Le procureur fédéral américain Jaime Shepherd aime particulièrement le Canada pour ses grands espaces et ses citoyens, qu’il trouve particulièrement chaleureux.

L’Américain qui aime le Canada

CHRONIQUE / Évidemment, je ne parle pas de Donald Trump. Son amour pour notre pays est aussi probable qu’un commis disponible dans une quincaillerie par les temps qui courent. L’arrivée de la saison estivale fait son effet !

Je parle de Jaime Shepherd. Un procureur fédéral américain que j’ai rencontré pendant le sommet du G7.

Son drapeau installé derrière son vélo a piqué ma curiosité. Enfin de l’action ! Les journalistes cherchaient désespérément des manifestants ou des sympathisants de Trump à La Malbaie.

Le cycliste n’était cependant pas là pour saluer ou dénoncer les leaders les plus puissants du monde. Il voulait d’ailleurs éviter le G7, mais un bris sur son vélo a retardé son périple.

Jaime pédale de New York jusqu’à Saint-Pierre-et-Miquelon. Un voyage de plusieurs semaines avant de commencer sa nouvelle assignation.

Chaque année, il vient passer des vacances au Canada. L’anglophone voue une véritable passion pour notre pays, m’a-t-il confié.

« Vous avez tout ! Les grands espaces, sans être coincé. Les gens sont accueillants, chaleureux », me lance-t-il.

Il essayait de me vendre mon propre pays. Je le sais, Jaime. Je fais partie des privilégiés nés dans l’une des sociétés les plus belles et les plus justes. On est loin d’être parfaits. On a encore bien du travail à faire pour rendre nos services à la hauteur de ce que l’on paye. Mais je ne changerai pas nos systèmes de santé et de justice avec eux. J’emprunterai juste un peu de leur climat californien.

Malheureusement, notre pays attire moins d’Américains que les États-Unis attirent de Canadiens. Le nombre de voyages des Canadiens à l’étranger a d’ailleurs dépassé le nombre de voyages internationaux au Canada. Fou, non ?

Bon an mal an, on compte près de 35 millions de séjours à l’étranger par les Canadiens. Des déplacements principalement en direction de nos voisins du Sud. Ça représente un voyage à l’étranger pour deux Canadiens. Mais on accueille moins de 15 millions d’Américains en sol canadien. Et ça, c’est dans nos meilleures années. Je vous le rappelle, notre pays compte cinq fois moins d’habitants que les États-Unis.

« Je pense que les Américains viennent moins au Canada parce qu’ils ne connaissent pas les atouts de votre pays. Mais il y a aussi plusieurs Américains qui ne veulent tout simplement pas voyager », analyse Jaime, qui trouve étrange de ne pas rencontrer plus de compatriotes en vacances.

On a de la place en masse pour accueillir plus de touristes en provenance des États-Unis. Mais il y a de ces Américains qu’on préfère avoir. Comme Jaime, qui se force même à dire quelques mots en français en guise de respect au pays hôte. Disons qu’on en connaît un autre qui a de moins bonnes manières... Laura Lévesque