Le Saguenay a été pas mal gâté en politiciens au cours des derniers jours.

Les chefs au pays des Bleuets

CHRONIQUE / Le Saguenay a été pas mal gâté en politiciens au cours des derniers jours. Non seulement les plus puissants leaders mondiaux ont foulé le sol de Bagotville il y a une semaine, voilà qu’on accueillait non pas un, ni deux chefs de parti jeudi et vendredi dernier, mais bien cinq. Je ne crois pas que le Saguenay avait déjà accueilli autant de chefs politiques en aussi peu de temps. Et on peut en penser ce qu’on en veut, la saucette de Donald Trump en sol saguenéen et la visite des chefs des cinq partis fédéraux au cours des deux derniers jours chez nous, c’est quand même palpitant. Du bonbon pour les journalistes.

Malheureusement pour moi, j’étais confinée à la mise en page du journal, ce qui fait en sorte que je n’ai pas pu suivre l’un des chefs en visite. Mais bon, il faut bien qu’il y ait des soldats qui restent garder le fort, corriger, titrer et mettre en page les textes de ceux qui sont assignés aux couvertures sur le terrain. Parenthèse close.

La venue des chefs de parti, donnant un dernier coup de pouce aux candidats d’élection, qu’elle soit provinciale ou fédérale, est toujours présentée comme un grand moment. Mais j’aimerais bien connaître l’impact réel que peut avoir ce genre de visites sur l’électorat.

Je vais être bien honnête avec vous, je ne sais même pas qui aura mon vote lundi prochain. C’est que ce sera jour d’élection partielle dans Chicoutimi-Le Fjord, au cas où vous ne seriez pas au courant. Et je ne pourrais pas trop vous en vouloir, puisque cette élection m’a semblé bien loin dans l’intérêt populaire et, en tant qu’électrice, je n’ai pas appris grand-chose sur les volontés de tout un chacun. Je me tiens pourtant informée. J’ai écouté les débats et les entrevues télévisés. J’ai lu les articles de journaux. J’en ai même signé quelques-uns.

Mais il semblerait que cette élection soit restée quelque peu en surface. Et bien que la visite des cinq chefs de parti, jeudi et vendredi, avait un petit quelque chose d’exceptionnel, elle ne m’a pas vraiment étonnée. Parce que les enjeux nationaux ont quelque peu éclipsé les questions régionales.

Alors oui, j’aimerais savoir si la venue des Mario Beaulieu, Jagmeet Singh, Andrew Scheer, Elizabeth May et du premier ministre Justin Trudeau pèsera dans la balance. J’imagine que cette visite permettra de faire gagner quelques points à certains candidats. D’autres ne verront sans doute pas une grande différence. Catherine Bouchard-Tremblay, qui s’est lancée en pleine tourmente au Bloc, bénéficiera-t-elle de la visite de son chef intérimaire, nommé dans la foulée de la démission de Martine Ouellet ? Ça serait tout de même un peu étonnant. Éric Dubois remontera-t-il dans les intentions de vote grâce à la visite de son charismatique chef Jagmeet Singh ? Je serais portée à croire que oui. Un peu.

Sans doute que Lina Boivin profitera elle aussi de l’appui du premier ministre Trudeau. Surtout que ce dernier a gagné quelques points dernièrement en se tenant debout devant les menaces et les insultes de Donald Trump. Même les autres chefs se sont rangés derrière lui.

Lynda Youde aura-t-elle plus de voix lundi parce que la chef du Parti vert lui aura rendu visite ? Pour cela, Elizabeth May, qui n’est pas la chef la plus connue, aurait dû s’atteler à la tâche bien avant.

Et Richard Martel, qui fracasse des scores dans les sondages, verra-t-il son vote se consolider grâce à son chef Andrew Scheer ? Il y a de ces candidats qui sont plus fort que leur chef, localement du moins. Martel a gagné des points parce qu’il était déjà un acteur connu dans sa communauté. Il est sans doute plus populaire que son parti.

Je me suis fait un devoir d’écouter et de lire ce que chacun d’entre eux avait à proposer. Et bien que mon idée ne soit pas encore faite, à 48 heures du scrutin, je me ferai tout de même un devoir d’aller aux urnes lundi. Sinon, je n’aurai pas le droit de chialer après.