Pendant les longues soirées d’absence de son conjoint (les journaux ont été produits de soir et nuit pendant longtemps), Suzanne Beaulieu fabriquait des figurines des personnages de l’actualité québécoise. Bertrand Tremblay a entre les mains celle de René Lévesque, qui était cher au coeur de sa femme et qui l’est tout autant pour l’éditorialiste à la retraite en raison de la noblesse de l’ancien premier ministre du Québec. Celui-ci est demeuré à son point de vue un véritable serviteur de la population, un homme qui ne fait pas partie des millionnaires de la politique.

Le legs de Bertrand Tremblay pour le journalisme

Pendant les 68 dernières années, Bertrand Tremblay a côtoyé des dizaines de décideurs, principalement des politiciens. Il a aussi été un défenseur de la qualité de l’information. Aujourd’hui, il livre en quelques phrases ce qu’il considère comme étant une forme de legs pour le monde du journalisme, en plus du modèle qu’il a été.

Le Cercle de presse du Saguenay fêtera en 2019 son 50e anniversaire de fondation. Bertrand Tremblay a créé cette tribune pour remplacer le Club des journalistes du Saguenay-Lac-Saint-Jean qu’il jugeait «trop mou». Encore aujourd’hui, le Cercle de presse du Saguenay jouit d’une très grande crédibilité. Bertrand Tremblay voulait une tribune contrôlée par les journalistes afin de leur permettre d’aborder tous les sujets avec les décideurs qui se prêtent à cet exercice hebdomadaire.

Depuis qu’il a rangé la plume de commentateur de l’actualité régionale, Bertrand Tremblay a sorti celle de l’écrivain. Il travaille en ce moment à la rédaction de ses mémoires, lui qui a été témoin de 68 années d’évolution de la société régionale.

Dans son bureau, Bertrand Tremblay conserve l’édition reliée des 45 numéros d’AL13 qu’il a dirigés en suivant les mêmes règles que les grandes revues scientifiques. Son objectif était de rendre disponible en français l’information spécialisée qui concernait l’industrie de l’aluminium, si importante pour la région. Il a fait état du rôle central dans ce projet de feu son frère Laurent, qui travaillait au financement, et de l’appui inconditionnel de l’ex-directeur du Centre québécois de recherche et de développement de l’aluminium (CQRDA), Lucien Gendron.

Ancien éditorialiste, Bertrand Tremblay prend la pose avec le président actuel des journaux Le Quotidien et Le Progrès, Michel Simard.
L’ancien journaliste Bertrand Tremblay et le sociologue Gérard Bouchard ont tous les deux beaucoup écrit sur la région.

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SUR LES HOMMES POLITIQUES QU'IL A CRITIQUÉS...

Marc-André Bédard, ministre péquiste

«Il a été un rassembleur et a toujours travaillé pour la population. Il a quitté la politique pas très riche, comme René Lévesque. Encore aujourd’hui, Marc-André oeuvre pour la communauté. Il est en train de sauver notre cathédrale.»

Marcel Lessard, ministre fédéral libéral de l’Expansion économique régionale

«J’étais à Québec quand il a forcé les fonctionnaires à accepter l’autoroute régionale comme lien routier stratégique national. Il m’a dit de regarder les fonctionnaires qui n’étaient pas de bonne humeur de cette décision. Il a réservé une enveloppe de 25 M$ et le projet a pu débuter.»

Marcel Dionne, député libéral

«On peut dire ce que l’on veut, mais un jour, le port de Grande-Anse deviendra une infrastructure névralgique pour notre région et c’est lui qui en fut le grand architecte.»

André Harvey, député libéral

«Sa décision de passer des conservateurs aux libéraux a permis à la région d’avoir un centre de recherche canadien sur l’aluminium (CTA CNRC). Sans son geste, on ne l’aurait jamais obtenu.»

Lucien Bouchard, premier ministre du Québec

 «C’est l’homme fort. Il a créé son parti à Ottawa. Il a été premier ministre et ce n’est pas facile. C’est aussi tout le prestige qu’il a attiré sur la région avec la façon dont il a travaillé dans les plus hautes fonctions de l’État.»