«Voyez comme les animaux peuvent inspirer de belles histoires !» - Picotte

Le conte de Noël de Râto

Il y a longtemps, dans un village du Lac-Saint-Jean, errait un chien sans nom. Sa famille l'avait jeté dehors, au mois de septembre 2015, alors qu'il avait fait ses besoins dans la maison.
Ayant perdu tous ses repères, le chien d'une dizaine de livres découvrait les dangers de la ville. Des gens le chassaient de leurs poubelles, des chats de gouttière l'attaquaient, de gros chiens le pourchassaient et des autos le klaxonnaient. Pour lui, le monde était devenu un monstre. Même le gentil monsieur qui lui donnait quotidiennement des saucisses n'arrivait pas à approcher le petit chien roux. 
Évidemment, il ne pensait pas comme un humain. Dans sa tête de chien, il croyait que les portes de maisons n'allaient plus jamais s'ouvrir.
Un jour, le fringant petit mâle croisa le destin d'une chienne aussi petite que lui qui vivait la même chose. Elle aussi, on l'avait mise dehors. Ils s'amusaient, vagabondaient, grelottaient et avaient parfois faim ensemble. Malgré la liberté totale, l'école de la vie était souvent pénible. 
Pendant ce temps, quelque part au Saguenay, le trio que formait Picotte, Grignotte et Criko s'était dissipé avec le départ du colley Criko, essoufflé par ses 11 années de vie. Mélissa mit alors dans les mains du destin son espoir de revoir son trio se former avec une nouvelle aventure canine. 
Le jour du 24 décembre 2015, alors que le froid hivernal s'était bel et bien installé, le gentil monsieur qui donnait des saucisses aux chiens errants appela le Refuge Animal de Roberval pour qu'on vienne en aide à ces bêtes. Les deux vagabonds passèrent le 24 décembre bien au chaud avec un bol de nourriture et de l'eau fraîche. La femelle, plus chanceuse, trouva rapidement une famille. Quant au petit chien roux, il fut castré et soigné, car il avait plusieurs blessures sur le corps qui laissait croire qu'il avait peut-être la teigne. En fait c'était des blessures de sa vie errante.
Presque deux mois s'écoulèrent avant qu'on l'adopte. Il faut dire qu'il était un peu différent avec ses dents d'en bas sorties, son nez écrasé, ses oreilles croches et ses yeux globuleux. Il resta moins de 24 heures dans cette famille qui le ramena au refuge en disant qu'il jappait beaucoup et faisait ses besoins partout dans la maison. C'est alors que le refuge demanda aux Étoiles de Picotte de prendre en charge le petit roux afin de l'aider à avoir de meilleurs comportements. 
Une nouvelle vie
Le 16 février 2016, celui qu'on baptisa Râto, débarquait parmi les Étoiles de Picotte. Avec un peu de discipline, il devint rapidement propre dans la maison. 
Pour l'avoir constamment à l'oeil, Mélissa demandait à Râto de la suivre partout. Quand elle ne pouvait pas le surveiller, elle l'installait confortablement dans sa cage. Au début, quand il faisait ses besoins dehors, et que la porte de la maison se refermait, Râto avait tendance à se sauver en croyant que la porte n'allait plus jamais s'ouvrir. Il fallut user de stratégie pour rassurer le petit chien et lui faire comprendre que jamais nous n'allions l'abandonner. Étant dans un milieu rassurant et calme, Râto n'utilisait plus jamais les jappements pour s'exprimer. 
Sa vie errante lui avait aussi permis de devenir un excellent voyageur, capable de s'habituer à toutes les situations. Il était devenu un sage communicateur capable d'échanger poliment avec les autres chiens. Même s'il avait manqué de nourriture, il était toujours prêt à laisser sa nourriture aux animaux et aux humains qui se pointaient vers son bol.
Croyant que Criko nous avait envoyé un petit chien magique, parfaitement adapté pour travailler avec nous, Râto resta à jamais, parmi les Étoiles de Picotte. C'est ainsi qu'on lui fit la promesse de l'aimer pour le reste de sa vie !
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Joyeuses Fêtes!
L'année 2015 s'est terminée tristement pour Picotte et Grignotte qui ont perdu leur vieil ami Criko, mort de vieillesse. Par contre, l'année 2016 a commencé avec une nouvelle aventure canine signée Râto. L'intégration de Râto a été très facile. C'est comme s'il avait toujours fait partie de la gang. Il prend parfois même la relève de Picotte qui aura 15 ans dans quelques jours et qui préfère paresser plutôt que de travailler.