Le ficus ginseng : pour le futur bonsaïste

Comme le Groupe Bonsaï Québec tient son exposition annuelle cette fin de semaine, pourquoi ne pas étudier le cas du populaire ficus ginseng, une plante qui est passée de l’obscurité totale à probablement l’arbre style bonsaï le plus populaire du monde en seulement quelques années. C’est un excellent choix pour le bonsaïste débutant, car il est de culture relativement facile. Et comme il est produit par centaines de milliers d’exemplaires dans des usines en Chine et en Malaisie, son prix reste modique.

C’est pour ces raisons que ce petit arbre, avec ses «troncs» enflés ressortant d’un pot de style bonsaï, est devenu le chouchou de la génération Y. Dès l’achat, il peut donner l’impression d’un petit arbre de grand âge; de quoi impressionner le visiteur! 

Est-ce un véritable bonsaï? Un expert dira certainement que non, du moins pas au moment de l’achat. Mais on peut le convertir en bonsaï assez rapidement. On pourrait dire que c’est un prébonsaï.

Mais qu’est-ce qu’un ficus ginseng? Il tient son nom de sa base enflée et tordue, rappelant des racines de ginseng (Panax ginseng).

Il s’agit en fait de deux variétés de figuiers à petits fruits (Ficus microcarpa, parfois vendu sous les noms F. retusa ou F. nitida) greffés l’un sur l’autre. Ce figuier est un proche parent du populaire arbre d’intérieur, le figuier pleureur (Ficus benjamina), mais aux feuilles plus épaisses et à l’extrémité moins pointue. Dans le sud de l’Asie, c’est un grand arbre de 30 mètres de hauteur, fréquemment utilisé comme arbre de rue. Mais on peut le naniser et en faire un beau bonsaï d’intérieur!

Il se trouve que cet arbre tropical produit des racines épaisses et souvent tordues. En Asie, on a développé une technique pour mettre ces racines en valeur. On y produit des F. microcarpa d’une variété à croissance rapide. Quand le système racinaire du jeune arbre est bien développé, on le dépote, exposant ses racines supérieures, puis on le replante dans un pot de bonsaï avec seulement ses racines inférieures enterrées. Par la suite, on coupe le tronc à la base, puis on greffe sur le moignon des branches d’un autre cultivar de F. microcarpa naturellement plus compact. On pince un peu pour stimuler la ramification, puis on expédie le résultat en Occident comme bonsaï. C’est ce que vous voyez en magasin.

Avec un peu d’attention, on peut tourner un ficus ginseng prébonsaï en bonsaï véritable.

Entretien

Avant de faire un bonsaï avec un ficus ginseng, il faut savoir le garder en vie. Heureusement, il est assez facile à conserver. 

Il lui faut un très bon éclairage, avec quelques heures du soleil par jour, pour bien réussir cette plante. D’accord, il tolère un éclairage moindre, mais perd alors des feuilles et s’étiole. Pas un départ fameux! 

Quant à la température, c’est facile : si vous vous sentez bien, le ficus ginseng se sent bien aussi! Il tolère l’air sec, la situation typique dans nos demeures l’hiver, mais préfère une forte humidité atmosphérique, 70 % et plus, en tout temps. Placez-le sur un plateau humidifiant peut aider.

L’arrosage est vital. Comme la plante est confinée dans un petit pot, elle s’assèche rapidement, surtout après quelques années de culture. L’été, il peut être nécessaire d’arroser deux ou trois fois par semaine un gros spécimen cultivé au plein soleil. Prenez l’habitude de toucher au terreau tous les trois ou quatre jours. Quand le terreau est sec au toucher, arrosez bien, puis jetez tout surplus d’eau qui sort du trou de drainage.

Fertilisez entre les mois de mars et septembre avec un engrais soluble tout usage, selon les recommandations du fabricant, mais à un quart de la dose.

Pour le former en véritable bonsaï, il faudra tailler votre ficus ginseng. Quand une branche allonge trop, taillez-le à un tiers de sa longueur, coupant juste au-dessus d’un nœud pour que la blessure ne laisse pas de plaie importante. Quand vous la taillez, une sève blanche s’écoulera de la blessure. C’est normal pour cette espèce; il ne faut pas trop s’en inquiéter. 

Et pour savoir bien le former, songez à suivre un cours sur le bonsaï, car ne s’improvise pas bonsaïste qui veut. 

Expo-Bonsaï

Justement, je vous conseille d’aller voir les experts à l’Expo-Bonsaï, qui aura lieu la fin de semaine du 19 et 20 octobre 2019, de 9h30 à 17h, au Domaine de Maizerets (2000, boulevard Montmorency, à Québec). C’est un événement à ne pas manquer, car les plus beaux bonsaïs de la région — de véritables objets de collection — seront en montre. De plus, cette activité familiale est entièrement gratuite. Vous trouverez plus de renseignements sur le site Web de l’association à groupebonsaiquebec.com.

Ficus ginseng au stade prébonsaï

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RÉPONSES À VOS QUESTIONS

Noyers qui perdent leurs branches

Q Mes noyers se sont dénudés dernièrement et les branches sont tombées sur le sol, ne laissant que le tronc et les grosses branches principales. Que s’est-il passé? Vais-je les perdre?  —Martine Morin 

En fait, tout va très bien avec vos noyers. Les noyers ont des feuilles composées de type penné (en forme de peigne). Sur chaque long pétiole (qui peut atteindre 60 cm) est fixé non pas une seule feuille, comme un érable ou un pommier, mais de nombreuses «folioles», chacune ressemblant à une feuille individuelle. Si vos noyers sont des noyers noirs (Juglans nigra), chaque feuille porte probablement 15 à 25 folioles. Cette longue structure que vous croyez être une branche n’en est donc pas une, mais une seule très longue feuille. 

À l’automne, comme les noyers sont à feuilles caduques, leurs longues feuilles pennées vont toutes tomber, parfois intactes. Mais parfois certaines folioles tombent séparément, puis le pétiole suit avec ce qui reste des folioles. Au printemps, de nouvelles longues feuilles pennées aux folioles nombreuses vont se former pour remplacer celles perdues à l’automne.

Ce sont des feuilles pennées qui jonchent le sol au pied de ce jeune noyer, pas des branches.

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Des questions svp!
Vous pouvez nous joindre par courriel à courrierjardinierparesseux@yahoo.com
Par courrier à Le jardinier paresseux, Le Soleil, C.P. 1547, succ. Terminus, Québec (Québec),  G1K 7J6

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CALENDRIER HORTICOLE

Fête des fleurs 
Ce sera la Fête des fleurs 2019 de la MRC de Portneuf le samedi 19 octobre, dès 13h, organisée par la Société d’horticulture et d’écologie de Portneuf. Discours, dévoilement des aménagements municipaux et présentation des photos gagnantes des concours «jardins privés» et «photos nature». Adresse : Édifice P.- Benoît, 106, rue de la Salle, Deschambault.
Infos: 418 285-2981

Plantes médicinales
La Société d’horticulture de Saint-Apollinaire vous invite à sa conférence ce mardi 22 octobre, à 19h, au Centre multifonctionnel situé au 20, rue Terry-Fox, à Saint-Apollinaire. Carole Cloutier parlera des plantes médicinales. Coût: 8 $ pour les non-membres.
Infos: www.amelanchier.com

Conservation des légumes racines et plantes bulbeuses 
La Société éducative Roger-Van den Hende offre une conférence sur la conservation des légumes racines et des plantes bulbeuses avec Jean-Denis Brisson. Elle aura lieu le dimanche 20 octobre, à 10h, à la jardinerie Floralies Jouvence (2020, avenue Jules-Verne, Québec). Gratuit.
Infos: 581 922-1034 ou societeeducativeRVDH@gmail.com

Légumes à découvrir
La Société d’horticulture de Sainte-Foy vous invite à une conférence intitulée De l’achocha au topinambour, légumes à découvrir avec Lili Michaud. Elle se tiendra le mardi 22 octobre, à 19h30, à la Sacristie de la Visitation, située au 801, route de l’Église, à Québec (entrée par la rue du Chanoine-Martin). Coût: 8 $ pour les non-membres.
Infos: 581 981-4441 ou facebook.com/societe.horticulture.ste-foy

Mythes horticoles à déboulonner
La société d’horticulture et d’écologie de la Jacques-Cartier offre une conférence sur les mythes horticoles à déboulonner avec Larry Hodgson. La conférence se tiendra le jeudi 24 octobre, à 19h30, au Centre Socioculturel Anne-Hébert, Salle le Torrent, situé au 22, rue Louis Jolliet, Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier. Coût : 5 $ pour les membres, 10 $ pour les non-membres.
Infos: Nancy à 418 875-2343 ou shej-c@hotmail.com

Cinéma Les fleurs oubliées
La comédie fantaisiste Les fleurs oubliées, inspirée par le frère Marie-Victorin, botaniste et auteur du livre La flore laurentienne, paraîtra au Cinéma Le Clap à partir du 25 octobre. Dans ce film d’André Forcier, le célèbre botaniste descend du ciel pour aider dans la lutte pour la sauvegarde de la planète. Adresses: Pyramide de Sainte-Foy (au 2360, chemin Ste-Foy) et 10 885, boulevard de l’Ormière, à Québec.
Infos: www.clap.ca

Pour toute activité horticole, écrivez-nous à courrierjardinierparesseux@yahoo.com.

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ENTRETIEN HORTICOLE

À faire cette semaine

>  Songez à ajouter à votre aménagement des plantes aux attraits automnaux : floraison tardive, feuillage coloré ou fruits persistants.
>  Semez en pleine terre des marrons, des samares d’érable et des glands de chêne. Elles germeront au printemps.
>  Avant de rentrer un pot de ciboulette pour l’hiver, laissez-le geler au moins une fois, car la ciboulette a besoin de froid pour bien pousser.
>  N’oubliez pas de vidanger les gouttières de votre maison avant l’hiver.