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Horticulture

Les plantes d’intérieur aiment l’air humide

L’automne et l’hiver sont difficiles pour les plantes d’intérieur.

La qualité et la quantité de lumière, leur seule source d’énergie, sont à la baisse et l’humidité dans nos demeures varie entre sèche et archisèche. Pour la lumière, au moins, la plupart des plantes sont capables de tolérer quelques mois de disette et de récupérer quand les journées rallongent au printemps. Toutefois, l’air sec a des effets plus profonds et plus durables. Souvent, les feuilles s’enroulent, jaunissent, brunissent et tombent. Ou la plante meurt, tout simplement. De plus, l’air sec encourage la présence d’araignées rouges (tétranyques) qui font encore davantage jaunir, brunir et assécher les feuilles.

L’humidité atmosphérique dans la plupart des demeures est à moins de 20% pendant les «mois de chauffage». Les experts en systèmes de chauffage et d’humidification préconisent une humidité de 40 % durant cette période… parce qu’ils ont de la difficulté à en offrir plus. L’idéal pour la santé des humains est plutôt 60%. Et pour les plantes, 70% à 90%.

Pour respirer et absorber le CO2 nécessaire à leur croissance et pour ventiler l’oxygène qu’elles produisent en trop, les plantes doivent ouvrir leurs pores de respiration, appelés stomates. Mais si les stomates s’ouvrent par une humidité relative de 20%, les plantes perdront rapidement leur eau par transpiration. Ainsi, quand l’air est sec, elles gardent leurs stomates fermés ou ne les ouvrent que partiellement. Cela prévient en partie l’assèchement, mais la plante ne respire pas bien. Et la photosynthèse s’en trouve gênée, affaiblissant la plante.

Horticulture

Le ficus ginseng : pour le futur bonsaïste

Comme le Groupe Bonsaï Québec tient son exposition annuelle cette fin de semaine, pourquoi ne pas étudier le cas du populaire ficus ginseng, une plante qui est passée de l’obscurité totale à probablement l’arbre style bonsaï le plus populaire du monde en seulement quelques années. C’est un excellent choix pour le bonsaïste débutant, car il est de culture relativement facile. Et comme il est produit par centaines de milliers d’exemplaires dans des usines en Chine et en Malaisie, son prix reste modique.

C’est pour ces raisons que ce petit arbre, avec ses «troncs» enflés ressortant d’un pot de style bonsaï, est devenu le chouchou de la génération Y. Dès l’achat, il peut donner l’impression d’un petit arbre de grand âge; de quoi impressionner le visiteur! 

Est-ce un véritable bonsaï? Un expert dira certainement que non, du moins pas au moment de l’achat. Mais on peut le convertir en bonsaï assez rapidement. On pourrait dire que c’est un prébonsaï.

Mais qu’est-ce qu’un ficus ginseng? Il tient son nom de sa base enflée et tordue, rappelant des racines de ginseng (Panax ginseng).

Il s’agit en fait de deux variétés de figuiers à petits fruits (Ficus microcarpa, parfois vendu sous les noms F. retusa ou F. nitida) greffés l’un sur l’autre. Ce figuier est un proche parent du populaire arbre d’intérieur, le figuier pleureur (Ficus benjamina), mais aux feuilles plus épaisses et à l’extrémité moins pointue. Dans le sud de l’Asie, c’est un grand arbre de 30 mètres de hauteur, fréquemment utilisé comme arbre de rue. Mais on peut le naniser et en faire un beau bonsaï d’intérieur!

Il se trouve que cet arbre tropical produit des racines épaisses et souvent tordues. En Asie, on a développé une technique pour mettre ces racines en valeur. On y produit des F. microcarpa d’une variété à croissance rapide. Quand le système racinaire du jeune arbre est bien développé, on le dépote, exposant ses racines supérieures, puis on le replante dans un pot de bonsaï avec seulement ses racines inférieures enterrées. Par la suite, on coupe le tronc à la base, puis on greffe sur le moignon des branches d’un autre cultivar de F. microcarpa naturellement plus compact. On pince un peu pour stimuler la ramification, puis on expédie le résultat en Occident comme bonsaï. C’est ce que vous voyez en magasin.

Horticulture

Petits bulbes, beaucoup de couleur printanière

Tout le monde connaît la tulipe, vedette des plates-bandes et des festivals, ainsi que les narcisses, les jacinthes et les crocus. Mais il y a beaucoup de petits bulbes qui sont beaucoup moins connus. En voici une sélection…

Anémone grecque (Anemone blanda) 

Ce petit bulbe produit une seule fleur à pétales multiples, rappelant une marguerite. Elle peut être bleue, rose ou blanche, selon le cultivar. Son feuillage très découpé est très décoratif. C’est le bulbe printanier à la floraison la plus longue, soit environ un mois. 10-15cm x 8-10cm. Zone 4.

Corydale bulbeuse (Corydalis solida)

C’est le plus prolifique des bulbes de printemps. Plantez-en 10 et en quatre ans, vous aurez colonie de 400! Le feuillage très découpé gris-vert est coiffé d’un épi d’environ 20 fleurs à long éperon courbé. Les fleurs peuvent être pourpres, roses, rouges ou blanches. 15-20cm x 8-10cm. Zone 4.

Horticulture

Concours Tendances horticoles 2019 (suite)

La semaine dernière, nous avons vu cinq des plantes gagnantes de la 8e édition du concours Tendances horticoles, tenu cet été au Domaine Joly-de Lotbinière. Voici les cinq gagnantes suivantes:

À LIRE : Concours Tendances horticoles 2019, première partie

Gomphrène Ping Pong™ Purple (Gomphrena globosa Ping Pong Purple)

Voici une belle annuelle de 40 à 60cm de hauteur et de 20 à 25cm de diamètre qui se couvre de petites inflorescences pourpres pendant tout l’été. Elles sont composées de nombreuses bractées papyracées à travers lesquelles paraissent les vraies fleurs, minuscules et blanches, que nous remarquons à peine, mais que les papillons et les abeilles adorent. Plantez le gomphrène Ping Pong Purple au soleil dans tout sol bien drainé, même pauvre, en pleine terre ou en pot. Il tolère bien la sécheresse. On peut utiliser les fleurs coupées fraîches ou séchées. Au printemps, cette plante sera offerte sous forme de plants en caissette, mais on peut aussi économiser en la cultivant à partir de semences.

Maison

Un champignon plus gros qu’un ballon de basketball

Une résidente de Saint-Antoine-de-Tilly a récemment fait une découverte de taille sur le terrain de sa résidence.

Annie Morin (ex-journaliste émérite du Soleil) a l’habitude de trouver des champignons dans un coin de son lopin de terre, à l’orée d’un sous-bois. Mais jamais un monstre pareil! 

«Les gens connaissent généralement les vesses-de-loup séchées pour en avoir écrasé quand ils étaient enfants. On dirait que les spores font de la fumée. Nous avons chaque année des vesses-de-loup géantes à un endroit bien précis sur notre terrain. [Celle-là] est notre plus grosse à vie», indique-t-elle, avec un brin de fierté à peine dissimulé. 

Avec raison puisque la bête pesait 10 livres! 

Un bon petit repas…

Que faire quand on trouve une telle merveille mycologique chez soi? Certains s’empresseraient de faire traiter leur pelouse. Pas Annie Morin! 

«C’est un champignon qui se mange quand il est cueilli à temps. La chair blanche ressemble à du fromage ricotta, c’est spongieux comme texture. On a fait cuire une partie de notre bétail dans l’huile d’olive avec de l’ail. On l’a aussi transformé en potage. Le goût est délicat, mais très champignon», explique-t-elle.

Comme quoi Dame Nature nourrit les audacieux… 

Horticulture

Concours Tendances horticoles 2019

Cet été a eu lieu le huitième concours Tendances horticoles au Domaine Joly-de Lotbinière, un concours qui permet de découvrir plus de 340 variétés de plantes ornementales et potagères tendance. Pas seulement des annuelles, mais aussi des vivaces, des légumes, des fruitiers, des rosiers, des fougères, des arbustes et des arbres. Parmi ces plantes, le grand public choisit les meilleures introductions, car chaque visiteur ajoute la liste de ses cinq plantes préférées dans la boîte de tirage. Les gagnants pour 2019 sont les suivants.

Bégonia ‘Canary Wing’ (Begonia × hybrida ‘Canary Wing’)

Mutation du populaire Dragon Wing Pink (‘Bepagpnk’), ce bégonia innove en présentant des feuilles jaune chartreuse, une couleur qui illumine les emplacements ombragés. Le feuillage met en vedette les fleurs rouge vif qui se succèdent tout l’été. Même si on le vend comme annuelle, vous pouvez rentrer ce bégonia dans la maison à l’automne, le cultiver sur un rebord de fenêtre l’hiver et le retourner au jardin l’été. Avec son port arqué et légèrement retombant, il convient parfaitement pour la culture en pot. Toute terre de jardin convient. Soleil à ombre. Cette plante a aussi gagné un prix Les Exceptionnelles ce printemps. H : 30 à 45 cm. L : 30 à 45 cm.

Horticulture

Des arbres pour remplacer le frêne

Les nouvelles sont mauvaises, voire catastrophiques : l’agrile du frêne (Agrilus planipennis) est en train de s’étendre à la grandeur de la ville de Québec. Plus de 200 000 frênes (Fraxinus spp.) mourront d’ici cinq à sept ans. Le fléau est encore plus avancé à Montréal et à Gatineau. Sans aucun doute, il engouffrera le Québec au complet d’ici peu. Autrement dit, des millions de frênes vont mourir.

Vous me direz sans doute qu’il y a un traitement possible : le Treeazin, une injection à base de l’insecticide biologique neem. Mais le coût (de 100 $ à 200 $ par arbre chaque année ou aux deux ans an durant toute la vie de l’arbre) fera vite déchanter la plupart des propriétaires. Il vaut mieux accepter le fait que votre frêne sera probablement mort ou mourant d’ici seulement quelques années.

Investir dans l’avenir

Il est déjà temps de penser à planter les remplaçants des frênes qui mourront. Si vous les plantez maintenant, ils auront le temps de grandir et d’atteindre une taille respectable (et une bonne prestance) quand leurs prédécesseurs disparaîtront. Ainsi, le choc sera moindre.

À LIRE : Progression «fulgurante» de l’agrile du frêne à Québec

Maison

Sortez vos projets de ruelles vertes!

Que ceux qui rêvent d’une jolie ruelle verte derrière leur résidence ameutent le quartier et préparent leur dossier. C’est le moment de soumettre les candidatures pour participer au programme des ruelles vertes de l’organisme Nature Québec.

Les projets qui seront retenus bénéficieront d’un soutien et d’un financement de 2500 $ pour leur réalisation. «C’est une belle occasion de commencer progressivement de petites intentions de verdissement pour rendre sa ruelle plus conviviale», dit Catherine Deschênes-Quirion, spécialiste en verdissement et mobilisation citoyenne. 

Plusieurs types d’aménagements sont possibles : plantation d’arbres, bacs végétaux, jardins collectifs, mobilier urbain, décorations de saison, création d’œuvres d’art, etc. 

D’ailleurs, pour voir à quoi peut ressembler une ruelle verte, visitez milieuxdevieensante.org/les-projets.

Les participants doivent remplir certaines conditions, telles que l’adhésion de plus de 50 % des propriétaires des bâtiments voisins. Pour avoir plus de détails et pour s’inscrire avant le 1er décembre, rendez-vous à ruellesvertes.org.

À LIRE AUSSI : Des billets verts pour des ruelles vertes

Horticulture

C’est à l’automne qu’on plante l’ail

L’ail (Allium sativum) est le mouton noir des légumes : il fait tout le contraire des autres. Juste le fait qu’il faille le planter à l’automne plutôt qu’au printemps fait de lui un légume assez unique.

On ne peut pas «semer» l’ail, du moins pas dans le sens classique du terme, car il ne produit pas de graines. Oui, au cours de sa domestication il y a quelque 5000 ans en Asie centrale, il a perdu la capacité de produire des fleurs fertiles. Il produit bien une tige florale (si vous ne le cueillez pas pour la cuisine comme «fleur d’ail» auparavant), mais aucune fleur ne se forme. Plutôt, la tête florale se remplit de petits bulbes. En laboratoire, on réussit à provoquer une floraison, ce qui permet l’hybridation, et ainsi obtenir des semences viables, mais cela n’arrive pas au jardin.

Qu’achète-t-on?

Quand vous achetez de l’ail à planter, actuellement offert en jardinerie, vous verrez qu’il ressemble aux mêmes bulbes d’ail qu’on voit au supermarché. Un assez gros bulbe couvert d’une «tunique»: plusieurs couches de peau papyracée blanche, pourprée ou striée. Vous ouvrez la tunique à la main pour extraire les petits bulbes à l’intérieur: les caïeux. Ce sont ces bulbilles que vous allez planter.

N’essayez pas de semer l’ail du supermarché! D’abord, il a souvent été traité pour ne pas germer (et vous, en tant que jardinier, voulez que les caïeux germent!). Mais aussi, l’ail du supermarché est généralement importé de la Chine et est l’ail à cou tendre, une variété de climat subtropical, mal adapté à nos hivers froids. Il vous faut un «ail à cou rigide» : c’est l’ail des régions nordiques. 

Il existe plusieurs cultivars d’ail adaptés à notre climat — ‘Purple Stripe’, ‘Rocambole’, etc. —, mais le plus populaire est ‘Music’. 

Hop, on plante!

Plantez l’ail à l’automne, de la fin d’août à la mi-octobre dans notre région, car il faut normalement lui accorder quatre à six semaines de croissance avant que le sol ne gèle pour l’hiver.

Préparez le sol en désherbant et en y intégrant du compost ou un engrais biologique.

Les gousses se plantent, les pointes vers le haut, au soleil dans un sol bien drainé et à une profondeur d’environ 9 cm de profondeur et à 12 à 15cm d’espacement. Couvrez de terre et arrosez. 

Par la suite, il est toujours bien de couvrir la plantation de 7 à 10cm de bon paillis. Les agriculteurs utilisent souvent de la paille à cette fin, mais les feuilles mortes déchiquetées sont le paillis de prédilection dans les potagers domestiques. Évitez le paillis de cèdre.

Les caïeux se mettront à pousser presque aussitôt que vous les avez mis en terre, mais leur croissance sera souterraine. Ils produisent surtout des racines à l’automne; les feuilles suivront au printemps. Il arrive parfois, si l’automne est très doux, que quelques feuilles commencent à sortir de terre en novembre. Couvrez-les de paillis après que le sol gèle, tout simplement.

Horticulture

Quelques vivaces originales à floraison automnale

La plupart des jardins contiennent quelques plantes à floraison automnale : asters, chrysanthèmes, rudbeckies et peut-être des sédums, mais il y a beaucoup plus de choix que cela. Voici quelques vivaces moins connues, mais vraiment remarquables qui mettront du piquant dans vos plates-bandes automnales!

1  Galane oblique (Chelone obliqua)

C’est une jolie vivace poussant en touffe dense, aux tiges dressées et avec des feuilles opposées lancéolées et dentées vert très foncé. Les fleurs roses sont portées dans un épi très compact à la tête de la plante. Les fleurs curieuses (on dirait une tête de lézard ou de tortue!) sont d’assez bonne taille et durent longtemps, souvent de septembre à novembre. Elle pousse et fleurit aussi bien à l’ombre qu’en plein soleil. Si vous ne trouvez pas la galane oblique, son sosie, la galane de Lyon (C. lyonii) est tout aussi jolie. 60-90cm x 60cm. Zone de rusticité: 3.

Horticulture

Il est temps de rentrer nos plantes

Avec les jours qui raccourcissent et les nuits qui deviennent de plus en plus fraîches, on sent que l’automne n’est pas loin. Et avant qu’il n’arrive, il est temps de rentrer les plantes d’intérieur qui ont séjourné à l’extérieur. Philodendrons, palmiers, hibiscus : si vous les avez sortis du salon au début de l’été et les avez placés en plein air sur votre terrasse ou votre balcon ou même intégrés à votre plate-bande, il est temps de songer sérieusement à les rentrer. Et c’est la même chose pour beaucoup d’annuelles : bégonias, coléus, pélargoniums (géraniums), fuchsias, etc. si vous voulez les sauver, il est temps d’y penser.

Pourquoi si tôt? Cela peut paraître tôt pour rentrer des plantes, mais rappelez-vous qu’il n’y a pas que le gel que les plantes tropicales craignent, mais aussi les nuits inférieures à 10 °C. Si les nuits rafraîchissent trop, ces plantes commenceront à perdre leurs boutons floraux et même leurs feuilles. Or, si vous les rentrez avant le 10 septembre, souvent la transition se fait sans dommage. 

Rentrez des plantes, pas les insectes

Le problème qui se pose alors c’est : comment rentrer les plantes sans les bestioles indésirables en même temps? Heureusement, ce n’est pas si difficile à éviter. Voici comment faire.

D’abord, faites un bon ménage : enlevez les feuilles mortes et jaunies, taillez les branches trop longues, etc. Puis, rincez toute la plante avec un fort jet d’eau. C’est déjà assez pour éliminer plusieurs insectes, mais en plus, vaporisez la plante de savon insecticide (offert en jardinerie). Le savon noir peut aussi convenir, mais il coûte beaucoup plus cher. Ne vaporisez pas avec un soi-disant «savon à vaisselle» qui contient souvent des détersifs toxiques pour les plantes. 

Assurez-vous de toucher avec votre solution savonneuse toutes les parties exposées de la plante et surtout l’envers des feuilles et l’aisselle des feuilles, ce sont des endroits où les insectes se cachent souvent.

Mais que faire avec les insectes et autres bestioles qui peuvent se cacher dans le terreau? 

Vous pouvez les éliminer en plongeant le pot dans un grand seau d’eau additionnée de savon insecticide, en y laissant la motte de racines tremper 10 à 30 minutes. Il peut être nécessaire de mettre une brique ou une roche sur le pot pour le tenir sous l’eau. Après, enlevez le pot du seau, laissez-le bien drainer, puis nettoyez-le avant de rentrer la plante. 

Horticulture

Ces petits arbres qui n’en sont pas

On voit très souvent sur les terrains de petits arbres, souvent aux branches retombantes (pleureuses) ou encore de forme arrondie, poussant sur une tige dressée. On les appelle arbres, mais ce sont plutôt des arbustes greffés sur une tige pour donner l’aspect d’un arbre de très petite taille.

C’est quand même assez extraordinaire qu’on puisse cultiver une plante greffée sur une autre, n’est-ce pas? Mais les deux plantes doivent être apparentées : on ne peut pas greffer un lilas sur une tige de mélèze ou vice versa. 

Ces mini-arbres greffés sont très populaires, notamment parce qu’ils restent compacts, un grand avantage quand on a un petit terrain. Contrairement à un véritable arbre, qui grossira après sa plantation, ces arbustes greffés ne grossissent pas du tout ou à peine de quelques centimètres, se contentant plutôt de se densifier. Ce que vous voyez à l’achat est donc plus ou moins ce que vous obtiendrez. On en trouve de toutes sortes : à floraison attrayante, à feuillage décoratif, à port intrigant, etc. Et ils ont l’heur de plaire, notamment aux jardiniers débutants pressés d’avoir des résultats!

Vices cachés

Il faut quand même comprendre que ces faux arbres ne sont pas parfaits. D’abord, ils coûtent cher, car ils sont lents et difficiles à produire. En général, plus le tronc est haut, plus ils vous coûteront.

Aussi, ils ont souvent une courte vie : en moyenne 3 ou 4 ans, parfois un peu plus. Évidemment, de temps en temps, un spécimen réussit à vivre 20 ans et plus, mais c’est plutôt rare. 

Ils sont fragiles au vent et peuvent casser lors d’une tempête, mais si on y fixe un tuteur, leur tronc ne s’épaissit pas correctement (un tronc doit pouvoir bouger au vent afin de se solidifier) et ils peuvent alors casser sans crier gare quand le haut devient trop lourd pour le tronc demeuré mince et fragile. 

Aussi, le point de greffe, exposé aux éléments, demeure un point faible. Parfois il commence à se fendre (on peut alors fermer la blessure avec des vis ou des boulons) ou encore une partie s’arrache subitement.

Enfin, il produit souvent des repousses (drageons) du pied qu’il faut supprimer. Si on ne le fait pas, éventuellement les drageons viennent à étouffer la tige dressée et il redevient un simple arbuste. 

Horticulture

Comment protéger les oiseaux des chats

Beaucoup de jardiniers font tout pour attirer des oiseaux dans leur jardin. Ils installent et maintiennent des mangeoires ou un bain d’oiseau et ils cultivent des plantes pour les attirer et les nourrir. Après tout, il est si sympathique d’entendre le gazouillis des oiseaux et de les voir s’amuser à quelques pas de votre fenêtre! Par contre, il n’est pas logique d’attirer des oiseaux dans votre cour pour laisser votre cher chat les bouffer! Si vous voulez attirer des oiseaux dans votre cour, il faut vous assurer que votre chat ne les tuera pas.

Et ne dites pas que jamais votre minou ne fera du mal à un oiseau. Sachez qu’on estime que les chats domestiques tuent environ 3,7 milliards d’oiseaux annuellement en Amérique du Nord et la prédation par les chats est la cause principale du fait qu’une espèce d’oiseau nord-américain sur trois est en déclin. 

Les chats errant librement à la recherche d’oiseaux ne sont pas un petit problème, mais plutôt un désastre écologique… et peut-être que votre chat fait partie du problème.

Mais c’est la loi de la nature!

D’accord, certaines personnes prétendent que ce n’est que normal que les chats chassent des oiseaux, que c’est la loi de la nature. Et elles ont raison. Mais il ne faut pas oublier que le nombre de chats est anormalement élevé, notamment en milieu urbain et périurbain, par rapport à une situation typique de prédateurs versus proies dans la nature. S’il n’avait qu’environ un chat par km2 comme dans la nature, par rapport à environ 10 à 15 chats par km2 en banlieue et jusqu’à 800 par km2 dans certaines grandes villes, les dégâts seraient bien moindres. 

Rappelez-vous aussi que le chat domestique n’est pas indigène sur notre continent : il a été introduit. Sa prédation n’a alors rien de naturel! 

Que faire?

Si vous êtes propriétaire d’un ou de plusieurs chats, voici ce que vous pouvez faire pour protéger les oiseaux. 

Gardez le chat à l’intérieur ou attachez-les quand il sort. D’ailleurs, les «chats d’intérieur» vivent plus longtemps et en meilleure santé que les chats qu’on laisse sortir librement. 

Si vous vous sentez obligé de le laisser sortir à l’occasion, faites-le au milieu de la journée. Les oiseaux — et notamment les oisillons qui apprennent à voler — sont plus actifs environ une heure après l’aube et une heure avant le crépuscule.

Nourrissez bien les chats qui sortent. Un chat bien nourri chassera quand même, mais un bedon bien rond peut calmer son ardeur. 

Si vous installez une mangeoire d’oiseaux, fixez-la sur un support à au moins 2,5m du sol (plus haut que les chats puissent sauter) et installez un filet pour récupérer les graines, car les graines qui tombent au sol attirent aussi les oiseaux… et les mettent en danger de mort féline.

Mettez-lui une cloche au cou. Fixez-la sur un collier élastique (qui se détache rapidement si le chat reste pris). On arrive ainsi à réduire les prises d’environ 40 %. Posez la cloche quand il sort et l’enlever à la rentrée pour réduire l’accoutumance.

Horticulture

Des feuilles géantes au jardin

En planifiant une plate-bande, on a surtout des fleurs en tête. Mais parfois les feuilles peuvent voler la vedette, surtout les très grandes. Par leur démesure, elles donnent une allure tropicale à l’aménagement, même un effet jurassique! Voici quelques exemples de ces plantes gigantesques qui épateront les visiteurs. Votre terrain est-il tout petit? Tant mieux! Ces plantes paraîtront encore plus immenses, et votre cour encore plus intime.

Hosta géant
Hosta ‘Empress Wu’

Déjà, plusieurs hostas courants ont des feuilles gigantesques, mais ‘Empress Wu’ bat tous les records. Ce géant atteint 1,5 mètre de diamètre, même 2 mètres, avec des feuilles larges de 45cm et longues de 65cm. Autrement dit, un seul plant remplit une plate-bande! Il produit une ombre si dense qu’il étouffe toutes les mauvaises herbes à son pied. Son feuillage est si épais que les limaces n’arrivent pas à le bouffer. Les feuilles sont vertes et joliment rainurées. Ses fleurs, modestes, sont violet pâle. Si vous cherchez plus de couleur, il existe aussi une mutation de cet hosta, ‘Wu-La-La’, à feuillage panaché, une nouveauté 2019 à marge jaune vert. Soleil ou ombre. 90-120cm x 1,5-2m. Zone 3.

Astilboïde
Astilboides tabularis

Ses grandes feuilles rondes sont si larges (jusqu’à 90cm de diamètre) qu’elles pourraient servir de parasol. Vert pâle, elles sont découpées sur le bord, vert pomme et duveteuses. L’épais pétiole qui retient la feuille peut mesurer 1 m de hauteur. La feuille ressemble à une table, d’où l’épithète tabularis. Il fleurit aussi, avec des fleurs mousseuses blanches sur une tige de 1,5m de hauteur. Pour bien réussir, il lui faut un emplacement humide et protégé du vent, de préférence à la mi-ombre, et un sol riche et meuble qui ne s’assèche jamais. 1,2m x 90cm. Zone 3.

Horticulture

Cultiver la vigne en climat froid

CHRONIQUE / Pendant longtemps, on croyait que la culture de la vigne était impossible au Québec. Et effectivement, la vigne européenne (Vitis vinifiera) n’est pas très rustique (zone de rusticité 6 ou 7). Et même quand on la protège, son mûrissement tardif faisait souvent en sorte que le gel arrivait avant que les fruits soient mûrs.

Évidemment, il y a la vigne indigène, soit la vigne des rivages (V. riparia), qui est très rustique (zone 2), mais elle produit de petits fruits au goût peu sucré et ne donne surtout pas un vin de bonne qualité. Mais l’arrivée sur le marché des vignes hybrides plus rustiques, issues de croisements entre la vigne européenne et diverses espèces nord-américaines, change la donne. Il existe maintenant des vignes rustiques jusqu’en zone 2 qui sont de qualité plus que raisonnable et qui donnent des raisins de table et même un vin de bonne qualité. D’où la prolifération des vignobles aux quatre coins de notre province depuis les années 1970. 

De la vigne chez vous

Les jardiniers amateurs semblent toutefois hésiter à adopter la vigne, probablement parce que sa culture paraît si compliquée. Si l’on suit ce que font les vignerons, il est question de conduite en cordon et de tailles sévères et répétées, bien au-delà du traitement simple nécessaire pour produire d’autres fruits (pommes, bleuets, cerises, etc.). Mais cette culture très contrôlée a surtout pour but de faciliter la récolte à la machine. Si vous prévoyez récolter les raisins à la main, rien de cela n’est nécessaire. 

Vous découvrirez que la culture de la vigne est en fait facile si vous la laissez pousser plus ou moins à sa guise comme grimpante ornementale. Il suffit de choisir une variété de vigne adaptée à votre climat et à vos conditions, de la planter au soleil dans un sol bien drainé et modérément riche. Reste à lui offrir un support robuste quelconque sur lequel elle peut grimper : pergola, tonnelle, clôture en mailles de chaîne (de type Frost), arbre, etc. (La plupart des treillis sont trop petits pour une plante aussi massive que la vigne dont les branches peuvent attein­dre 7 mè­tres de long.) La vigne fera le reste. 

Il vous faut être patient aussi. C’est à partir de la troisième année que la production commence véritablement.

Horticulture

L’hémérocalle, reine d’un jour

Qui aurait pensé que l’hémérocalle ou lis d’un jour (Hemerocallis) deviendrait aussi populaire? Il n’y a pas si longtemps, les jardiniers connaissaient surtout l’hémérocalle fauve (H. fulva), aux fleurs orange, trouvée dans les vieux jardins et même dans les fossés le long des routes de campagne. Mais depuis un siècle, divers hybrideurs ont mis la main à la pâte pour créer de nouvelles variétés et il existe maintenant plus de 80 000 hybrides.

Pas seulement dans les couleurs originales, orange et jaune, mais aussi dans les roses, les pourpres, les rouges, les blancs, les verts et dans toute une gamme de teintes bicolores et tricolores, avec des fleurs simples ou doubles, grosses ou petites, à marge ondulée ou lisse, sur une plante allant de 25 cm à 210 cm de hauteur et fleurissant au début, au milieu ou à la fin de l’été, à l’automne, voire tout l’été, comme pour la très populaire variété ‘Stella d’Oro’.

Ce dimanche 28 juillet, on fête l’hémérocalle au Domaine Joly-de Lotbinière, lors de l’activité L’Hémérocalle, reine d’un jour. Cette journée organisée conjointement par le Domaine et l’Association des amateurs d’hémérocalles du Québec, comprend même une activité unique : une conférence sur l’hybridation offerte par le célèbre hybrideur d’hémérocalles de la Bretagne, Guénolé Savina. En plus de la conférence de 10h30, il y aura des expositions, des dégustations et des kiosques de vente pendant toute la journée, de 10h à 16h30, et aussi un encan-bénéfice à 15h. Et ne manquez pas la remise de prix de la plus belle hémérocalle vers 16h.

Enfin, à 11h30, aura lieu une activité très spéciale. M. Savina a créé un hybride spécialement pour le Domaine, appelé ‘Domaine Joly de Lotbinière’, et en plantera un exemplaire devant le public.

Au-delà de ce programme, n’hésitez pas à visiter les beaux jardins du Domaine Joly-de Lotbinière, qui comprennent, entre autres, presque 250 variétés d’hémérocalle.

Horticulture

Un jardin historique intra-muros

Saviez-vous qu’il existe un jardin de simples — soit de plantes médicinales — à l’intérieur des murs de la ville de Québec, un jardin que vous pouvez d’ailleurs visiter? Il est situé tout près du premier jardin de plantes médicinales du Canada, au Monastère des Augustines.

Les Augustines de la Miséricorde de Jésus désignent un ordre religieux hospitalier originaire de la France. Les trois premières sœurs sont arrivées à Québec en 1639 pour soigner les malades, colons et Amérindiens, de la Nouvelle-France. Après un court séjour près de la maison des Jésuites, à Sillery, elles se sont établies à Québec, au site de l’actuel Monastère des Augustines, où elles fondèrent l’Hôtel-Dieu, le premier hôpital du Nouveau Monde au nord du Mexique, en 1646. 

Dès la fondation de l’hôpital, un jardin de simples dans la cour procurait beaucoup de médicaments, car à l’époque, on se soignait surtout avec les plantes. Il était géré par la sœur la plus expérimentée en soins pharmaceutiques: l’apothicairesse. 

Ce jardin a survécu pendant presque 300 ans. L’évolution de la médecine, avec ses pilules, ses injections et le rôle plus grand donné aux médecins, a fait diminuer l’importance du jardin de simples, et celui des sœurs a fini par disparaître. Mais voilà qu’il est de retour!

Le jardin renaît

Le jardin actuel, le Carré de l’apothicairesse, a vu le jour en 2017 dans une cour qui, pendant une bonne partie du XXe et du début du XXIe siècle, a été une aire de stationnement pour l’hôpital. Ce jardin de simples souligne l’importance des Augustines au début de la Nouvelle-France, ainsi que celle de Louis Hébert, premier apothicaire de la colonie, et de son épouse Marie Rollet.

Avec la collaboration de l’Université Laval et du professeur retraité Alain Asselin, du département de phytologie, on a recréé ce jardin qui comprend 23 plantes que les premières sœurs hospitalières auraient utilisées.

Horticulture

Gardez les plantes en pot en pleine forme

Le jardinage en bac et balconnière n’a jamais été aussi populaire. Que ce soit sur une terrasse, un balcon, une table ou un toit, tout le monde semble avoir son petit jardin de fleurs, de fines herbes ou de légumes. Et pourquoi pas, puisque c’est si facile? Mais encore faut-il entretenir les plantes… et cet entretien changera à mesure que la saison avance.

En effet, les plantes en pot grandissent, bien sûr, et cela, combiné avec leur floraison augmentée et la formation de fruits dans les cas de tomates et d’autres légumes, augmente leurs besoins en eau et en minéraux. Aussi, plus il fait chaud, plus les plantes perdent de l’eau à l’évaporation. Ajouté à cela le fait qu’on plante les végétaux en pot beaucoup plus serrés qu’habituellement afin de créer un plus bel effet, vous comprendrez que leurs besoins en arrosage — et en fertilisation! — vont aller en augmentant à mesure que l’été avance.

Un arrosage accru

Peut-être que, au début de la saison quand les plantes étaient petites, un arrosage par semaine suffisait pour votre jardin en pot. Maintenant qu’elles sont grandes, cela peut être deux fois par semaine, même plus, à moins que dame Nature ne vous aide avec une bonne pluie. Si vous avez choisi de petits pots (jamais une bonne idée!), il peut même être nécessaire d’arroser jusqu’à deux fois par jour! Soyez donc toujours aux aguets : n’attendez pas à ce que les plantes commencent à faner avant de réagir, car cela peut miner leur santé ou même les tuer. 

Pour savoir si vos plantes ont besoin d’eau, enfoncez l’index dans le terreau jusqu’à la deuxième jointure. S’il est sec, arrosez; sinon, essayez encore un ou deux jours plus tard. Tant qu’à arroser, faites-le abondamment, jusqu’à ce que le surplus commence à sortir des trous de drainage, signe que le terreau a absorbé toute l’eau qu’elle peut. Notez que, dans la plupart des municipalités, un tel arrosage manuel est permis en tout temps.

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7 trucs pour bien arroser le potager

Voilà, les tomates et les poivrons sont plantés, les carottes et les haricots commencent à pousser, vous récoltez déjà les premiers radis et feuilles de laitue. Votre potager, qu’il soit en pleine terre ou en pot, est sur la bonne voie. Il ne reste presque plus qu’à arroser… et à récolter. Et l’arrosage n’est pas sorcier. Voici comment faire.

1 Gardez le sol un peu humide

Il n’y a rien comme un stress hydrique (manque d’eau) pour faire avorter une récolte ou rendre un légume amer. Les légumes aiment une humidité constante, mais sans excès. Souvent, les jardiniers novices sont tellement enthousiastes qu’ils arrosent tous les jours : beaucoup trop! Mais il ne faut pas négliger les plantes non plus. 

Heureusement que nous avons tous (ou presque) l’outil idéal pour déterminer si le potager a besoin d’arrosage : notre index. Enfoncez-le dans le sol. Si le sol vous paraît humide, n’arrosez pas. Si le sol est sec au toucher, arrosez. Vérifiez au moins tous les deux jours. C’est aussi facile que ça… et on n’a jamais encore inventé un humidimètre aussi efficace que l’index humain! 

2 Arrosez en profondeur

Quand vous arrosez, faites-le toujours abondamment. Un passage rapide avec un arrosoir ne suffit pas. Cela ne fait qu’humidifier le terreau en surface. Il faut arroser longuement, pour que l’eau pénètre en profondeur. Un arrosage profond stimule les plantes à s’enraciner en profondeur et les plantes aux racines profondes résistent mieux au soleil chaud et au vent sec.

Si vous n’êtes pas sûr d’avoir assez arrosé, 30 minutes après avoir terminé, prenez un petit transplantoir et creusez un trou de 20 cm de profondeur. Si la terre n’est pas humide à 15 cm de profondeur, votre arrosage a été trop superficiel. Recommencez!

3 Arrosez tôt le matin, si possible

Le matin, l’air est frais et le sol est frais. Ainsi, il y a moins d’évaporation quand vous arrosez et l’eau ira davantage à la plante. 

Le pire moment pour arroser, c’est par un après-midi de grande chaleur : souvent, jusqu’à 75 % de l’eau s’évapore plutôt que d’atteindre la plante! 

Un arrosage en soirée, quand l’air et le sol commencent à se rafraîchir, paraît logique et, effectivement, moins d’eau est perdue, mais elle risque alors de rester sur le feuillage toute la nuit et des feuilles qui restent mouillées longtemps sont davantage sujettes aux maladies.

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La culture des pivoines herbacées

La pivoine herbacée (pivoine vivace) est une grande plante aux fleurs énormes, habituellement dans les teintes de rouge, rose et blanc (plus jaune et violet chez la pivoine Itoh). Elle est de croissance très lente, mais comme la plupart des plantes de croissance lente, elle vit très longtemps : 60 ans et plus, souvent plus d’un siècle. Toute sa croissance se fait au printemps. Si jamais ses feuilles sont endommagées, vous n’en verrez pas d’autres avant l’an prochain.

La floraison a habituellement lieu entre la fin mai et la mi-juillet dans nos régions, mais elle est en retard de plusieurs semaines cette année. Il existe des variétés très hâtives, hâtives, mi-saison, tardives et très tardives. Avec une sélection attentive, il est donc possible d’avoir des pivoines en fleurs pendant presque deux mois.
On peut planter les pivoines vendues en pot à tout moment entre le début du printemps et la fin de l’automne. Toutefois, le meilleur choix est au début de l’automne (fin août et septembre), car c’est à cette saison que la plante se manie le plus facilement et qu’on peut alors obtenir des pivoines à racines nues nettement meilleur marché que les plantes vendues en pot.
Le feuillage de plusieurs pivoines rougit joliment à l’automne. Quand il est fauché par le gel, vous pouvez le couper si vous voulez ou le laisser se décomposer sur place.

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La fascinante histoire de la pivoine

Les 22 et 23 juin se tient au Parc Marie-Victorin à Kingsey Falls (près de Drummondville) la dixième exposition annuelle de la Société québécoise de la pivoine, le Grand Bal des pivoines. Pour l’occasion, pourquoi ne pas faire un tour dans l’histoire de cette plante si populaire?

Origines lointaines

La pivoine appartient au genre Paeonia, un genre de 33 espèces surtout originaires de l’Europe et de l’Asie, avec deux espèces «égarées» trouvées en Amérique du Nord (P. brownii est même indigène au Canada, car elle s’étend jusqu’en Colombie-Britannique.) C’est le seul genre de la famille des Paéoniacées. Ainsi, la pivoine n’a aucun proche parent.

Le nom vient de Péon, disciple d’Asclépios, le dieu grec de la médecine. Selon la légende, il trouva une racine capable de réduire la douleur des femmes pendant l’accouchement. Cela rendit Asclépios si furieux qu’il voulut tuer son élève. Le dieu Zeus intervint toutefois et changea Péonia en la plante qu’il avait découverte, la pivoine. 

Depuis la nuit des temps, la pivoine est vue comme une plante médicinale, autant en Europe qu’en Asie. On la considérait presque comme une panacée, capable de guérir les tumeurs, les infections, les problèmes neurologiques, et beaucoup plus encore. 

La pivoine est comestible aussi, surtout ses fleurs. D’ailleurs, on dit que Confucius (551–479 EC) fut un grand amateur de la sauce à la pivoine!

C’est en Chine, pendant la dynastie Tang (7e siècle), qu’on commence non seulement à cueillir les pivoines sauvages, mais à les cultiver. C’est dans l’ancienne capitale de la Chine, Luoyang, que la pivoine fut cultivée pour la première fois. Elle demeure toujours le centre de la culture de la pivoine aujourd’hui, 1500 ans plus tard.

À l’époque, on ne savait rien de l’hybridation, ni même que le pollen servait à féconder les fleurs. Malgré cela, grâce à la culture de différentes variétés côte à côte, des croisements spontanés eurent lieu, donnant des plantes aux fleurs plus attrayantes. On commença alors pour la première fois à voir la pivoine comme plante ornementale. Bientôt, la pivoine devint l’emblème floral de la Chine et le demeura jusqu’à l’arrivée au pouvoir de la République populaire de Chine en 1949.

La pivoine de Chine, l’ancêtre de nos pivoines de jardin, n’arriva en Europe qu’au 18e siècle. On la nomma alors «pivoine blanche» (lactiflora veut dire «à fleurs laiteuses»), car la première variété connue était de cette couleur.

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Des fines herbes qui attirent les abeilles

Les fines herbes sont très à la mode ces temps-ci. On peut les cultiver en pleine terre ou en pot, normalement dans un endroit ensoleillé au sol bien drainé, puis récolter leurs tiges, feuilles et fleurs pour la cuisine. Mais plusieurs herbes jouent aussi un deuxième rôle: elles plaisent aux abeilles (et aux papillons aussi!), les attirant souvent de loin. On a donc tout intérêt à incorporer ces herbes au potager, car plusieurs légumes — concombres, courges, melons, poivrons, etc. — ont besoin d’abeilles de leur pollinisation, mais n’ont pas autant le don de les séduire que les herbes.

Voici 10 herbes qui plaisent autant aux abeilles qu’aux humains:

1  Agastache fenouil (Agastache foeniculum) : Une jolie grande vivace aux épis de fleurs bleu violet qui se succèdent pendant tout l’été, au grand plaisir des abeilles. L’agastache fenouil est une des rares fines herbes indigènes au Québec. Elle est aussi l’herbe de l’année 2019! Les fleurs et les feuilles au goût anisé sont utilisées comme assaisonnement ainsi que dans les tisanes, les sirops et les salades. 90-120 m x 45-60 m. Zone 2.

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La vivace de l’année 2019

Décidément, la Perennial Plant Association sait comment choisir une plante méritante! Année après année dans sa campagne «vivace de l’année», elle fait la promotion d’une plante réellement exceptionnelle et, surtout, qui a fait ses preuves. En effet, la vivace de l’année n’est jamais une nouveauté: il faut qu’elle soit sur le marché depuis plusieurs années avant d’être ajoutée à la liste des 400 gagnantes potentielles proposées annuellement.

Pour mériter un prix vivace de l’année, la plante doit:

  • Être adaptée à une large gamme de conditions climatiques;
  • Nécessiter peu d’entretien;
  • Offrir une bonne résistance aux parasites et aux maladies;
  • Être largement disponible sur le marché;
  • Offrir plusieurs saisons d’intérêt ornemental.

Cette année, le choix va à la bétoine ‘Hummelo’ (Stachys ‘Hummelo’), une vivace peu connue du grand public, mais à la floraison spectaculaire, lancée dans les années 1990 par l’hybrideur allemand Ernst Pagels. Le nom est en honneur du grand architecte paysager néerlandais, Piet Oudolf, dont le jardin se trouve à Hummelo, aux Pays-Bas. 

C’est une vivace aux nombreuses tiges dressées portant chacune un épi (Stachys vient du grec pour épi) de fleurs rose violacé qui persistent souvent deux mois, de juin à août, parfois même à septembre. Les petites fleurs tubulaires ont deux lèvres à l’extrémité, un trait classique des plantes de la famille des Lamiacées (famille de la menthe). Ses fleurs attirent les abeilles.

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Une pointe entre «experts horticoles»…

La jardinerie Hamel — connue jadis sous le nom Centre Jardin Hamel — fait un clin d’œil savoureux à la Société québécoise du cannabis (SQDC), depuis quelques jours.

Un panneau publicitaire au bord de l’autoroute Laurentienne (direction nord, à l’angle de la rue de la Croix-Rouge, à la hauteur du stade des Capitales), propose la pointe suivante : «on fait pousser du bon stock, pis on n’en manque pas!» 

Ce petit mot d’humour fait référence aux difficultés d’approvisionnement qu’a connues la SQDC à ses débuts, qui a forcé la réduction des heures d’ouverture. 

Une idée de pub qui décroche un sourire…

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Les Jardins de Métis ouvrent leurs allées

MATANE — Le feuillage vert tendre des arbres annonce l’ouverture des Jardins de Métis. Ce samedi 1er juin 2019, plusieurs activités attendent les visiteurs au cœur du site situé aux portes de la Gaspésie.

Parmi celles-ci, notons la corvée annuelle de nettoyage des berges, à laquelle participe une bonne partie des employés des Jardins. En fin de journée, les efforts des participants de la corvée seront bien récompensés lors de la première activité culinaire de la saison, alors que le nouveau chef exécutif, Frédérick Boucher, va cuisiner des saveurs gaspésiennes avec la collaboration de son équipe.

La journée d’ouverture est aussi l’occasion de présenter quatre nouvelles expositions, dont des tableaux du regretté cinéaste Gilles Carle à la maison écologique ERE 132. Pour l’exposition L’audible langage des fleurs, les murs de la Villa Estevan sont meublés de portraits de fleurs de la photographe T. M. Glass.

L’enseignant en photographie du Cégep de Matane, Yves Arcand, présente son exposition intitulée Antifloral. «C’est une approche avec des éléments moins flamboyants des fleurs, décrit le directeur des Jardins de Métis, Alexander Reford. Il nous fait regarder la fleur un peu autrement.»

La photographe Joan Sullivan qui, selon M. Reford, a complété un parcours complet des parcs éoliens à travers le Canada «pour photographier la beauté paysagère, mais aussi pour parler un peu des changements climatiques», présente Vents du changement.

Infos : jardinsdemetis.com

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Les lilas : surtout pour le parfum

Rappelez-vous des lilas de votre enfance et surtout les gros bouquets qui parfumaient toute la maison? On trouvait un magnifique lilas commun (Syringa vulgaris), à fleurs simples lavande ou blanches, ou encore, un des hybrides français à fleurs plus colorées dérivés du lilas commun, sur presque tous les terrains.

Mais aujourd’hui, on l’accuse d’occuper trop d’espace sur les terrains modernes plus petits. Et c’est vrai que cet arbuste entouré de drageons (repousses) peut facilement atteindre 3m de diamètre! Ainsi, les lilas nains qui, eux, ne drageonnent pas et restent très compacts, commencent à le remplacer. 

Mais pas si vite! Même si les lilas nains sentent bon, rien n’égale le parfum d’un lilas commun en pleine floraison. À vous de décider si vous acceptez un parfum moins séduisant… ou trouverez la place pour un beau, gros lilas comme autrefois!

Culture des lilas

On peut planter un lilas en toute saison, tant que le sol n’est pas gelé. Préférez un emplacement très ensoleillé (plus il y a de soleil, plus le lilas fleurira) au sol bien drainé et pas trop riche. 

Creusez un trou de la profondeur de la motte et trois fois plus large, puis enlevez le pot et déposez la motte dans le trou. Ensuite, remblayez avec la terre prélevée et arrosez bien. Ne sont pas pour lui les engrais et les composts : un sol trop riche nuit à la floraison.

Maintenant, patientez. Le lilas commun ne commence à fleurir abondamment que vers l’âge de 5 à 7 ans! Par contre, l’arbuste est de très longue vie et vivra sans doute plus longtemps que la personne qui l’a planté. (Les lilas nains, par contre, fleurissent dès leur jeunesse, souvent l’année suivant la plantation.)

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Les Exceptionnelles 2019: de belles découvertes (suite)

La semaine dernière, je vous ai présenté quatre des nouvelles introductions Les Exceptionnelles pour 2019. Voici les trois autres.

1- Séneçon blanc Angel Wings (Senecio candicans “Senaw”) (photo principale)

Sans doute le plus original des gagnants Exceptionnelles 2019, le séneçon blanc Angel Wings offre de grandes feuilles blanc argenté très douces au toucher. C’est une couleur qui mettra en valeur les plantes avoisinantes, mais la plante est des plus impressionnantes isolée aussi. Ne vous attendez pas à une floraison quelconque : c’est une plante cultivée pour son beau feuillage. Ce séneçon réussit au soleil, la situation idéale, ou à la mi-ombre et dans tout sol bien drainé. Il tolère une certaine sècheresse, mais sans exagération. Originaire de la Terre de Feu, à la pointe de l’Amérique du Sud où les températures sont fraîches à froides toute l’année, il ne sera pas dérangé par des températures fraîches et tolérera même plusieurs degrés de gel. Il fait une excellente plante d’intérieur pendant l’hiver : placez-le devant une fenêtre ensoleillée et arrosez-le modestement. On peut le multiplier par division ou bouturage. H : 20-40 cm. L : 20-30 cm.

Des plantes comestibles

Le programme Les Exceptionnelles a pensé innover cette année en ajoutant des plantes comestibles à son programme. Ainsi, dans les trois jardins d’essai (le Jardin botanique Roger-Van den Hende, le Jardin Daniel A. Séguin et le Jardin botanique de Montréal), il y avait une section de légumes et de fines herbes à essayer. Le visiteur devait goûter à ces plantes et donner son appréciation. Le hic, c’est quand trop de gens récoltent une plante, il n’en reste plus pour les suivants! Ainsi, quand j’ai visité le Jardin botanique Roger-Van den Hende l’été dernier, j’ai été déçu : il n’y avait plus de fruits prêts à manger sur les plants! 

L’an prochain, les organisateurs vont réviser leur façon de fonctionner vis-à-vis des plantes comestibles. J’ai entendu dire qu’il y aura des journées spécifiques où l’on organisera des dégustations spéciales, ce qui est beaucoup plus logique. 

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Pour 2019, il y a deux légumes parmi les gagnants des Exceptionnelles.

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Jungle urbaine signée Alma

Alma, entreprise montréalaise de vente en ligne de plantes d’intérieur et d’accessoires, s’invite à Québec les 25 et 26 mai, de 9h30 à 17h. Elle organise une boutique éphémère au deuxième étage de la Récolte, au 980, avenue Cartier, à Québec.

On promet une «vraie jungle urbaine avec des centaines de plantes», des cache-pots en bois de La Petite Écharde, des jardinières de Kapadocia Macramé et de Bar à Plantes, ainsi qu’une ligne maison de modules en bois. 

L’équipe autour de la fondatrice Audrey Robitaille fait des livraisons ponctuelles dans la capitale et les environs, et projette ouvrir un local de cueillette «à moyen terme» dans la région. 

L’entreprise a pour objectif d’offrir un «service sur mesure et personnalisé». Elle décore et verdit aussi bureaux et salles de réception lors d’événements. 

Info : almaplantes.com

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Exceptionnelles 2019 : de belles découvertes

Tous les ans depuis 2006, de nouvelles Exceptionnelles arrivent sur le marché au printemps. Que sont-elles? De nouvelles variétés de fleurs, choisies par le public lors de visites à trois jardins : le Jardin botanique Roger Van den Hende, le Jardin botanique de Montréal et celui à l’origine du programme, le Jardin Daniel A. Séguin à Saint-Hyacinthe. Le programme a toutefois connu des complications en 2019 : 4 des 13 gagnantes ne seront pas offertes cette année! Il y avait, paraît-il, des problèmes d’approvisionnement de semences. Peu importe la raison : il y aura neuf gagnantes à essayer en 2019. Les quatre variétés non disponibles rejoindront le palmarès l’an prochain, me dit-on.

La semaine prochaine, je vous présenterai les trois autres gagnantes du programme des Exceptionnelles. En attendant, vous trouverez ces quatre premiers gagnants dans toute bonne jardinerie :

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De nouveaux livres horticoles à découvrir

Je suis un lecteur invétéré de livres horticoles et les collectionnent comme certaines personnes collectionnent des timbres. Voici quelques-unes de mes plus récentes découvertes.

50 Plantes envahissantes

C’est le tout premier guide sur les plantes envahissantes de l’Est du Canada. Si vous avez des problèmes avec la renouée japonaise, le phragmite, l’herbe aux goutteux ou 47 autres espèces de plantes indésirables, voici une source d’information très complète à leur sujet. L’auteur, un biologiste, professeur à l’Université Laval, décrit leur biologie, leur répartition, leurs impacts et les moyens de freiner leur prolifération. Les rubriques présentent aussi des détails surprenants sur leur introduction et leurs utilisations. Superbement illustrée de photos pour aider à l’identification.