dans les dernières semaines.

Santé

Il y a un an, Picotte s’est mise à changer mentalement. Elle était plus difficile à gérer, notamment face à sa fixation sur la nourriture. Puis, physiquement, son corps s’est mis à vieillir. Elle ne jappait plus, ne nageait plus, ne jouait plus et n’entendait plus. Elle dormait la plupart du temps. Comme elle s’étouffait beaucoup avec sa nourriture et que tout ce qu’elle aimait faire c’était de manger, elle avait droit à de la nourriture maison, cuisinée juste pour elle. Elle ne pouvait plus se faire garder, car elle requérait trop d’encadrement, surtout au niveau de la propreté. N’étant plus capable de se retenir pour ses besoins, on ne pouvait pas quitter la maison plus de trois heures. Mais on se dit souvent, tant qu’ils mangent… 

Détachement

« Jamais je n’aurais pensé que Picotte subirait aussi lourdement les effets de la vieillesse. J’en oublie presque qu’elle a déjà couru, jappé et sauté. Si elle avait pesé 100 livres, c’est certain qu’il aurait fallu que je me sépare d’elle bien avant », confie Mélissa. Comme elle n’entendait plus, pour communiquer avec Picotte, on utilisait un seul et unique signe. « On faisant semblant d’avoir de la nourriture dans notre main pour l’attirer où on voulait », ajoute Mélissa. Elle avait oublié tous les autres trucs appris jadis. Un processus de détachement s’opérait depuis un an, puisqu’elle n’avait plus aucune interaction, ni avec les humains ni avec les autres animaux. 

Inoubliable

Picotte n’a pas été un chien facile. Bien qu’elle se soit adaptée à notre vie, on a aussi dû s’adapter à la sienne. Réactive avec les autres chiens, aventurière et téméraire, elle s’est plus d’une fois mise les pieds dans les plats. Faisant rapidement des associations, elle était capable de tout pour arriver à ses fins. « Elle a été mon meilleur prof canin. Jusqu’à la fin, elle m’aura appris à devenir meilleure et à toujours me remettre en question », poursuit Mélissa. 

Euthanasie

Quand on doit avoir recours à l’euthanasie pour mettre fin à la vie de son animal, on se pose inévitablement cette question : où est la limite entre l’euthanasie acceptable et l’inacceptable ? La réponse est simple… Elle est enfouie dans le cœur de la personne qui est responsable de son animal. Même si on se dit que tant que l’appétit va, tout va, Picotte n’a jamais perdu l’appétit.  

Après 

Puisque Mélissa s’occupait intensivement de Picotte depuis les dernières semaines, c’est certain que son départ cause un vide immense. « Tous les matins, je me levais à 6 h pour la sortir dehors pour ses besoins. J’y allais avec elle, car elle ne voyait plus bien les marches d’escalier quand il faisait noir », souligne Mélissa qui avait aussi mis une croix sur les voyages depuis plus d’un an et demi. 

Nouveau projet

Il y a près de deux ans, Mélissa croisait la route de Râto. Un nouveau chapitre débutait. Depuis ce temps, il lui a inspiré des conférences pour parler de l’abandon, de l’intimidation, du respect et de l’espoir. Avec Picotte, sans le vouloir, on a fait la promotion du jack russell terrier. Avec Râto, on fera la promotion des chiens abandonnés, toutes races confondues !

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L’Halloween et les animaux ne font pas bon ménage

CHRONIQUE / Les costumes d’Halloween ne font pas seulement peur aux enfants… Même les animaux peuvent mal réagir. Pour éviter les accidents ou les fugues, voici quelques petits conseils.

Stress

La sonnette de porte retentira souvent, le soir de l’Halloween. Ça peut devenir agaçant, et même stressant, pour les animaux de compagnie. Faisant de mauvaises associations entre la sonnette et les intrigants visiteurs, le chien qui n’avait jusqu’à ce jour jamais réagi à ce genre de situation risque alors de développer de mauvais comportements. Le chiot est encore plus vulnérable à ce type d’association négative. Un seul événement peut déclencher des comportements indésirables et des jappements qui seront par la suite difficiles à corriger. 

Bonbons

Après la collecte de bonbons, gardez vos trouvailles loin de la portée des chats et des chiens. Ne sous-estimez pas l’agilité et l’odorat de vos animaux qui peuvent dérober facilement vos trouvailles sur les tables, les comptoirs, les sacs qui traînent et les armoires mal fermées. En cas d’ingestion, il est mieux de consulter rapidement un vétérinaire pour éviter les empoissonnements et les blocages intestinaux.

Déguisement

Déguiser un animal est très drôle pour l’humain, mais pas toujours agréable pour l’animal. Surtout s’il doit porter des bottes ou endurer quelque chose d’inconfortable. Sa soirée sera longue si, en plus, on lui impose une balade dans le quartier. Évidemment, certains animaux, ayant l’habitude de porter des vêtements pour se garder au chaud, accepteront volontiers de porter un costume. Il faut juste s’assurer que l’animal a préalablement été désensibilisé.

Solution

Le soir de l’Halloween, pour éviter de vivre un scénario d’horreur, si vous n’êtes pas disposé à encadrer votre animal, mieux vaut l’installer dans sa cage ou dans une pièce. Laissez-lui de la musique ou la télévision pour atténuer les bruits environnants. Prenez soin de laisser de l’occupation sécuritaire à votre animal, tel que des jouets et des gâteries à mâchouiller.

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Chien au travail chez Turbo MS

CHRONIQUE / Jess Tremblay est un des deux propriétaires de Turbo MS Canada à Jonquière. Tous les jours, il amène son chien Chuck, un border collie de quatre ans, travailler avec lui. « Sur l’heure du midi, les employés aiment bien jouer avec Chuck », remarque Jess.

Depuis un an, Chuck s’est bien adapté au déménagement de l’entreprise qui a quitté Saint-Fulgence pour s’installer à Jonquière. Les clients sont toujours accueillis par le sympathique chien qui leur apporte volontiers ses jouets ou un bout de bois trouvé spontanément par terre. Bien qu’il ne soit jamais attaché, et qu’il ne quitte jamais l’entreprise, Chuck a déjà eu ses petits moments d’écart. « Il s’est déjà sauvé quand j’avais mon entreprise à Saint-Fulgence. Heureusement que des amis l’avaient reconnu», précise Jess. 

Avec un peu de discipline, le propriétaire de Chuck a réussi à créer des liens solides afin que son chien n’ait plus envie de s’éloigner. Patient et attentionné, Jess a même appris plusieurs trucs à son doué border collie.

Une dizaine de personnes travaillent chez Turbo MS, une entreprise qui se spécialise dans le reconditionnement de turbos de moteurs de toutes sortes.

Si votre chien vous suit au travail, faites-nous le savoir à picotte@lequotidien.com.

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Une vie embellie grâce à Charly

CHRONIQUE / Pierre Simard se sentait bien seul depuis quelque temps. L’homme à mobilité réduite souffrait en silence de solitude, mais aussi de douleur due à l’amputation d’une jambe. Il rêvait d’avoir un chien…

Il y a un mois, ses amis, Pierre-André Gagnon et Johanne Simard, qui vivent dans le même immeuble à logements que Pierre Simard, passaient à l’action afin de lui trouver ce chien qu’il attendait depuis plus de cinq ans. 

23 septembre 2017

Message : « Bonjour Mélissa ! Je cherche un petit chien pour tenir compagnie à mon ami Pierre Simard, qui est handicapé. Je cherche un chien gentil, bien élevé et doux. À donner, si possible, car mon ami n’a pas beaucoup de sous… Peux-tu me trouver ça avant sa fête en décembre ? » — Pierre-André Gagnon

Réponse : « Bonjour M. Gagnon ! Vous me demandez de faire un miracle ! Je n’ai pas de refuge… Encore moins de chiens à donner. Il est vrai que parfois je vois passer des chiens à donner, plus souvent à vendre, mais c’est plutôt rare que ce soient des chiens parfaits. L’abandon est très souvent relié à des problèmes de comportements. » — Mélissa 

Les chances étaient minces qu’on déniche un chien pour ce triste homme. 

Le 28 septembre, une annonce passe sous les yeux de l’équipe de Picotte. « Je cherche une nouvelle famille pour le petit yorkshire de mes parents qui sont maintenant en appartement et ne peuvent plus garder leur chien », peut-on lire sur Facebook. Julie avait tenté de le prendre chez elle, mais comme elle était trop souvent absente, le chien de huit ans pleurait continuellement. L’équipe de Picotte s’empresse de transmettre l’annonce à Pierre-André Gagnon et Johanne Simard. Le duo montre aussitôt la superbe photo du chien à donner à monsieur Simard, qui se met à pleurer de joie. La journée même, Mme Johanne et M. Pierre-André apprennent que le chien est déjà donné, mais ils n’ont pas le courage de l’annoncer à leur ami Pierre Simard. « Si ce chien est fait pour lui, il va se passer quelque chose », espère Mme Johanne.

Pendant plusieurs jours, M. Simard attend impatiemment celui qu’il appelle déjà « son chien ». Entre-temps, l’équipe de Picotte écrit à Julie pour lui demander de l’aviser si les nouveaux propriétaires se désistent. Le 1er octobre, Julie nous écrit pour dire que ça n’a pas fait. « La famille avait un autre chien et Charly est trop réactif envers les animaux… Peut-être parce qu’il voit moins bien le soir dû à un début de cataracte. Ça lui prendrait une famille sans animaux », souligne Julie. 

Pierre Simard est alors mis au courant et c’est Julie qui va reconduire son chien auprès de l’homme. « Elle m’a tout donné. Les jouets, les vêtements, les couvertures, le carnet de santé et même un peu de nourriture. En plus, c’est un chien parfait pour moi et propre, qui demande toujours la porte », remarque l’adoptant avec beaucoup de reconnaissance. Le coup de foudre est instantané entre Charly et M. Simard. 

Vie changée

« Depuis que j’ai Charly, j’ai moins de douleur. Pendant que je joue à la balle avec lui, je ne pense même plus à mon mal », confie l’homme dans la soixantaine. Ses amis l’ont même vu gagner en bonheur. « Il est tellement plus heureux ! Il bouge beaucoup plus. C’est exactement le chien qu’il lui fallait », constatent Johanne Simard et Pierre-André Gagnon. Le 21 décembre prochain, M. Pierre fêtera sa fête avec son précieux cadeau offert en avance. « C’est un petit chien attachant. On dirait qu’il comprend tout », ajoute Mme Johanne en regardant son ami parler avec Charly. « Il dort avec moi dans mon lit. Je l’amène avec moi partout, sauf chez le médecin. Dans ce temps-là, je demande à ma voisine Diane de le garder. Ça lui fait tellement plaisir. Charly aime tout le monde », explique l’homme de Jonquière. Même s’il a continuellement de la douleur, et que les visites chez le médecin sont fréquentes, M. Pierre est resté très débrouillard et autonome. Il entretient son appartement, il fait son épicerie et il a même réussi à garder son permis de conduire. Maintenant, il a aussi un petit chien à qui donner tout son amour.   

Abandon

Quand notre vie ne correspond plus aux besoins et au tempérament d’un animal, certains se sentiront coupables de lui choisir une autre famille, prétextant un abandon. Pourtant, il est possible, comme en témoigne l’histoire de Charly, de faire le bonheur d’une autre personne. Les défauts d’un chien peuvent être acceptés, voire même invisibles, dans différents contextes.

Les étoiles de Picotte

Le chien nous envoie des signes

CHRONIQUE / Tous les jours, des centaines de personnes se font mordre par des chiens. Si on savait mieux lire nos bêtes, ces accidents diminueraient considérablement.

Après avoir longuement étudié les comportements des chiens, Turid Rugaas, une éducatrice canin norvégienne, a mis au monde « les signaux d’apaisement ». Elle en dénombre une trentaine. Voici les plus fréquents : tourner le regard, tourner la tête, tourner le corps, sentir par terre, lever la patte avant, se secouer, se mouvoir lentement, s’immobiliser, faire un demi-cercle en approche, se lécher le nez, bâiller, se gratter, s’asseoir, se coucher, figer. 

Les chiens utilisent ces mouvements bien précis pour s’exprimer, s’apaiser, apaiser l’autre, régler un conflit ou communiquer un inconfort. Ils émettent ces signaux entre eux, mais aussi envers les humains. Ceux qui les reconnaissent peuvent réagir afin de prévenir les morsures, réconforter ou distraire son animal.

Sachez qu’il ne faut jamais punir un chien qui démontre ces signaux, car on amplifierait son malaise. En vieillissant, les signaux d’apaisement semblent s’embrouiller chez les chiens. De plus, les chiens ayant été sevrés trop tôt de leur mère ont parfois de la misère à exprimer ces signaux, ce qui fait que leur communication, avec leurs semblables et avec les humains, devient quelque peu erronée. 

Morsure

Parmi les signaux, certains annoncent un potentiel de morsure évident. Par exemple, quand le chien arrête de bouger et fixe son bol, son os ou son jouet, c’est parce qu’il sent une menace pouvant lui voler ses biens. On ne devrait pas provoquer l’animal, mais plutôt baisser la pression de menace en s’éloignant. Il y aura ensuite des trucs à appliquer pour diminuer cette peur. Pour le temps d’une photo, vous avez peut-être déjà demandé à votre sujet, enfant ou adulte, de coller un chien. Si le chien se lèche souvent le nez ou bâille pendant ce moment, c’est qu’il n’est peut-être pas à l’aise. Le chien peut en rester à ces signaux, sans jamais broncher plus. D’autres passeront éventuellement à la morsure, alors que certains utiliseront le grognement en deuxième étape. 

Bouger

Dépendamment du contexte, on peut aussi revenir à la base et se demander si notre animal ne fait pas simplement bouger. Un chien qui lève souvent la patte avant, pour écouter un son ou attendre une consigne, n’est pas nécessairement inquiet. Dans les endroits où les chiens de village sont nombreux, il est très intéressant de les observer. Ces chiens sont très relaxes et ne quémandent pas d’affection. Ils vont rarement vers les touristes, à moins que ces derniers aient de la nourriture. Si vous n’avez rien d’intéressant, ils détourneront le regard et iront se coucher un peu plus loin en vous ignorant. Ce regard fuyant, est-ce un signal d’apaisement annonçant un inconfort ou simplement un manque d’intérêt ? Quand on se gratte la tête en parlant à quelqu’un, ça ne veut pas toujours dire qu’on est embêté ou mal à l’aise. Certains signaux annoncent une morsure assurée alors que d’autres sont aussi insignifiants que si une nouvelle personne entre dans la même pièce que vous et que vous ne la regardez pas dans les yeux. Ça ne veut pas dire que vous êtes stressé, angoissé ou inconfortable. 

Surexploité

Quand on l’utilise à toutes les sauces, certains termes utilisés pour comprendre les comportements de nos animaux tendent à disparaître. En se collant à la science, il y a quelques années, on utilisait les termes soumis, dominé, dominant et agressif pour décrire nos chiens. Ces termes se sont étendus dans le langage équestre, félin et même aviaire. Aujourd’hui, on a banni ces termes en disant qu’ils étaient trop vastes pour définir avec précision le tempérament d’un animal. Le jeu du téléphone s’est aussi chargé de rendre ces qualificatifs complètement dépourvus de sens. Pour démontrer qu’il comprend bien son chien, l’humain analysera maintenant ses signaux d’apaisement. Qui sait, peut-être que d’ici cinq ans on devra remplacer les signaux d’apaisements par d’autres termes plus précis proposés par la science ! Les éducateurs canins auront alors le mandat de propager la bonne nouvelle, jusqu’à ce que le jeu du téléphone les use à nouveau !

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La Fourrière d’Alma permet l’adoption de 28 chiens en Ontario

CHRONIQUE / Le 23 septembre dernier, vers 5 h du matin, Jimmy Maltais et sa fille Gloria quittaient Alma pour rouler en direction de Whitby, en Ontario, avec les 28 chiens de leur refuge. Vingt-huit adoptants ontariens attendaient impatiemment l’arrivée de leurs compagnons.

« Nous avons installé les chiens dans des cages de transport, dans notre remorque pour chevaux. Vu qu’il faisait très chaud, les fenêtres ouvertes de la remorque ont permis de bien aérer les chiens qui étaient très confortables », explique Gloria. Après une dizaine d’heures de route, les Almatois arrivaient à bon port, tout près de Toronto, accueillis par une soixantaine d’Ontariens venus adopter leurs nouveaux chiens.

« Quand les chiens sont débarqués de la remorque, je m’attendais à ce que certains soient anxieux et ne réagissent pas bien. J’étais convaincue que quelques-uns allaient vouloir se sauver. Leurs réactions étaient tellement surprenantes. Ils étaient tous contents de voir leurs nouvelles familles. C’est vraiment bizarre comme sensation », remarque Gloria.

Certains adoptants attendaient leur chien depuis plus de six mois et l’avaient seulement vu en photo. « C’était tellement émouvant. J’en ai pleuré. Les Ontariens sont si sensibles », se remémore Gloria. Ça fait plus de 15 ans que M. Maltais procède de cette façon pour faire adopter ses chiens par le biais de l’organisme SOS Québec-Ontario Dog Rescue.

Comportements
La Fourrière d’Alma prend soin de donner toutes les informations concernant les bons et mauvais comportements des chiens mis en adoption. « La plupart du temps, tout va bien. Ce sont des familles qui ont beaucoup de ressources pour bien éduquer leur chien si ce dernier a des besoins particuliers.

C’est rare, mais c’est déjà arrivé qu’un chien soit obligé de retourner dans un foyer d’accueil chez un bénévole de SOS Québec-Ontario Dog Rescue, le temps de lui trouver une nouvelle famille », ajoute Gloria. Même si quelques chiens de la Fourrière d’Alma se font adopter au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le père et la fille sont très prudents. « On pose beaucoup de questions pour s’assurer que c’est du monde sérieux, parce que notre objectif, c’est que ces chiens ne fassent plus d’autres familles », explique la jeune femme de 22 ans.
Retour
Après la livraison des chiens, le duo est aussitôt reparti vers le Saguenay. Ils ont dormi moins de deux heures dans le camion et ensuite M. Maltais a conduit pour revenir au plus vite afin de laisser son refuge le moins longtemps possible. Avant, l’homme louait un local pour attribuer les chiens aux familles ontariennes, mais le propriétaire de la Fourrière d’Alma perdait beaucoup de temps et ne voulait pas laisser son refuge trop longtemps, même s’il peut compter sur un gardien.

« Maintenant, on se donne un point de rencontre et deux bénévoles de SOS Québec-Ontario Dog Rescue sont sur place pour nous faire la traduction de l’anglais vers le français », précise Gloria. Le dimanche matin, avant l’heure du dîner, ils étaient déjà de retour à Alma, soit un peu plus de 24 heures après leur départ. La Fourrière d’Alma, située au 1770, chemin du Moulin Nord à Alma, héberge présentement six chiens et le prochain voyage vers l’Ontario est prévu avant les grands froids.

L’organisme
L’organisme SOS Québec-Ontario Dog Rescue (www.sos-dog-rescue.org) est un regroupement de bénévoles qui s’assurent de trouver des familles convenables pour les chiens de la Fourrière d’Alma.

Ils ont un site Internet, mais pas d’emplacement physique. « Le 23 septembre dernier, un des plus beaux placements qu’on a fait est une chienne border collie que sa famille souhaitait faire euthanasier. Nous les avons convaincus que nous pouvions lui trouver une famille parfaite et c’est arrivé », conclut Gloria.

Des nouvelles de Maggie
Le 9 septembre dernier, dans cette page, on vous présentait le dévoué travail de la Fourrière d’Alma qui venait d’accueillir une petite chienne carlin aveugle. Le cœur aussi gros que celui de son père, Gloria a décidé de garder la petite chienne qui s’était déjà beaucoup trop attachée à elle. « Mon père lui avait trouvé une famille, mais je n’ai pas été capable de la voir partir. Je trouvais que s’adapter à une nouvelle famille était trop pour elle », conclut Gloria.

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Un camp de vacances pour chiens à Saint-Honoré

CHRONIQUE / Depuis le mois de juillet, le rêve de Véronique Boivin est exaucé. Elle vit à Saint-Honoré sur un terrain de 82 acres transformé en véritable camp de vacances pour animaux. Elle y offre un service de gardiennage, des cours d'agilité et des cours d'obéissance.
Il y a trois semaines, l'adjointe administrative quittait un emploi stable chez Rio Tinto pour une année sabbatique, afin de donner tout son temps à son entreprise.« Je veux voir si je peux en vivre », précise la propriétaire de Vie de chien Saguenay. Ce travail de bureau, qu'elle exerçait depuis 14 ans, cinq jours sur sept, lui apportait une stabilité et une sécurité financière, mais son rêve de travailler avec les animaux était encore plus fort. « Ici, dans mon entreprise, je ne compte pas mes heures. Je fais pas mal plus que 40 heures par semaine », lance la vaillante entrepreneuse en riant. Elle doit entretenir à elle seule un immense terrain, s'occuper de ses deux chevaux, de son chien et de ses pensionnaires canins.

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Les chiens de traîneau attendent la neige

CHRONIQUE / Caroline Morin et Benoit Rousseau Savary vivent depuis quatre ans entourés de chiens de traîneau. Leurs 14 bêtes vivent dans un chenil à 400 pieds de la maison. « L'été, les chiens sont en vacances, un peu comme les joueurs de hockey qui jouent au golf », lance Caroline.
C'est le moment pour eux de reprendre des forces. « L'hiver passé, après 4000 kilomètres, mon chien de tête, Tempête, boitait un peu », confie Benoit. Ce chien exceptionnel leur a d'ailleurs inspiré le nom de leur chenil. Tous les jours, au Chenil de la Tempête, les chiens ont accès à un parc et s'y amusent librement par petits groupes de trois ou quatre pendant une vingtaine de minutes. Le reste du temps, ils sont dans des enclos individuels. Nourris une fois par jour, ils sont calmes et disciplinés. « La seule chose qu'on leur demande c'est de ne pas faire de bruit et de ne pas sauter sur nous. On ne leur demande même pas d'être propres », ajoute Benoit. Quand ils ont la consigne de regagner leur enclos, tous les chiens s'y rendent avec joie.