Thierry LeRoux était impliqué auprès des jeunes de la communauté de Lac-Simon.

La mort d’un enfant… le deuil des parents

CHRONIQUE / Le 13 février 2016, l’agent de police Thierry LeRoux, du Service de police Anishnabe de Lac-Simon, en Abitibi, est assassiné lors d’une intervention qui a mal tourné et dont le tueur s’est enlevé la vie par la suite.

Nous revenions d’une belle soirée en famille chez mon frère lorsque deux policiers du Service de police de Saguenay frappent à notre porte vers minuit, nous annonçant la tragédie qui va changer à jamais le cours de notre vie.

Donner un sens à quelque chose qui n’en a pas

En ce qui nous concerne, depuis le jour 1, nous avons toujours mentionné que Thierry ne devait pas avoir sacrifié sa vie pour rien. À partir de cette affirmation de notre part et grâce à trois collègues de Thierry, une idée a pris forme, celle de créer une Fondation au nom de Thierry. Et c’est donc 16 mois suivant la tragédie de Lac-Simon que la Fondation Thierry LeRoux a été lancée. Pour nous, la Fondation Thierry LeRoux est une façon de donner un sens à quelque chose qui n’en a pas. Et ce sens prend toute son essence dans l’implication de Thierry dans la communauté de Lac-Simon. Il croyait en la jeunesse et il croyait que par le sport, il pouvait améliorer la vie des jeunes de la communauté Anishnabe et les éloigner du contexte social de l’alcoolisme et de la toxicomanie. L’implication de Thierry auprès des jeunes est devenue la mission générale de la Fondation et, par le fait même, l’extension de la vie de Thierry. Le deuil que nous devons traverser est différent pour chacun des proches. Nous devons réaliser que notre enfant ne sera plus jamais parmi nous et que nous devrons apprendre, tant bien que mal, à vivre avec son absence. Les activités de financement ainsi que les contributions financières réalisées auprès des jeunes représentent à la fois une façon de perpétuer la courte vie de Thierry et également, de garder vivante la mémoire de ce dernier dans l’esprit et le coeur de tous ceux et celles qui l’ont côtoyé. Thierry possédait un sourire contagieux et voir les photos de tous ces jeunes que la Fondation subventionne, nous permet de garder bien présent autour de nous celui de Thierry. Le deuil est une démarche longue, difficile, éprouvante, remplie de chagrin, de douleur comportant également des possibilités de retrouver un certain goût de vivre dépendamment de l’option que l’on prend. Nous impliquer au sein de la Fondation Thierry LeRoux est une étape de ce deuil qui nous aide à avancer, pour une cause qui tenait à Thierry et qui donne un sens à ce qui n’en a pas.

Thierry LeRoux travaillait pour le Service de police Anishnabe de Lac-Simon, en Abitibi, lorsqu’il a perdu la vie, en février 2016.

Commémorer ceux et celles qui ont fait le sacrifice ultime

Un autre événement s’est ajouté à cette démarche et cette idée est venue de Steffan, le frère de Thierry. Cette idée qui a fait son chemin et qui s’est réalisée en 2019 est la Randonnée du Souvenir Thierry LeRoux. C’est pour nous une autre façon de garder vivante la mémoire de Thierry. La Randonnée a entre autres comme objectif de commémorer la mémoire de ceux et celles qui, comme Thierry, ont fait le sacrifice ultime en servant et protégeant son prochain. Il faut faire en sorte que leur sacrifice ne soit jamais oublié par devoir de se souvenir d’eux.

Ces deux démarches sont pour nous, et ce, de façon plus personnelle, une façon de garder vivante la mémoire de Thierry et, par le fait même, de donner un sens à ce qui n’a pas de sens… soit la perte d’un être cher et tout spécialement… celle d’un enfant. Par la mise en place de ces deux activités, nous souhaitons qu’au final, il ne soit pas mort prématurément pour rien et que, si nous le pouvons bien humblement, faire en sorte que la tragédie qui a changé notre vie à jamais ne puisse arriver à d’autres familles. De cette façon, Thierry demeure vivant dans notre cœur et notre esprit ainsi que dans la collectivité.

Michel LeRoux, père de Thierry

VP Fondation Thierry LeRoux