Shana Dubé

Le meilleur du Mag 2019 en 10 citations

Le Mag parle de vous, de nous, gens ordinaires, avec des destins d’exception. En cette première publication de l’année, retour sur des personnes qui nous ont inspirés. Dix citations pour leur dire que nous ne les avons pas oubliées.

Shana Dubé: Au-delà des tabous de la santé mentale

C’est par le biais d’une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube que la Baieriveraine Shana Dubé a raconté son combat contre l’anxiété et la dépression. Le Progrès a rencontré la jeune femme en juin dernier. Celle qui fut hospitalisée en pédopsychiatrie à l’été 2018 espérait que son témoignage puisse briser certains tabous.

« Au début, j’étais gênée de dire que j’avais des problèmes et que j’avais été hospitalisée en psychiatrie. J’étais gênée aussi de dire que je prenais de la médication, mais il ne faut pas avoir honte. Si on est malade, on prend un remède. C’est la même chose avec la maladie mentale. Je voulais faire une vidéo avec un témoignage que j’aurais aimé entendre quand ça allait vraiment mal. Je voulais que les gens comprennent que ça peut s’arranger et qu’on peut guérir. C’est certain que j’ai peur de replonger, mais ça m’a aussi fait du bien d’en parler un an plus tard. Et si je peux aider ne serait-ce qu’une seule personne, je vais dire mission accomplie », expliquait la jeune femme, qui ne voulait pas avoir honte de ce qu’elle avait vécu. Le vélo de montagne et l’entraînement extérieur ainsi que les arts ont grandement aidé Shana Dubé dans son combat contre l’anxiété et la dépression. 

Katia Bissonnette

Katia Bissonnette d’« irrécupérable » à doctorante

Force est d’admettre que la psychologue doctorante revient de loin. Celle qui fut polytoxicomane, décrocheuse et alcoolique pendant près de 20 ans a développé un outil visant à prévenir le décrochage scolaire. La femme originaire de Sorel-Tracy qui réside maintenant dans la région présente des conférences sur son parcours qui n’a rien de conventionnel.

« Je me souviens qu’à 21 ans, alors que j’étais au plus mal, on me disait que j’étais irrécupérable. J’étais seule et je vivais dans la rue à Montréal. À ce moment, je me suis fait une promesse. Je me suis dit que j’allais tout essayer pour m’en sortir. Je me suis même fait tatouer cette phrase sur la cuisse ! J’ai été hébergée quelque temps chez mes parents, mais je suis partie, car ça n’allait pas du tout. Je suis allée chez un ami, puis dans un refuge pour itinérants de Sorel », racontait la femme qui est sobre depuis plus de deux ans.

Laurie Pelletier

Laurie Pelletier atteinte de dyskinésie ciliaire et aidée par son cheval

L’équitation dépasse les limites de la passion pour Laurie Pelletier, qui est atteinte de dyskinésie ciliaire, une maladie qui attaque les poumons. La pratique de ce sport a un effet bénéfique sur la jeune femme puisque le mouvement du cheval permet aux sécrétions qui s’accumulent sur ses poumons de s’évacuer plus facilement. En septembre dernier, la famille est même déménagée dans une maison en campagne, située en périphérie de La Baie, afin de permettre à la jeune compétitrice de pratiquer l’équitation à la maison. Alors que Laurie Pelletier était hospitalisée au CHUL de Québec, ses proches ont travaillé très fort afin d’aménager une écurie et un enclos pour permettre à la jeune d’accueillir son cheval Tass, qui était jusqu’à ce moment en pension.

« Le médecin de Laurie a compris que le mouvement du cheval lui procurait les mêmes bénéfices que le ‘‘clapping’’. Elle a dit à Laurie de ne surtout pas arrêter l’équitation ! », explique le père de Laurie, René Pelletier.

Marc Boily

Marc Boily : coiffeur de jour et drag queen de nuit

La passion inusitée de Marc Boily l’a conduit aux quatre coins de la planète, allant de Montréal à Toronto, en passant par San Francisco. Depuis près de 30 ans, il s’adonne à sa passion pour le spectacle et se transforme en drag queen. L’Almatois d’origine s’est retrouvé dans les séries télévisées Cover Girl et Les Bougons, dans le film Cruising Bar 2 et même dans une publicité Molson. De retour dans la région depuis une décennie, Marc Boily est coiffeur de jour et se transforme en Karine O’Kay en soirée. Il met près de deux heures à compléter la transformation visant à faire de lui la seule drag queen dans la région. « Ce sont des amis qui m’avaient demandé si je voulais faire un spectacle dans un bar gai, Le Myf, à l’époque. J’ai accepté et j’ai aimé ça. On y organisait des concours de Miss Carnaval humoristiques. Petit à petit, j’ai continué à faire des spectacles et j’ai appris le métier. Lorsque je suis déménagé à Montréal pour étudier, j’ai décroché des contrats dans les bars, comme au cabaret L’Entrepôt, qui est l’ancêtre de Chez Mado », raconte Marc Boily lors d’une entrevue dans son salon de coiffure de la rue Poitras, à Arvida.

Un jab au Parkinson

Chaque lundi et mercredi, une douzaine de personnes qui vivent avec la maladie de Parkinson se retrouvent au Club de boxe de Chicoutimi pour un cours d’une heure. La pratique de ce sport est bénéfique pour les participants qui vivent avec différents symptômes. L’idée de ce cours provient de l’un des participants, Yves Desforges, qui avait remarqué que d’autres Parkinsoniens pratiquaient ce sport au Québec et en Ontario.

« J’ai essayé le tai-chi et le yoga, mais je trouvais ça trop lent. Ça ne me correspondait pas tellement. Quand j’ai commencé la boxe, j’ai tout de suite aimé ça. Je sens des effets positifs sur l’évolution de la maladie », expliquait Gilles Gaudreault, âgé de 72 ans.

Soli-Choeur

Soli-Choeur: la musique jusqu’à la toute fin

Depuis sept ans, la musique du Soli-Choeur habite la maison de soins palliatifs Au jardin de MesAnges d’Alma. Les bénévoles se retrouvent au salon, le vendredi après-midi, afin de chanter des pièces provenant de leur imposant répertoire composé de centaines de pièces réclamées par les patients. La seule chose qui revient semaine après semaine, c’est leur chanson thème, soit une adaptation de la pièce Les marchands de bonheur. Il n’est pas rare que les patients et leur famille rejoignent les musiciens et chanteurs. 

« Quand on vient ici, on repart rechargé. Comme n’importe quel bénévolat, ça apporte une satisfaction. On reçoit autant que l’on donne. Cela donne du poids, un sens à notre vie », confie la chanteuse et bénévole Nicole Brassard. « Au début, quand j’ai commencé, j’étais réticent. Ce sont des situations difficiles qui se vivent. En venant, je me suis rendu compte à quel point ça pouvait leur faire plaisir. C’est enrichissant. Je le faisais pour faire plaisir. Finalement, ça m’a permis de démystifier la mort et de l’apprivoiser », ajoute Yves Fortin.

Jessy Lemieux

Jessy Lemieux: vivre avec la transidentité en région

Jessy Lemieux, anciennement Jessica, défie les préjugés entourant la réassignation de genre en région. C’est à l’été 2016, après avoir reçu un diagnostic de dysphorie de genre, qu’il amorce son processus de réassignation sexuelle. Celui qui a amorcé un traitement hormonal en février 2017 a patienté jusqu’en mars dernier avant de subir une mastectomie visant à retirer sa poitrine ainsi que ses glandes mammaires. Contrairement à d’autres personnes qui ont vécu la transition, Jessy Lemieux a pu compter, pendant cette période, sur le support de ses soeurs, de sa conjointe ainsi que de ses amis.

« Mes soeurs disent qu’elles ont perdu une petite soeur malheureuse pour gagner un petit frère heureux, témoigne celui qui réside à L’Ascension-de-Notre-Seigneur. Je me considère chanceux. Dans ma ville, tout le monde m’approuve dans cette démarche. La communauté qui apprend ma transition pose des questions plutôt que d’être mal à l’aise ».

Audrey Savard

Audrey Savard repousse les limites

Le Progrès a rencontré Audrey Savard en mai dernier alors qu’elle s’impliquait à l’Association pour le développement de la personne handicapée intellectuelle du Saguenay, où elle siège également au conseil d’administration. La trentenaire qui présente une déficience intellectuelle venait de remporter des prix pour son implication bénévole et pour sa participation au sein d’une ligue de quilles aux Olympiques spéciaux du Québec.

« Je veux être active comme une ‘‘ vraie ‘‘ personne. Je ne veux pas être ignorée. C’est important d’être accepté comme on est dans la vie », a affirmé la femme qui s’implique au sein de neuf organismes en plus de pratiquer trois sports. « Je ne suis peut-être pas payée, mais je suis utile et je rencontre plein de monde. J’adore ça, je me sens appréciée et je m’accomplis », ajoutais celle qui vit dans son propre appartement.

Ghislain Boldini

Ghislain Boldini, le sauveur de vie

Ghislain Boldini cumule 16 ans de bénévolat au Centre de prévention du suicide 02, soit 10 000 heures d’écoute et d’intervention auprès de personnes suicidaires. Chaque semaine, l’homme de 75 ans se déplace au centre. Au fil des années, il a su développer un don pour l’écoute et la compassion. Il y a une quinzaine d’années, alors qu’il était nouvellement retraité, M. Boldini cherchait à s’impliquer. Touché par le suicide de son neveu et de son ami, il s’est présenté au Centre de prévention du suicide 02 et n’a jamais quitté.

« C’était l’inconnu, mais j’ai tout de suite aimé faire la ligne d’écoute. Je n’ai peut-être pas d’études dans le domaine, mais j’ai toute une vie derrière moi et je suis assez bon pour écouter les gens. [...] Le monde pense que c’est difficile après tant d’années, mais presque toutes nos interventions se terminent bien. À vrai dire, je n’ai jamais eu d’intervention qui s’est mal finie. L’important, c’est vraiment d’amener les gens à voir l’espoir, car il y en a toujours. La compassion et l’empathie sont aussi deux qualités essentielles pour faire de l’écoute », confiait-il au Progrès.

Mégane Fortin

Mégane Fortin, 19 ans et malentendante : un été au bar laitier

Avant d’être embauchée au Crémier de Jonquière, Mégane Fortin a cherché un emploi d’été pendant quatre ans. Rencontrée par Le Progrès en juin dernier, la jeune femme travaillait, depuis un mois, au comptoir laitier de la rue Saint-Dominique de Jonquière. Malentendante après avoir été frappée par une méningite à l’âge de 2 ans, elle y effectuait ses premiers pas dans le service à la clientèle. À la suite de la publication de ce reportage, Mégane Fortin a vécu toute une surprise. Appelée en catastrophe par son patron, elle a plutôt découvert en arrivant au bar laitier la présence de 80 personnes de l’Association du Québec pour enfants avec problèmes auditifs. 

« Le seul vrai handicap qu’a Mégane, ce sont les employeurs qui refusent de lui donner sa chance à cause de sa surdité », souligne Patricie Ménard qui est propriétaire de deux bars laitiers, dont le Crémier de Jonquière et d’un autre à Chicoutimi-Nord. « Mégane a rapidement su prendre sa place. C’est la première fois que j’emploie quelqu’un avec une déficience physique et j’encourage tous les employeurs à faire de même. Il y a une pénurie de main-d’oeuvre en plus. Et ces gens ont le droit comme tout le monde de travailler », ajoute celui qui oeuvre dans le domaine depuis 41 ans.