L’amour n’a pas de limite pour Charles-Olivier Doiron et Claudia Duchesne. Les deux tourtereaux ne se laissent pas abattre par le handicap de Claudia.

L'amour sans limite

L’amour n’a pas de barrières chez les Duchesne-Doiron. Après avoir adapté leur nouvelle demeure pour que Claudia Duchesne puisse jouir de la vie malgré qu’elle soit clouée à un fauteuil roulant depuis trois ans, Charles-Olivier Doiron n’a pas arrêté ses efforts pour combler sa bien-aimée. Il fait tout pour partager des activités avec elle, si bien qu’il a appris à manier le fauteuil roulant pour comprendre ce que la jeune femme vit depuis qu’elle a perdu l’usage de ses jambes.

Il y a plus d’un an, Claudia Duchesne et son conjoint Charles-Olivier Doiron avaient fait la manchette du Progrès. À ce moment, Charles-Olivier avait adapté la nouvelle demeure du couple, afin que Claudia puisse y vivre aisément et y circuler librement. Depuis, le couple s’est marié et file toujours le parfait bonheur, malgré les embûches qui se dressent sur son passage.

Après avoir adapté leur maison pour Claudia, Charles-Olivier s’initie aux sports en fauteuil roulant, comme le hockey-luge.

Victime d’un cancer de la colonne vertébrale en 2016, Claudia Duchesne avait été opérée à Montréal pour qu’on lui retire une masse cancéreuse. L’opération, qui devait durer cinq heures, ne s’est pas bien passée. La jeune femme a finalement passé 16 heures sur la table d’opération. Elle s’en est sortie après d’innombrables transfusions sanguines, mais sa moelle épinière n’a pas eu la même chance.

«En fait, ma moelle épinière est morte ce jour-là», raconte Claudia Duchesne.

L’amour n’a pas de limite pour Charles-Olivier Doiron et Claudia Duchesne. Les deux tourtereaux ne se laissent pas abattre par le handicap de Claudia.

Après de longues semaines passées à l’hôpital, la jeune femme a pu rentrer chez elle. Le jeune couple qu’elle formait alors avec Charles-Oilivier, ensemble depuis un an à peine, n’a été que solidifié par le drame. Avec du recul, les amoureux peinent à croire qu’ils ont passé au travers toutes ces épreuves.

«Je n’ai jamais pensé à m’en aller», confie Charles-Olivier, qui refuse d’agir en simple aidant naturel pour sa jeune épouse. «C’est certain que je suis un aidant, mais c’est important pour moi, et pour nous, d’être beaucoup plus que ça», souligne le jeune homme.

Claudia et Charles-Olivier se sont mariés l’an dernier.

Vie active chamboulée

Avant que le malheur ne frappe le jeune couple, les tourtereaux partageaient une passion commune, celle des courses à obstacles. Ensemble, ils participaient à plusieurs courses de ce genre, un peu partout en province. L’année où tout a changé, ils avaient d’ailleurs plusieurs courses au programme durant l’été. Mais le couple a dû mettre une croix sur cette passion.

Il n’était toutefois pas question de rester inactifs, soulignent les deux jeunes mariés. Au cours de la dernière année, Claudia et Charles-Olivier se sont donc initiés à tous les sports adaptés qui étaient offerts en région. Pickleball, volleyball, hockey-luge et bientôt ski alpin; Claudia et Charles-Olivier se lancent dans de nouvelles aventures autant qu’ils le peuvent. Et Charles-Olivier ne fait pas les choses à moitié. «Je voulais comprendre comment Claudia se sent, dans son fauteuil roulant. Alors j’ai décidé de pratiquer ces sports comme elle, en fauteuil roulant. Ce qui est important, c’est de trouver des intérêts communs», a souligné Charles-Olivier Doiron.

Le couple partageait une passion commune pour les courses à obstacles avant l’opération de Claudia. Bien qu’ils aient dû mettre une croix sur cette passion, les amoureux ont tout de même participé à la «Color Run» de Montréal.

Dernièrement, il a parcouru les 10 kilomètres de l’Autre Défi en fauteuil roulant, accompagné de sa douce. «C’est certain que je n’ai pas de limitations physiques, alors je n’ai pas trop de misère à jouer au volleyball ou au hockey en fauteuil, mais je me rends surtout compte de ce que vit Claudia quotidiennement», ajoute celui qui s’est également rendu au centre commercial en fauteuil, afin de se mettre dans la peau de son amoureuse. «Je sais que je ne pourrai jamais vraiment comprendre, mais je peux le vivre un peu», souligne le jeune homme.

Évidemment, ces attentions font grandement plaisir à Claudia Duchesne. «Lorsque je vois qu’il a un peu de misère, ça me fait sourire, car il comprend mieux comment je me sens chaque jour! Je ne me réjouis pas de ses difficultés, mais au moins, il voit que ce n’est pas toujours facile et comment est ma vie depuis trois ans», lance Claudia, qui fait preuve d’une grande résilience.

Les deux jeunes mariés ont participé à l’Autre Défi, au printemps, tous les deux en fauteuil roulant.

«C’est certain qu’on pourrait se décourager, mais on n’est pas comme ça. Je ne veux pas que la vie de Claudia soit plus compliquée qu’elle ne l’est déjà. Et je ne veux surtout pas qu’on nous mette des barrières parce qu’elle est en fauteuil roulant», ajoute Charles-Olivier Doiron.

L’amour n’a pas de limite pour Charles-Olivier Doiron et Claudia Duchesne. Les deux tourtereaux ne se laissent pas abattre par le handicap de Claudia.
L’amour n’a pas de limite pour Charles-Olivier Doiron et Claudia Duchesne. Les deux tourtereaux ne se laissent pas abattre par le handicap de Claudia.

+ L'OFFRE EST ENCORE RARE POUR LES HANDICAPÉS

L’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite reste un combat quotidien pour Claudia Duchesne. Et l’offre d’activités dédiées aux handicapés pourrait être bonifiée en région, estiment les deux jeunes amoureux. 

« C’est bien, puisqu’on a une très belle communauté de personnes handicapées dans la région. On se tient et on soude des liens d’amitié solides. Mais il n’y a pas beaucoup d’activités offertes ici. Nous nous inscrivons à tout ce qui est possible, mais souvent, les équipes ou les sports offerts ne le sont pas longtemps », note la jeune femme. Par exemple, Claudia et Charles-Olivier s’étaient inscrits dans l’équipe de hockey-luge l’an dernier, à La Baie, mais les activités ont cessé. « Il y a le volleyball et le pickleball, mais on aimerait essayer d’autres choses pour faire du sport ensemble plus souvent », note Claudia Duchesne, qui s’initiera d’ailleurs au ski alpin avec son mari l’hiver prochain. 

Bien que la société ait grandement avancé concernant l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite, il n’en demeure pas moins que Claudia doit encore faire face à des préjugés et à de la stigmatisation. Les stationnements restent encore aujourd’hui un fardeau pour les personnes en fauteuil roulant. 

« Je me suis déjà fait dire de rouler un peu plus et que j’allais arriver à la porte quand même. Certains me disent aussi qu’ils sont juste là deux minutes (lorsqu’ils sont stationnés dans un espace pour handicapés, mais qu’ils ne souffrent pas d’un handicap). Moi, je leur réponds que mon handicap n’est pas là juste pour deux minutes. C’est encore un combat », affirme Claudia Duchesne.