Grosse Île, aux Îles-de-la-Madeleine

Le Québec à la manière de National Geographic

En publiant un livre photographique sur le Québec avec National Geographic, Mathieu Dupuis place deux drapeaux en même temps sur l’Everest de sa vie: un qui couronne un formidable voyage sur les routes nordiques, maritimes et urbaines du territoire auquel il appartient, et un autre pour l’accomplissement d’un rêve qui l’anime depuis l’enfance et pour lequel il s’est trouvé une vocation.

«J’ai été un enfant malade de Saint-Justine. De 9 ans à 14 ans, j’ai été contraint de mettre un peu ma vie sur pause, et un des seuls moyens d’évasion que j’avais était de regarder des National Geographic», raconte le photographe. «Ça a fait naître une passion sans borne pour les voyages et la géographie et dès que j’ai été sur pied, je suis allé étudier en photo.»

À 18 ans, il pouvait déjà se présenter comme photographe indépendant. Chaque reportage et chaque publication étaient un pas de plus vers l’objectif ultime : publier non pas un reportage dans la mythique revue, mais un livre complet avec leurs éditions. 

Celui-ci est paru d’abord en anglais au début d’avril et paraîtra en français sous le titre Québec: un parcours photographique au cœur de cette province unique au Canada le 1er mai. Le voyage photographique de Mathieu Dupuis se découpe en cinq chapitres, consacrés à de grands territoires symboliques plutôt qu’à des régions spécifiques.

Mont Chaudron, à la frontière entre le Québec et l'Ontario

«Ça suit les chemins naturels du développement du territoire, explique le photographe montréalais. On arrive de l’Est, ça commence avec le fleuve, avec un chapitre consacré au territoire maritime, puis on s’approprie le territoire par les grandes routes d’eau.»

L’explorateur et adepte de «van life» a donc pris la route, au volant d’un véhicule qu’il a lui-même adapté aux conditions extrêmes, avec des panneaux solaires et un système de chauffage lui permettant de dormir confortablement lorsqu’il faisait – 40 degrés. «Ça m’a permis de vivre le territoire d’une manière exceptionnelle, avec une spontanéité que l’hébergement en hôtel ne m’aurait pas permis», indique-t-il. 

Un chapitre sur le Nunavik

S’il croque au passage des images d’agriculture, de vie urbaine, d’acériculture, de loisirs en plein air et d’attraits touristiques incontournables, il a toutefois tenu à mettre le cap vers le Nunavik et à lui consacrer un chapitre complet. «Les Inuits ont une culture complètement liée à la nordicité. Leur lecture du territoire est beaucoup plus affûtée que la mienne, qui ne voyait que du blanc, a-t-il constaté. Certaines cultures comme les pays scandinaves ont mis leur nordicité de l’avant et on aurait avantage à le faire au Québec», croit Mathieu Dupuis. 

Aurore boréale et campement cri le long de la Route TransTaïga

La photographie est pour lui une occasion de faire des rencontres. «Elles sont partie prenante du processus. L’appareil-photo est un passe-partout qui ouvre la clé de tous les mondes, expose-t-il. Je peux rencontrer quelqu’un sur un quai et me retrouver 30 minutes plus tard en bateau pour aller voir le coucher de soleil, ou chez quelqu’un pour regarder une collection de photos anciennes de pêche à la morue.»

Plusieurs portraits, souvent le fruit de ces rencontres spontanées, se retrouvent donc auprès des paysages grandioses qui constituent le cœur du livre de 272 pages. Le photographe a soumis pas moins de 3000 photos pour la maquette. Environ 230 se retrouvent dans le livre.

Il a tenté de présenter le Québec qu’il connaît, tout en respectant la signature visuelle de National Geographic. «Il faut faire rêver, inspirer et raconter une histoire avec une image qui donne envie d’y plonger. Chaque photo est présentée comme un tableau. C’est une grande fenêtre sur un moment privilégié», expose-t-il.

On peut suivre le travail de Mathieu Dupuis à: www.mathieudupuis.com

QUELQUES PHOTOS DE MARTIN DUPUIS

La Grande Rivière
Janvier à Montréal
Anticosti
Chic-Chocs, en Gaspésie
Caribou
Aurore boréale dans le Grand Nord