La semaine dernière, une centaine de citoyens se sont déplacés à La Baie pour participer à la marche organisée par la Coalition Fjord.

La mobilisation plutôt que le fatalisme!

CHRONIQUE / De plus en plus de gens commencent à prendre conscience du sérieux de la crise climatique qui nous pend au bout du nez. Devant ce qui pourrait arriver si nous ne faisons pas à temps les virages qui s’imposent, on peut se décourager ou tomber dans le défaitisme. Mais certains choisissent une autre option : la mobilisation.

Changer le monde, un projet à la fois

Le 22 novembre, j’ai participé avec environ 65 autres personnes à une journée de réflexion et de mobilisation au Cégep de Jonquière. Nous répondions à une invitation lancée par Devenir Présent, un organisme régional qui veut soutenir des initiatives qui humanisent notre monde.

Karel Mayrand et Julie Roy, de la Fondation David Suzuki, également auteurs du livre Demain, le Québec aux Éditions La Presse, sont venus rencontrer des « groupes et des personnes engagés dans la transition environnementale ». Ils ont parlé de nombreuses initiatives qui surgissent un peu partout au Québec.

Un rêve, une intuition, une bonne dose de créativité ; il suffit souvent de peu de choses pour qu’un projet démarre. Quand deux ou trois personnes convaincues osent et conjuguent leurs efforts, du neuf surgit.

Ces projets visent à répondre aux vrais besoins des gens dans le respect de la nature, comme des produits locaux issus de l’agriculture biologique, des épiceries zéro déchet ou des systèmes d’échange de services, entre autres.

La journée a également été l’occasion de découvrir trois projets qui sont nés dans la région : le café L’Accès d’Alma, qui a comme valeur phare le respect de la dignité des personnes ; la coopérative Leblanchignon, qui travaille à l’autosuffisance alimentaire en produisant des champignons à deux pas de la rue Racine à Chicoutimi ; et le projet du CIUSSS régional pour que tous aient droit à une alimentation de qualité.

Jeunes, lucides et engagés !

Les jeunes âgés de la vingtaine et de la trentaine étaient majoritaires à cette journée. Lucides et engagés, ils n’entendent pas se croiser les bras en regardant le monde se décomposer sous leurs yeux. Ils savent bien que c’est eux qui subiront les conséquences de la négligence des générations qui les ont précédés. Ils sont informés, ils surveillent ce que font ou ne font pas les dirigeants politiques aux plans municipal, provincial et fédéral. Ils savent cerner les causes des problèmes.

Je me suis réjouie en entendant un jeune homme parler de la nécessité d’une prise de conscience spirituelle. Il a bien raison : les racines profondes de la crise écologique sont spirituelles. Ayant rompu notre lien vital avec la Nature, nous allons collectivement à contresens de la vie. Une jeune femme, assise à la même table que moi, le ressent profondément, au point de se demander s’il est responsable de songer à avoir un enfant. Quelle tristesse que nous en soyons rendus là !

S’engager dans la transition

Les participantes et participants ont discuté lors d’ateliers de la transition qui doit s’orchestrer. Ils ont partagé sur les initiatives déjà en marche, sur les priorités à établir, sur les obstacles à surmonter.

Il en est ressorti la nécessité de poursuivre la sensibilisation, de donner aux personnes engagées des lieux de concertation et de travailler sur le plan politique.

Une clé importante se trouve entre nos mains à nous, citoyens et citoyennes. Saviez-vous qu’il suffit que cinq personnes contactent personnellement leur député au sujet d’une question pour que celle-ci devienne un enjeu dont il doit s’occuper ? N’hésitons donc pas à prendre contact avec nos élus !

La force du nombre compte aussi. Avez-vous signé le Pacte pour la Transition (lepacte.ca) proposé par Dominique Champagne et de nombreuses personnalités ? Les signataires interpellent les gouvernements, mais acceptent aussi de s’interpeller eux-mêmes, dans le but de réduire leur propre empreinte écologique.

Le temps est à l’action, pour tous et toutes, à tous les niveaux, de toutes les manières possibles !

Anne-Marie Chapleau,

professeure,

Institut de formation théologique et pastorale