Le travail invisible

CHRONIQUE / Depuis dix ans, je fais partie du comité de la condition des femmes et du partenariat en Église. Quand je suis arrivée dans ce groupe de femmes, je ne comprenais pas vraiment ce qu’elles faisaient.

Je suis née à la fin des années soixante-dix. Mes parents nous ont élevés égaux, mon frère et moi. Je n’ai jamais senti que je n’avais pas ma place parce que j’étais une fille. Je ne comprenais pas trop leurs combats. Je roulais parfois des yeux parce que je ne me sentais pas concernée. Au fil du temps, en les côtoyant, en prenant le temps d’entendre la raison d’être de leurs combats, j’ai compris que c’était à cause d’ELLES que j’ai eu la chance d’être élevée de façon « égale » avec mon frère. C’est à cause d’ELLES que je me sens « égale » dans mon travail en Église. Et Dieu sait comment le travail de la femme en Église a souvent été fait dans l’ombre. Depuis les dix dernières années, je prends part au déjeuner du 8 mars pour célébrer la Journée internationale du droit des femmes. Grâce à ces déjeuners, je me suis ouverte sur l’inégalité entre les hommes et les femmes. J’ai arrêté de me regarder le nombril et je me suis intéressée aux problématiques que vivent les femmes.

Comme plusieurs personnes de ma génération (X), je connaissais l’Aféas (l’Association féminine d’éducation et d’action sociale) de nom seulement. Je pensais que c’était des « madames » qui se regroupaient pour faire du métier à tisser. Misère que j’étais dans le champ. En apprenant à connaître cette association, j’ai compris que ces dames ont travaillé fort pour nous, les femmes des générations X et Y. Depuis sa mise sur pied en 1966, l’Aféas défend les intérêts des femmes auprès des gouvernements. Elle permet à des milliers de femmes de porter leurs voix à la défense de l’égalité entre les femmes et les hommes.

L’Aféas travaille depuis vingt ans à faire reconnaître l’importance du « travail invisible ». Voici comment elle décrit ce travail : c’est un travail d’amour et de devoir difficile à quantifier, à reconnaître, à rémunérer. Quand on aime, on ne compte ni ses heures ni ses pas. On donne de soi, on s’oublie, on rend service. Et ceux et celles qui reçoivent, tout en étant reconnaissants, trouvent que cette façon de faire est naturelle.

Génération sandwich

Un jour ou l’autre, nous serons tous et toutes touchés par le « travail invisible » que ça nous plaise ou non. Vous connaissez la génération sandwich ? Et bien ce sont ceux et celles qui ont eu leurs enfants sur le tard et qui, les voyant grandir et devenir autonomes, sont confrontés à prendre soin de leurs parents vieillissants. Cette génération sandwich se sent coincée entre prendre soin de ses enfants et voir aux besoins de leurs parents. Comment ne pas prendre soin de ceux qui nous ont élevés ? Comment ne pas se sentir coupable par le manque de temps accordé à chacun ? Comment concilier travail-enfants et grands-parents ? Ça peut devenir un vrai casse-tête pour la personne responsable de tout ce beau monde. Et hop, un nouvel onglet à ajouter à la charge mentale.

L’Aféas veut faire reconnaître le travail invisible. Une femme qui travaille à temps plein et qui s’occupe de ses enfants et de ses parents malades, ça lui fait deux emplois à temps plein. Ouf, ça peut devenir épuisant. Alors il est grand temps que ce travail soit reconnu.

Merci mesdames

Vous qui avez travaillé fort pour que les générations futures deviennent égalitaires, je vous salue bien bas. Merci d’avoir changé le modèle traditionnel d’élever les garçons. Merci d’avoir également appris à vos filles à ne pas se sentir obligées de tout faire, d’exiger de leur partenaire, un travail d’équipe. Grâce à vous, aujourd’hui, c’est normal pour les papas de changer les couches, de se lever pour les boires, de faire les courses, les repas, etc. Merci mesdames d’avoir inculqué le partage des tâches dans la maisonnée. J’ai une fille et deux garçons, tout le monde fait sa part et je vous dis que quand je demande quelque chose à ma fille, elle me fait savoir que ses frères doivent le faire aussi. Chez nous… c’est égal !

Invitation à un brunch

La Journée internationale du droit des femmes approche à grands pas. Depuis plusieurs années, à l’occasion de cette Journée, l’équipe de la Condition des Femmes et Partenariat du Diocèse de Chicoutimi, organise un brunch. Cette année, exceptionnellement, ça sera le 6 mars. Ce moment passé ensemble est une belle occasion pour nous toutes et tous de nous retrouver pour discuter sur un sujet donné et fraterniser. Cette année, le thème est : « Le travail invisible ». Nous souhaitons vivre ce brunch, avec tous ceux et celles qui ont à cœur la cause des femmes. Pour plus d’informations, contactez Mme Josée Lamarre au 418-543-0783, poste 235.

Claudia Dallaire

Équipe diocésaine de pastorale

Responsable de la condition des Femmes et du partenariat en Église