Le Parc national de la Gaspésie attire de nombreux adeptes de randonnée pédestre.

Le Québec, destination chérie pour les vacances

Où iront les Québécois cet été? Resteront-ils au Québec et, si oui, pour y faire quoi? Marcher dans un parc national, pêcher dans une pourvoirie, voyager dans le temps en visitant un lieu historique national? Nous avons épluché plusieurs sondages et analysé leurs habitudes passées pour trouver des réponses.

Dans quelques heures, ou quelques jours, des milliers de Québécois prendront la route des vacances pour un repos bien mérité. Où iront-ils? Oubliez l’Australie, le Portugal ou la France, la destination la plus populaire sera, encore une fois, la Belle Province.

C’est ce qui ressort d’une enquête menée par Tourisme Québec, qui révèle que 70 % des Québécois ont l’intention de faire au moins un voyage au Québec cet été. Pourquoi? D’abord et avant tout pour profiter de la beauté des paysages et des grands espaces. Logiquement, la Gaspésie, les Cantons-de-l’Est et Charlevoix figurent donc dans le top des destinations les plus populaires, juste derrière l’indétrônable ville de Québec.

Montréal accuse un recul, passant de la 3e à la 5e place dans les intentions des voyageurs, mais il faut dire que la métropole avait été particulièrement populaire l’an dernier, grâce aux festivités entourant le 375e anniversaire de sa fondation. Et puis, elle peut se consoler en étant de plus en plus estimée des touristes de la Nouvelle-Angleterre, qui sont d’ailleurs deux fois plus nombreux (40 %) à vouloir passer leurs vacances au Québec qu’en 2017. Les Américains sont attirés à la fois par la nature, la gastronomie et l’image favorable qu’ils ont des Québécois. Ils sont de plus en plus rares (17 % contre 27 % l’an dernier) à craindre des difficultés liées à l’usage du français. Et il s’agira, pour la majorité, d’un premier séjour chez nous.

Si les Québécois sont moins nombreux que les Canadiens en général à s’arrêter pour prendre des vacances (quelque 75 % contre 80 %, selon une enquête du Conference Board du Canada), ils n’hésiteront pas à faire des sacrifices pour se payer une jolie pause. Près des deux tiers préfèrent limiter leurs achats ou l’épargne le reste de l’année, plutôt que se passer de vacances. Un Québécois sur cinq voyagera à crédit.

«Les budgets plus importants sont aussi en hausse», note Anne Gauthier, porte-parole de CAA-Québec. De plus en plus de familles consacrent de 2000 $ à 5000 $ pour leurs seules vacances annuelles. «Les vacances, c’est sacré», dit Anne Gauthier.

Dans cette catégorie, il s’agit souvent de voyages à l’étranger : la France et l’Italie sont en tête, cela va presque de soi. Mais, «on a eu la surprise de voir le Danemark arriver au 3e rang, remarque Anne Gauthier. La Norvège, la Finlande, les pays nordiques ont vraiment la cote». L’arrivée de transporteurs au rabais comme Wow, qui relie Montréal et Reykjavik, n’y est sûrement pas étrangère, note-t-elle. Tout comme la multiplication des croisières en Scandinavie, remarque Nathalie Guay, directrice de l’association Ensemble, qui regroupe 850 agences de voyages.

Selon l’enquête du CAA, l’Europe attirera 8 % des touristes québécois cet été, contre 13 % pour les États-Unis, la côte Est et son chapelet de villages en bord de mer en tête. «Les parcs nationaux américains sont très populaires, dit Nathalie Guay. Ça va avec la mode des voyages de bien-être, où l’on fait du sport, on va au spa, etc.»

Quand ils voyagent au Canada, les Québécois aiment voir la mer et raffolent plus que tout des provinces maritimes et de la Colombie-Britannique. Très souvent, on profitera des vacances pour visiter des parents et des amis, surtout si l’on séjourne à l’étranger (33 % des voyageurs), et aller à la plage (34 %). Mais un peu plus de 1 Québécois sur 10 (12 %) restera plutôt à la maison pendant ses vacances, planifiant de profiter d’un moment de répit pour explorer les attraits culturels et naturels situés tout près. Le bonheur n’est pas toujours bien loin.

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DANS LES PARCS NATIONAUX

Le parc national de la Pointe-Taillon est populaire pour pratiquer le vélo.

Les chiffres ne mentent pas : les Québécois sont de plus en plus nombreux à visiter les parcs nationaux de la province. L’an dernier, les 26 parcs nationaux gérés par la SÉPAQ ont connu un achalandage de 4 987 724 jours-visites. Il s’agit d’une augmentation de 3,8 % par rapport à 2016-2017.

Quels parcs se sont démarqués dans le lot? Entre le 1er avril 2017 et le 31 mars 2018, le parc national le plus fréquenté a été celui du Mont-Saint-Bruno, en Montérégie, avec 931 846 jours-visites.

Suivent, dans l’ordre, le parc national d’Oka (Laurentides), le parc national du Mont-Orford (Cantons-de-l’Est), le parc du Mont-Tremblant (Laurentides et Lanaudière) et, finalement, celui de la Jacques-Cartier (Québec).

Sans compter parmi les plus achalandés, certains parcs de la SÉPAQ ont aussi connu un boom de popularité et vu leur taux de fréquentation grimper par rapport à l’année précédente. 

Voici le top 5 de ces parcs qui ont su attirer de nouveaux visiteurs en 2017-2018

1)  Parc national du Lac-Témiscouata (18,83 %)

2)  Parc national des Grands-Jardins (12,58 %)

3)  Parc national du Fjord-du-Saguenay (12,1 %)

4)  Parc national du Mont-Mégantic (9,4 %)

5)  Parc national du Mont-Orford (9,25 %)

Fous de Bassan au parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé

Et les parcs nationaux canadiens?

Chez Parcs Canada, la gratuité pratiquée l’an dernier pour souligner le 150e anniversaire de la Confédération a fait bondir les taux d’achalandage : les parcs nationaux du pays ont connu une hausse de fréquentation de 10 %, contre 8 % pour les aires marines nationales de conservation. Au Québec, le parc marin du Saguenay – Saint-Laurent a vu passer près de 1,2 million de visiteurs. Le parc national de la Mauricie a connu un bel été avec 346 293 visiteurs, contre 173 880 pour le parc national Forillon, en Gaspésie. Sur la Côte-Nord, la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan a accueilli près de 40 000 visiteurs. 

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L'HISTOIRE COMME OBJET DE VISITE

Le lieu historique de 
Fort-Chambly à Richelieu.

Connaissez-vous bien les lieux historiques nationaux du Québec? Fortifications, mémoriaux, canaux ou bâtiments ancestraux… ils attirent chaque année des milliers de visiteurs désireux de (re)découvrir l’histoire de la province. Présentation et nouveautés.

30 

Nombre de lieux historiques nationaux au Québec gérés par Parcs Canada. Au pays, leur nombre s’élève à 171.

2 234 221 

Nombre de personnes qui ont visité le lieu historique national des Fortifications-de-Québec en 2017. Il s’agit du site géré par Parcs Canada qui a attiré le plus de visiteurs. 

Les cinq autres lieux historiques de la province les plus populaires l’an dernier ont été, dans l’ordre : 

- Canal-de-Lachine, dans le sud-ouest de Montréal

- Fort-Chambly, à Chambly

- Fort-Lennox, dans l’île aux Noix

- Grosse-Île-et-le-Mémorial-des-Irlandais, dans l’archipel de L’Isle-aux-Grues

- Manoir-Papineau, à Montebello

24 %

Hausse d’achalandage observée l’an dernier dans les lieux historiques nationaux du Canada.

Gratuit!

L’an dernier, pour le 150e anniversaire de la Confédération canadienne, l’accès à tous les parcs et lieux historiques nationaux de Parcs Canada était gratuit. Cette année, la gratuité se poursuit pour les jeunes de 17 ans et moins. Il faut aussi savoir que l’accès aux lieux historiques nationaux (et l’éclusage dans les canaux historiques) est gratuit pour tous le 1er juillet, jour de la fête du Canada. Chaque parc et canal ouvre de plus ses portes (ou ses écluses) gratuitement pour une seconde journée pendant la saison estivale. Les dates varient, on s’informe ici : pc.gc.ca/fr/voyage-travel/ admission/gratuit-free

L’art de devenir contrebandier

Le lieu historique de Fort-Chambly, situé aux pieds des rapides du Richelieu, présente cet été une nouvelle exposition familiale dont vous êtes le héros, consacrée à l’histoire de la contrebande en Nouvelle-France. Les visiteurs se voient confier une mission de contrebande de fourrure de castor dans le couloir Montréal-Albany. Sauront-ils déjouer les autorités? pc.gc.ca/fr/lhn-nhs/qc/fortchambly

Fermé!

Aucun visiteur ne foulera le terrain du Fort-Lennox en 2018 et 2019 puisque le lieu historique national est fermé pour permettre des rénovations majeures aux bâtiments, en particulier la caserne et les deux magasins. L’an dernier, plus de 30 000 personnes y sont passées.

Montréal sous les étoiles

À compter du 28 juin, on pourra dormir sous la toile en plein Vieux-Montréal, puisque des tentes de prêt-à-camper oTENTik seront installées sur les berges du canal de Lachine, au pied du Silo numéro 5. Tarif : 120 $ la nuitée. Des activités d’initiation au camping, animées par des experts, sont de plus proposées les 14 juillet et 11 août. L’activité se termine avec une nuit sous la tente… pc.gc.ca/fr/lhn-nhs/qc/canallachine

Six

Nombre de nouveaux circuits thématiques offerts cet été sur le lieu historique de Grosse-Île-et-le-Mémorial-des-Irlandais. Tous sont liés à l’histoire (ou la géographie) particulière de cet ancien lieu de quarantaine. Parmi les thèmes offerts : passage des Irlandais, récits des immigrants, vie des villageois ou nature de l’île. À savoir : trois nouvelles visites guidées sont aussi proposées aux Fortifications-de-Québec. pc.gc.ca/fr/lhn-nhs/qc/grosseile

11 et 12 août

Dates de la garden-party au Manoir-Papineau. Au programme : spectacles de danse folkloriques, récitals de musique dans les jardins, visites guidées du jardin… et atelier sur la bienséance au XIXe siècle! pc.gc.ca/fr/lhn-nhs/qc/manoirpapineau

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POURVOIRIES: LA PÊCHE ET BIEN PLUS

Plusieurs activités sont offertes dans les pourvoiries du Québec.

Les pourvoiries du Québec ne sont plus ce qu’elles étaient. Il y a 20 ans, les mordus de chasse, mais surtout de pêche, représentaient la totalité de la clientèle.

Or les temps ont changé, la clientèle a rajeuni et les pourvoiries ont dû s’adapter, explique Bruno Dumont, directeur de la vie associative, du développement durable et de la faune à la Fédération des pourvoiries du Québec.

«Depuis 20 ans, la pratique de la chasse en pourvoirie connaît un léger recul et la pêche est stable, notamment grâce aux Québécois qui restent très présents et qui composent 82 % de notre clientèle.Par contre, ce sont toutes les autres activités qui sont en croissance.»

Qu’est-ce à dire? «L’offre varie beaucoup d’une pourvoirie à l’autre : on peut penser à des activités nautiques, de la randonnée pédestre, de l’observation de la faune ou simplement des jeux gonflables pour les enfants. La motoneige a été très populaire au tournant des années 2000, mais elle est présentement en déclin.»

«Plusieurs pourvoiries commencent aussi à offrir des activités de nature et d’aventure plus structurées, ajoute M. Dumont. Il peut s’agir d’activités autoguidées ou d’activités plus à risque qui demandent la présence d’un guide. Ce dernier créneau est encore peu développé, mais je prédis que d’ici 5 à 10 ans, l’offre sera très intéressante.»

Selon M. Dumont, ce sont les jeunes familles qui, en remplaçant doucement la clientèle des baby-boomers, ont exigé d’autres activités que la pêche pour meubler leur séjour. «Après un jour ou un jour et demi de pêche, ils veulent faire autre chose, alors que les baby-boomers pouvaient pêcher pendant quatre jours d’affilée. Il faut aussi savoir qu’il est possible de venir en pourvoirie pour de la villégiature seulement, juste pour lire un livre sur la galerie!»

«En juillet et août, le taux d’occupation des chalets est souvent à moins de 90 % et il est possible d’en trouver un qui soit libre. Ce sont de belles solutions d’hébergement en nature, sur des territoires qui ont été préservés. Chaque pourvoirie est comme un petit parc protégé, notamment de l’exploitation forestière.»

Reste que la pêche constitue l’activité la plus prisée des clients en pourvoirie, «soit 65 % de la totalité des jours-activités dans une année». Certains mordus viennent pour la journée seulement et repartent le soir avec leurs prises. D’autres, moins expérimentés, profitent du prêt-à-pêcher, avec prêt d’équipement et formation fournie. Beaucoup de pêcheurs québécois ajoutent une ou plusieurs nuitées à leur séjour.

Et où vont ces derniers pour taquiner le poisson? Selon les plus récents chiffres de la Fédération des pourvoiries du Québec, qui datent de 2016, c’est la région de la Mauricie – Centre-du-Québec qui attire le plus de ces clients, avec près de 64 500 pêcheurs québécois avec nuitée et 3800 excursionnistes à la journée pour l’ensemble de l’année. Les régions de Lanaudière, de l’Outaouais, des Laurentides et de la Côte-Nord suivent dans l’ordre en ce qui concerne le nombre de Québécois avec séjour de pêche. 

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LES VACANCES EN CHIFFRES

- 30 % : près du tiers des Québécois limiteront leurs déplacements ou leurs sorties pour compenser la hausse du prix de l’essence

- 16 % : un Québécois sur six opte pour des vacances hors Québec à cause de la météo

- 961 $ : budget prévu par les familles québécoises pour leur voyage au Québec

- 2,1 : nombre moyen de voyages que les Québécois feront cet été

- 2 semaines : durée moyenne des vacances estivales

Sources : Tendances clés pour les voyages au Canada, Conference Board du Canada, 2018, Sondage CAA : les Québécois et les vacances estivales, édition 2018, Enquête 2018 sur les intentions de vacances durant la période estivale, sondage produit par Léger pour Tourisme Québec.