Pendant sa carrière, Serge Laprise a occupé plusieurs postes. L’animateur radio n’a toutefois jamais occupé la foncton de journaliste à temps plein.

L'animateur Serge Laprise fermera son micro une dernière fois

L’animateur radio de Planète 100,3, Serge Laprise, s’apprête à fermer son micro, pour une dernière fois, après une longue carrière de 43 ans. L’exploit est multiple pour celui qui a travaillé à la même antenne pendant toutes ces années alors que la stabilité d’emploi n’est pas légion dans ce domaine.

Celui qui animera une dernière émission le 2 août prochain conserve un souvenir bien précis de sa première intervention à CHVD 1230, le 26 août 1976. C’est l’actuel conseiller municipal de Saguenay, Michel Thiffault, qui l’avait guidé pour une première météo dans l’émission de 18 h.

« Il m’a dit : « fais ta première météo, ça ira. Énerve-toi pas, il y a 20 000 personnes qui t’écoutent ». J’étais nerveux et je savais que ma parenté écoutait », se souvient-il avec plaisir.

Animateur par hasard

Rien ne prédestinait Serge Laprise à emprunter cette voie qui le mènerait à consacrer plus de quatre décennies de sa vie à la radio. L’histoire d’amour a débuté simplement alors que le natif de Saint-Ludger-de-Milot, au Lac-Saint-Jean, s’est impliqué dans la radio étudiante de la Polyvalente Laure-Conan de Chicoutimi.

Serge Laprise, qui a débuté sa carrière sur la bande AM à CHVD 1230, prendra sa retraite au FM, à Planète 100,3, et ce, sans avoir changé d’antenne.

« On a commencé à s’amuser à la radio étudiante le midi. On a eu un certain succès. Le directeur du programme de la polyvalente m’a dit que je n’étais peut-être pas dans le bon domaine. Le directeur de l’école avait même prolongé l’heure du midi afin qu’on allonge notre émission. On m’a fait la suggestion de rencontrer les gens de la radio de CJMT », raconte celui qui est également directeur adjoint de la station, propriété de Cogeco Média.

Serge Laprise n’a pas décroché d’emploi. Il a toutefois quitté la rencontre avec plusieurs conseils en poche. « On m’a dit que j’avais les aptitudes. À l’époque, nous n’étions pas obligés de suivre un cours. On était formé sur le tas. On me disait : « À 17 ans, ta voix n’est pas encore placée. Essaye de la travailler et descend ça, faut que ça sorte du coffre » », ajoute-t-il.

L’équipe de CJMT lui a également fait la suggestion de cogner aux portes des stations de son coin de pays, soit celles de Dolbeau et de Roberval.

Après avoir obtenu un diplôme d’agent de commercialisation, Serge Laprise est retourné à Dolbeau-Mistassini. Il y occupait un emploi relié à ses études au magasin Continental de Mistassini en plus de participer à quelques émissions de radio.

C’est l’ultimatum de son employeur du commerce qui l’a poussé à tenter sa chance vers les ondes. « Mes parents m’ont appuyé en me disant que je n’avais pas de femme ni d’enfant et que j’avais cette liberté. J’ai essayé ça même si je gagnais moins cher à la radio qu’au magasin. J’aimais la musique », explique l’animateur qui se lève aux aurores depuis plus d’une décennie.

Les années se sont accumulées et la période d’essai de deux semaines a finalement duré 43 ans.

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UNE LONGUE CARRIÈRE À DOLBEAU-MISTASSINI

(ACB) —Contrairement à plusieurs animateurs, Serge Laprise n’a jamais voulu faire carrière dans les grandes villes. Il est catégorique, Québec et Montréal n’ont jamais occupé ses rêves. Son métier, il l’a pratiqué pendant 43 ans, chez lui, à Dolbeau-Mistassini.

Après quatre décennies passées à la même antenne, Serge Laprise n’a jamais regretté d’avoir refusé d’autres offres. « Je suis un gars de région, de mon coin. Quand on a d’autres offres, on les analyse. Des fois le coût de la vie est différent. Je ne voulais pas déraciner ma femme et mes enfants », expose-t-il.

Contrairement à d’autres collègues, il n’a pas cumulé les déménagements, aux quatre coins de la province, afin de vivre sa passion. « J’ai eu une stabilité et je n’ai jamais fait de chômage. L’entreprise a toujours évolué et les défis se succédaient. Il y a eu l’arrivée de l’informatique et les problèmes que ça occasionnait, le passage du AM au FM le 1er mars 2002 et l’identité CHVD Émotion Rock que j’ai créée en partie », explique-t-il dans son bureau qu’il occupe pour encore quelques semaines.

Serge Laprise a animé plusieurs émissions à la Polyvalente Jean-Dolbeau pendant le Jeux du Québec qui se sont tenus à Dolbeau en 1985.

L’animateur reconnaît que la station locale lui a permis de grandes latitudes et l’occasion de toucher à tout. Il ajoute « qu’à Québec et Montréal, ce sont des vedettes. Et que si tu n’es pas vedette, tu appuies sur le bouton pour la vedette ».

Celui qui accompagne la population depuis 40 ans se défend d’être une vedette. « Je n’aime pas la tribune à l’avant. Je parle avec mon monde, je suis à l’aise. Mais je ne suis pas une personne qui se place à l’avant, tout le temps », précise Serge Laprise. Il adore le contact avec la population que lui procure son boulot. « J’ai des témoignages tous les jours. Les gens nous approchent et sont proches de nous. Le taux de pénétration de la station est phénoménal, cela confirme qu’ils sont attachés à nous. C’est instantané, on parle de quelque chose et on s’en fait parler dans la journée », ajoute-t-il.

Dernière émission

Même si la retraite est planifiée depuis trois ans, Serge Laprise n’a aucune idée à quoi ressemblera sa dernière journée de travail, le 2 août. Chose certaine, il s’attend à être émotif alors que la population et les collègues lui parlent déjà de cette ultime émission.

L’animateur Serge Laprise a réalisé des milliers d’entrevue pendant sa carrière qui a duré 43 ans.

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DE LA GRANDE VISITE EN STUDIO

(ACB) — Même si la station de radio locale se retrouve à des centaines de kilomètres des grands centres, cela n’a pas empêché la venue de dizaines de personnalités publiques dans ses studios. 

Serge Laprise se rappelle de la visite d’une jeune et simple Céline Dion qui était de passage au Festival Western de Dolbeau. La tenue de ce festival qui s’échelonnait pendant plusieurs jours et celle du Festival du Bleuet de Mistassini permettaient aux animateurs de réaliser des entrevues avec plusieurs artistes aimés du grand public. 

L’animateur radio se remémore les débuts de Mario Pelchat. Le chanteur qui commençait dans le domaine l’appelait afin de lui faire part de ce qui se tramait dans sa jeune carrière. Lorsqu’il revenait chez lui, c’est à vélo qu’il se rendait à la station du boulevard Wallberg.

L’animateur conserve de bons souvenirs des débuts de Marie-Nicole Lemieux qu’il a vu évoluer, entre autres, à la chorale de soeur Clairette. Il en va de même pour les autres artistes du secteur, dont Guylaine Tanguay, Julie Boulianne et David Savard.

Celui qui a occupé toutes les fonctions d’animateur a également vécu les grands moments de l’histoire à travers la radio. Serge Laprise souligne la tenue des Jeux du Québec à Dolbeau en 1985. L’équipe animait à partir de la centrale des jeux située à la Polyvalente Jean-Dolbeau. Il se remémore, avec le plus grand des sourires, les moyens techniques rudimentaires de l’époque.

Comme bien des Saguenéens et des Jeannois, Serge Laprise conserve un souvenir précis et parfait du tremblement de terre de 1988. « J’étais en ondes. Je me souviens de la chanson qui jouait et qui s’est arrêtée. C’était A Word In Spanish d’Elton John. J’ai présenté la chanson et j’ai vu le mur de brique bouger. Je me disais, je dois intervenir pour les auditeurs. J’ai ouvert le micro et le tremblement a recommencé », raconte-t-il.

Même si la radio pour laquelle il oeuvre ne se définit pas comme politisée, Serge Laprise avoue que les deux référendums de 1980 et de 1995 ont été marquants.